Denis Peschanski
Denis Peschanski
En mai 1944, Louis Aragon écrivait que le nom de Drancy faisait « frémir les Français les plus impassibles d'apparence ». Aujourd'hui, une cité HLM y jouxte un musée mémorial de la Shoah ; proximité qui matérialise deux volets de son histoire. Celle-ci démarre dans les années 1930 avec les « premiers gratte-ciel de la banlieue parisienne », se poursuit avec l'internement de prisonniers de guerre français, de ressortissants britanniques et, surtout, de 63 000 Juifs avant leur déportation pour les camps d'extermination, soit 84 % des déportés juifs de France. C'est une histoire complète de Drancy qui est proposée, celle des internés, celle des gardiens et celle des autorités françaises et allemandes. On y lit la résonance du camp au coeur des familles juives et de la société française dans son ensemble. C'est enfin son histoire après le « camp des Juifs » et celle de sa mémoire qui évolue jusqu'à devenir le symbole de la persécution des Juifs de France et un lieu de mémoire majeur de la France des années noires. Renée Poznanski est historienne, professeur au département de Politics and Government à l'université Ben Gurion du Negev (Israël). Elle est l'auteur de Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale (Hachette Littératures, 1998) et Propagandes et Persécutions. La Résistance et le « problème juif » (Fayard, 2008). Denis Peschanski est historien, directeur de recherche au CNRS. Spécialiste de la France des années noires, il a publié La France des camps 1938-1946 (Gallimard, 2002) et, avec Thomas Fontaine, La Collaboration 1940-1945. Vichy, Paris, Berlin (Tallandier, 2014). Benoît Pouvreau est historien de l'architecture, chercheur au service du patrimoine culturel du département de la Seine-Saint-Denis. Il a publié Un politique en architecture : Eugène Claudius-Petit (Moniteur, 2004) et dirigé Les Graffiti du camp de Drancy. Des noms sur des murs (Snoeck, 2014).
En mai 1944, Louis Aragon écrivait que le nom de Drancy faisait « frémir les Français les plus impassibles d'apparence ». Aujourd'hui, une cité HLM y jouxte un musée mémorial de la Shoah ; proximité qui matérialise deux volets de son histoire. Celle-ci démarre dans les années 1930 avec les « premiers gratte-ciel de la banlieue parisienne », se poursuit avec l'internement de prisonniers de guerre français, de ressortissants britanniques et, surtout, de 63 000 Juifs avant leur déportation pour les camps d'extermination, soit 84 % des déportés juifs de France. C'est une histoire complète de Drancy qui est proposée, celle des internés, celle des gardiens et celle des autorités françaises et allemandes. On y lit la résonance du camp au coeur des familles juives et de la société française dans son ensemble. C'est enfin son histoire après le « camp des Juifs » et celle de sa mémoire qui évolue jusqu'à devenir le symbole de la persécution des Juifs de France et un lieu de mémoire majeur de la France des années noires. Renée Poznanski est historienne, professeur au département de Politics and Government à l'université Ben Gurion du Negev (Israël). Elle est l'auteur de Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale (Hachette Littératures, 1998) et Propagandes et Persécutions. La Résistance et le « problème juif » (Fayard, 2008). Denis Peschanski est historien, directeur de recherche au CNRS. Spécialiste de la France des années noires, il a publié La France des camps 1938-1946 (Gallimard, 2002) et, avec Thomas Fontaine, La Collaboration 1940-1945. Vichy, Paris, Berlin (Tallandier, 2014). Benoît Pouvreau est historien de l'architecture, chercheur au service du patrimoine culturel du département de la Seine-Saint-Denis. Il a publié Un politique en architecture : Eugène Claudius-Petit (Moniteur, 2004) et dirigé Les Graffiti du camp de Drancy. Des noms sur des murs (Snoeck, 2014).
13 novembre 2015 : une attaque terroriste islamiste sur Paris et Saint-Denis, planifiée par Daech, fait en quelques heures 130 morts et 350 blessés physiques. Le choc atteint profondément la société française dans son ensemble. Aussitôt, le Programme 13-Novembre, qui associe sciences du vivant et sciences humaines et sociales, est lancé. Il travaille avec les rescapés, les familles, les intervenants, et aussi sur la société française dans son ensemble, grâce à un centre d'études et d'enquêtes, le Crédoc. - Comment la mémoire s'estompe-t-elle ou persiste-t-elle dans le temps ? - Quelle est la place du 13 novembre dans la mémoire de tous les attentats terroristes ? - Que retient-on avec le temps des événements eux-mêmes, mais aussi des conditions dans lesquelles on les a appris ? - Les souvenirs varient-ils suivant l'âge, le sexe, l'opinion politique ou les revenus ? - Quel a été l'impact du procès V13 ? Huit sondages en huit ans. Les résultats sont donnés et analysés ici et permettent de restituer la mémoire du 13 novembre en France. Ils sont illustrés par des extraits de témoignages recueillis dans le cadre du programme.
