Dominique Quessada
Dominique Quessada
Le monde du numérique est le monde du bruit. Dans la jungle de silicium où se déroulent les vies d'aujourd'hui, c'est celui qui crie le plus fort qui l'emporte. Il existe un nom pour désigner ce bruit triomphant : le buzz. Le buzz, c'est le parasite de la toile - la vibration sonore excédentaire qui accompagne désormais les ascensions et les chutes de nos existences virtuelles. Mais si c'était aussi autre chose ? Et si le parasite brouillant les communications numériques était le signe d'une force nouvelle à l'oeuvre - d'une intelligence dont nous serions devenus les agents ? Et si le bruit numérique était le bruit qui signalait la présence latente d'une sorte de créature inouïe, tout entière composée de ce silicium qui forme l'écologie du numérique ? Dans cette enquête brillante au coeur de la machinerie du contemporain, Dominique Quessada pose la question de l'intelligence vraiment artificielle - et de l'urgence de nous interroger sur les moyens de cohabiter avec elle. L'intelligence alien du numérique peut tout changer, jusqu'à notre cerveau. Comment allons-nous y résister ? Quelle coexistence allons-nous inventer avec elle ? Il en va de l'avenir de notre espèce - et de notre politique.
Il y a aujourd'hui un besoin vital de métaphysique. Car rien n'est plus actuel, ni plus nécessaire aujourd'hui que la métaphysique. Rien n'est plus politique aussi. Non pas pour « faire retour », se bercer d'illusions, mais précisément pour éclairer la situation contemporaine, pour y comprendre quelque chose. La métaphysique peut être un antidote puissant au dogmatisme, à la fermeture sur soi et au pessimisme qui regagnent aujourd'hui du terrain. Un contrepoids à la contre-révolution conservatrice qui se déploie aujourd'hui, avec sa passion mortifère de l'identité et de la clôture. Aussi, Manifeste Métaphysique est-il à la fois un appel à l'insoumission et à la re-mobilisation intellectuelle.
Les femmes ont des yeux, des cheveux, une peau, des idées, des jambes, un sexe, une date de naissance, des hommes dans la tête, un problème avec Isaac Newton, de petits poudriers qu'elles sortent de leur sac, et le pouvoir d'arrêter les voitures... Il fallait sans doute le regard d'un homme pour s'en rendre compte. Dominique Quessada est philosophe et écrivain. Il regarde ce qu'il y a pour lui de plus mystérieux et de plus proche à la fois : les femmes. Ce livre s'adresse à elles, mais il peut aussi servir de guide à l'usage des aveugles, sourds et malentendants : les hommes.
Peter Sloterdijk a un jour dit à Dominique Quessada : « Je vois très peu d'auteurs qui ont vraiment élaboré cette dimension du polar métaphysique que vous déployez avec allégresse. » Avec le premier tome de L'inséparé, son immense fresque du monde qui vient, celui-ci prouve à nouveau combien Sloterdijk avait raison. À la fois portrait en cinémascope de l'état du monde contemporain, vertigineuse investigation philosophique sur l'ontologie nouvelle que ce monde a inventé, et encyclopédie bruissante des mille et unes mythologies à travers lesquelles celle-ci s'exprime, c'est une véritable somme, aussi urgente que de haut vol, que Quessada propose. Des smartphones au multiculturalisme, des défis de l'écologie à la politique de réinvention des frontières, du politically correct au « posthumanisme », notre monde a défini une nouvelle condition humaine, dont la figure de l'Autre a disparu. Mais qu'est-ce qu'un Monde sans Autre ? C'est à cette question que cet ouvrage apporte une réponse, en développant un programme ayant pour ambition de révolutionner la manière dont, jusqu'à aujourd'hui, nous avions pensé l'Être. La philosophie du monde où l'Autre avait une signification était une philosophie de la séparation, de la distinction, de l'exclusion - la philosophie du monde sans Autre sera une philosophie de l'inséparation. Ou elle ne sera pas.