Delphine Deschaux-Dutard
Delphine Deschaux-Dutard
La situation géopolitique a évolué ces dernières années avec notamment la guerre en Ukraine qui questionne l'adaptabilité de notre modèle d'armée au risque d'un conflit européen. La politique de défense est amenée à évoluer notablement car l'armée conventionnelle, pour performante qu'elle soit, n'apparaît pas aujourd'hui en mesure de mener, dans la durée, un conflit de haute intensité. En outre, la nouvelle élection de Donald Trump à la présidence américaine fait planer la menace d'un affaiblissement de l'engagement des Etats-Unis au sein de l'OTAN et ravive la nécessité d'une plus grande autonomie de l'effort de défense européen. Ce numéro de Cahiers français se propose de faire le point sur la situation de nos armées, sur les évolutions de notre doctrine de défense, et sur les perspectives d'évolution de l'outil militaire face aux nouvelles menaces extérieures.
La pandémie pourrait aussi, qui sait, redonner une chance à une approche plus libérale des relations internationales misant, cette fois, sur la coopération. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et, plus encore, de la guerre froide, les États se sont lancés dans une institutionnalisation croissante de la scène internationale. Cela a donné lieu à une multiplication des institutions collectives et des forums de discussion et de coopération internationaux pour échanger sur toutes sortes de problématiques transnationales. Or la pandémie actuelle due au virus Covid-19 est venue bouleverser à plus d'un titre cet édifice multilatéral, alors même que le multilatéralisme connaît une crise bien antérieure à la pandémie. Le Covid-19 aura-t-il raison de l'ordre mondial issu du XXe siècle et de ses guerres traumatiques ?