13 novembre 2015 : une attaque terroriste islamiste sur Paris et Saint-Denis, planifiée par Daech, fait en quelques heures 130 morts et 350 blessés physiques. Le choc atteint profondément la société française dans son ensemble. Aussitôt, le Programme 13-Novembre, qui associe sciences du vivant et sciences humaines et sociales, est lancé. Il travaille avec les rescapés, les familles, les intervenants, et aussi sur la société française dans son ensemble, grâce à un centre d'études et d'enquêtes, le Crédoc. - Comment la mémoire s'estompe-t-elle ou persiste-t-elle dans le temps ? - Quelle est la place du 13 novembre dans la mémoire de tous les attentats terroristes ? - Que retient-on avec le temps des événements eux-mêmes, mais aussi des conditions dans lesquelles on les a appris ? - Les souvenirs varient-ils suivant l'âge, le sexe, l'opinion politique ou les revenus ? - Quel a été l'impact du procès V13 ? Huit sondages en huit ans. Les résultats sont donnés et analysés ici et permettent de restituer la mémoire du 13 novembre en France. Ils sont illustrés par des extraits de témoignages recueillis dans le cadre du programme.
Entre le décret du 12 novembre 1938, qui permit d'interner les «indésirables étrangers» dans des centres spécialisés, et la libération du dernier interné en 1946, six cent mille hommes, femmes et enfants ont été enfermés dans les camps français. Denis Peschanski fait ici l'histoire d'un phénomène à la fois durable et massif, que de rares ouvrages pionniers n'avaient abordé que partiellement. La France des camps, à partir d'une cartographie précise, dessine la géographie inattendue d'un archipel. Deux cents camps, avec leurs bâtiments, leurs aménagements, une administration, des ministères de tutelle aux gardiens, des rapports socio-économiques avec leur région, une société internée, des solidarités, une entraide officielle et non officielle, dont la description concrète est permise par des archives abondantes, auxquelles s'ajoutent les témoignages poignants des internés eux-mêmes. Un épisode crucial de l'histoire de la France en guerre est là retracé, face aux simplifications des reconstructions mémorielles dans sa diversité, sa complexité : son exacte réalité.
Entre le décret du 12 novembre 1938, qui permit d'interner les «indésirables étrangers» dans des centres spécialisés, et la libération du dernier interné en 1946, six cent mille hommes, femmes et enfants ont été enfermés dans les camps français. Denis Peschanski fait ici l'histoire d'un phénomène à la fois durable et massif, que de rares ouvrages pionniers n'avaient abordé que partiellement. La France des camps, à partir d'une cartographie précise, dessine la géographie inattendue d'un archipel. Deux cents camps, avec leurs bâtiments, leurs aménagements, une administration, des ministères de tutelle aux gardiens, des rapports socio-économiques avec leur région, une société internée, des solidarités, une entraide officielle et non officielle, dont la description concrète est permise par des archives abondantes, auxquelles s'ajoutent les témoignages poignants des internés eux-mêmes. Un épisode crucial de l'histoire de la France en guerre est là retracé, face aux simplifications des reconstructions mémorielles dans sa diversité, sa complexité : son exacte réalité.
De 1906 à 1947, Marcel Cachin nota jour après jour ses impressions, ses analyses, et surtout, avec une étonnante méticulosité, le détail de ses conversations, de ses rencontres, de ses observations. Membre de la direction du Parti socialiste entre 1907 et 1920, rédacteur de l'Humanité en 1912, avant d'en être le directeur de 1918 à sa mort, quarante ans plus tard, membre de la direction du Parti communiste depuis sa création, Marcel Cachin occupa les plus hautes responsabilités dans le mouvement socialiste, puis dans le mouvement communiste. De Jaurès à Lénine, de Guesde à Trotsky, de Thorez à Clara Zetkin, de Duclos à Boukharine, mais aussi de Lefranc à Bourgeois, ou de Charles à Antoine, ils sont des milliers à défiler, du militant de base aux dirigeants français ou russes, allemands ou finlandais. Avec cet ensemble de près de 3 000 pages, en 4 volumes, nous disposons d'une source d'une importance cruciale pour comprendre la France politique et sociale de la première moitié du XXe siècle. Un volume entier réunit ses notes sur quatre années qui ébranlèrent le monde, 1917 et les deux révolutions russes, 1918 et la fin de la Première Guerre mondiale, 1919 et les principaux traités de paix, 1920 et la naissance du Parti communiste français. Le rôle et les responsabilités de Cachin font de ce deuxième tome des Carnets une source fondamentale autant qu'un récit captivant.