Daniel Dessert
Daniel Dessert
L'Ancien Régime et la figure de Louis XIV fascinent. Comment un royaume en guerre six ans sur dix a pu fonctionner ? Parce que Richelieu, puis Mazarin et surtout Colbert ont fédéré autour de leur personne les grandes familles fortunées, répond Daniel Dessert. Sans ces grands financiers, il n'y aurait pas eu de monarchie absolue : l'État, c'est eux ! Colbert est la dernière incarnation de ce système corrompu fondé sur ce qu'on appellerait aujourd'hui le pouvoir des lobbies et reposant sur des solidarités de clan. Esprit froid, minutieux et calculateur, excellent organisateur, mais cupide et amoral. Le Rémois a su léguer à la postérité l'image ambiguë de ce que ses successeurs nommeront avec ravissement un « grand homme d'État ». Lui qui exercera le pouvoir réel quand le roi n'en aura plus que l'apparence. Il aura fallu trente ans à Daniel Dessert pour restituer un fonctionnement fisco-financier complexe, dont Colbert fut l'héritier, puis le praticien le plus redoutable. Disciple de Pierre Goubert, Daniel Dessert est spécialiste de la finance et des financiers sous l'Ancien Régime. Il a notamment publié l'ouvrage classique sur le sujet : Argent, pouvoir et société au Grand Siècle (Fayard, 1984, Pluriel, 2018), et plus récemment L'Argent du sel, le sel de l'argent (Fayard, 2012).
Quelle famille ! Avec six connétables, treize maréchaux de France, cette illustre lignée s'honore de noms aussi prestigieux qu'Anne de Montmorency, le prince de Condé, Turenne ou encore le maréchal de Luxembourg. Ministres, grands capitaines, ducs et pairs de France, ces fidèles serviteurs de la Couronne ont joué un rôle de premier plan dans l'histoire de France. Daniel Dessert raconte ici l'étonnante destinée de ce lignage hors norme qui parvient à se maintenir au pouvoir près de mille ans, mu par un véritable instinct politique combiné à des mariages toujours plus habiles et consanguins. Chaque union apporte son lustre, assoit la puissance Montmorency. Témoins de leur splendeur à son apogée, les somptueuses demeures d'Écouen et de Chantilly... Mais comme toute famille, elle est traversée de profondes disputes et nourrit en son sein de mauvais éléments, à l'instar de Gilles de Rais. Parfois même, l'orgueil de l'un des membres les couvre d'opprobre. Ainsi Henri II est condamné à mort pour avoir défié Richelieu. Mais à chaque fois, après chaque défaite, le sursaut. C'est leur force qui les rend unique. Leur chute n'est plus loin à la veille de la Révolution. La fin des Montmorency concordera avec l'avènement du pouvoir républicain, comme si leur lignage ne pouvait survivre à un régime qu'ils avaient soutenu depuis des temps immémoriaux.
Quelle famille ! Avec six connétables, treize maréchaux de France, cette illustre lignée s'honore de noms aussi prestigieux qu'Anne de Montmorency, le prince de Condé, Turenne ou encore le maréchal de Luxembourg. Ministres, grands capitaines, ducs et pairs de France, ces fidèles serviteurs de la Couronne ont joué un rôle de premier plan dans l'histoire de France. Daniel Dessert raconte ici l'étonnante destinée de ce lignage hors norme qui parvient à se maintenir au pouvoir près de mille ans, mu par un véritable instinct politique combiné à des mariages toujours plus habiles et consanguins. Chaque union apporte son lustre, assoit la puissance Montmorency. Témoins de leur splendeur à son apogée, les somptueuses demeures d'Écouen et de Chantilly... Mais comme toute famille, elle est traversée de profondes disputes et nourrit en son sein de mauvais éléments, à l'instar de Gilles de Rais. Parfois même, l'orgueil de l'un des membres les couvre d'opprobre. Ainsi Henri II est condamné à mort pour avoir défié Richelieu. Mais à chaque fois, après chaque défaite, le sursaut. C'est leur force qui les rend unique. Leur chute n'est plus loin à la veille de la Révolution. La fin des Montmorency concordera avec l'avènement du pouvoir républicain, comme si leur lignage ne pouvait survivre à un régime qu'ils avaient soutenu depuis des temps immémoriaux.
