David Rousset
David Rousset
« Le bref essai de David Rousset est en rupture avec tous les autres témoignages, fussent-ils ceux de militants politiques attentifs au système des camps. Son titre d'abord, avec l'invention de l'adjectif "concentrationnaire" qui deviendra un substantif. Il permet de distinguer les camps qui font système, différents d'autres camps comme ceux de prisonniers de guerre, de réfugiés ou d'internement et l'idée qu'ils forment un "univers à part, totalement clos, étrange royaume d'une fatalité singulière". De cet univers, David Rousset offre un tableau saisissant, combinant la puissance de l'analyse à la beauté et la violence de la langue. » Annette Wieviorka Résistant et déporté, David Rousset écrivit dès son retour L'Univers concentrationnaire. Publié en 1946, son livre reçoit le prix Renaudot. Cet ouvrage fondamental rejoint en 1965, comme Le Convoi du 24 janvier de Charlotte Delbo, le catalogue des Éditions de Minuit qui avaient publié La Nuit d'Elie Wiesel en 1958.
Le 12 novembre 1949, l'écrivain et ancien déporté David Rousset lance un appel à tous les rescapés des camps nazis et à leurs organisations afin de constituer une commission d'enquête sur le régime des camps de travail en Union soviétique, ouvrant ainsi, le premier en France avec un tel éclat public, la question sacrilège de l'existence d'un système concentrationnaire soviétique analogue à celui du IIIe Reich. S'ensuivit un procès retentissant contre l'hebdomadaire communiste Les Lettres françaises, qui s'était répandu en injures en accusant Rousset de faux et usage de faux.Ce livre en restitue les débats et polémiques d'une violence inouïe (auxquels prirent part notamment Jean-Paul Sartre, Robert Antelme et Jean Cayrol), de même qu'il rassemble lettres, discours, articles et essais, devenus introuvables ou inédits, qui accompagnèrent la publication après-guerre des deux livres majeurs de David Rousset, L'Univers concentrationnaire et Les jours de notre mort. Redevable du surplus de vie que le camp lui avait accordé, c'est dans la hantise de ses frères esclaves qui agonisaient « à l'horizon désert de la planète » qu'il posa les premiers jalons d'une histoire comparée du Lager et du Goulag qui, curieusement, reste aujourd'hui encore à écrire. Édition établie et présentée par Grégory Cingal