Le sel est à l'époque le conservateur des aliments et son exploitation (sel gemme, marais salants) est d'autant plus profitable aux caisses du royaume qu'il est frappé d'un impôt, la gabelle, collecté par quelques monopoleurs qui avancent et prêtent à l'État. C'est en dépouillant des liasses de minutes notariales relatives aux litiges entre ces puissants réseaux et l'État que Daniel Dessert, à travers l'étude des ministères Richelieu, Mazarin et Colbert, opère un renversement historique révolutionnaire de ce qu'on a convenu d'appeler la monarchie absolue : l'examen du microcosme des bailleurs de fonds de « Messieurs des Gabelles » montre qu'il s'agit d'une minorité puissante et fortunée qui aide la monarchie dans un cadre contractuel et contraignant. Le système fisco-financier et in fine l'essor de l'État moderne reposent sur leurs épaules. Ce petit livre magistral remet en cause deux images d'Épinal colportées par l'enseignement traditionnel de l'histoire : celle qui fait de Richelieu et Colbert des serviteurs intègres de l'État (Mazarin l'étranger présenté comme une contre-image), celle qui confère un pouvoir sans partage à un monarque dépendant, en fait, des « oligarques » qui alimentent une trésorerie sans cesse mise à mal par la guerre de Trente ans contre les Habsbourg à l'extérieur et par l'apparat de la souveraineté à l'intérieur.
1968: trois garçons de dix-sept ans découvrent la politique parce qu'ils sont jeunes, généreux, idéalistes, intelligents. Dès les premiers jours de mai, ils courent le long du boulevard Saint-Michel, un foulard masquant le bas du visage, un pavé dans la main. Ils rencontrent une fille qui bouleverse et justifie leur existence. Belle et passionnée, intransigeante et féminine, elle est l'objet du désir fou des Trois à qui elle se donne successivement. Elle est leur premier amour sur fond d'airs des Beatles, l'unique objet de leurs pensées, elle les aime infiniment, elle n'aime aucun d'entre eux.1993: l'un est directeur du cabinet Bérégovoy à Matignon, l'autre est journaliste à "Libération", le dernier a monté une brillante entreprise informatique. L'un est marié, les autres installés. Ils ne l'ont pas revue depuis vingt ans. Ils ne l'ont jamais oubliée. Quand elle réapparaît, elle est en danger: recherchée par la Brigade criminelle et soupçonnée d'appartenir à un groupe terroriste lié aux réseaux islamistes. Comment ne pas protéger un grand amour qui n'a pas trahi les idéaux de leur jeunesse? Affaire d'État, nostalgie d'une grande passion... comment changer sans changer? Un roman sentimental sans cynisme, un roman politique ancré dans la réalité d'aujourd'hui.
Vaincu politique, Fouquet est surtout un vaincu de l'Histoire. L'image du ministre léger et prodigue s'est imposée comme une évidence. Pourtant, au terme de cette enquête, la personnalité du surintendant apparaît bien différente de ce poncif. Par son attitude et son caractère, il a certes renforcé l'équivoque. Mais il a perdu son bien, celui de sa famille, joué le destin de son clan, hypothéqué l'avenir de ses enfants avant de perdre sa liberté et son honneur. Vingt ans de prison pour huit année de vertige, mais aussi de bons et loyaux services: un homme capable de tout sacrifier à ses chimères et à son devoir mérite qu'on lui rende justice avant de le condamner si cela est nécessaire. Ni séducteur ni concussionnaire ni factieux, Nicolas représente en réalité l'archétype du financier virtuose, du politique efficace, de l'ami fidèle et du chrétien militant. A la croisée de tous les grands courants de l'Ancien Régime, il en assume les contradictions et les grandeurs. Daniel Dessert, agrégé d'histoire, docteur ès lettres, est professeur à l'Ecole Navale. Il est l'auteur d'Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Fayard, 1983.
La monarchie a toujours été victime d'embarras financiers chroniques qui ont fini par la terrasser. Pourtant, comment expliquer sa remarquable résistance et sa capacité étonnante à différer l'inéluctable issue, alors que tant d'autres régimes moins décriés _ et de constitution apparemment plus robuste _ ont succombé pour bien moins? L'analyse du système fisco-financier de la vieille France à laquelle se livre Daniel Dessert et l'étude minutieuse du monde de l'argent apportent un éclairage nouveau sur ce problème. A partir de l'utilisation monétaire du métal précieux, de ses cheminements fiscaux et économiques, l'auteur propose une explication globale de l'Ancien Régime qui en renouvelle l'approche. La descente dans l'univers de la maltôte découvre le monde des véritables protagonistes du jeu de l'argent, et révise bon nombre d'idées reçues sur leur identité. Les liens entre le Pouvoir et la Finance sont présentés sans fard, en particulier dans leur dimension sociale et politique. Ainsi, l'auteur propose une relecture radicale de l'oeuvre d'un Fouquet ou d'un Colbert. Mais, au-delà de l'histoire du Grand Siècle, cette étude de la fascination qu'exerce le métal précieux sur le royaume met en évidence des comportements spécifiques aux Français d'hier comme d'aujourd'hui et qui n'en finissent pas de nous interpeller. Daniel DESSERT: agrégé d'histoire, docteur ès-lettres, est professeur d'histoire à l'Ecole navale.