Claude Ferland Milewski
Claude Ferland Milewski
Suzanne Césaire (1915-1966), épouse d'Aimé Césaire, est l'auteure d'une oeuvre trop longtemps méconnue mais essentielle pour l'histoire littéraire antillaise et l'écocritique postcoloniale. Cofondatrice et pilier théorique de la revue Tropiques (1941-1945) où elle a publié plusieurs articles, elle est aussi l'auteure d'une pièce de théâtre et a entretenu une correspondance littéraire avec nombre d'intellectuels de son temps. Cet ouvrage analyse la pensée de cette théoricienne martiniquaise des cultures caribéennes à travers ses écrits, tout en décryptant les marques de sa présence dans les oeuvres de ses contemporains (André Breton, Aimé Césaire, René Étiemble, Michel Leiris) et les résonances de sa grammaire émancipatrice et humaniste chez Kamau Brathwaite, Ina Césaire, Édouard Duval Carrié, Fabienne Kanor, Lénablou et Daniel Maximin. Anny-Dominique Curtius élabore une méthode d'archéologie littéraire et artistique pour comprendre les raisons d'un si long silence sur l'oeuvre de Suzanne Césaire et explore l'originalité et la modernité de sa pensée critique. L'approche comparatiste, interdisciplinaire et genrée de cet ouvrage puise dans l'esthétique qu'a privilégiée Suzanne Césaire elle-même pour façonner ses grilles conceptuelles et épistémologiques. Sa réflexion cannibale, audacieuse et libre s'inscrit dans ce qu'elle appelle une «lucidité totale» sur la Caraïbe.
Hippolyte Borgia Lazard a seize ans et il a une pieuvre dans la tête. Une pieuvre maligne, héritée de sa mère. Il vit dans une maison toute verticale d'une cité balnéaire d'Espagne, va au lycée français et n'a qu'une vraie amie, Odile, son acolyte, la complice de tous ses mauvais coups. Le quotidien est marqué par la maladie - celle de la mère et celle du fils -, par les visites à la mer, par les excentricités d'Odile, qui entraîne son ami dans toutes sortes de folles courses à travers la ville : chasses à l'homme, missions d'espionnage, jeux de rôle et petits larcins. Hippolyte tente de la suivre, tant bien que mal, alourdi par la pieuvre qui remue dans son cerveau. Les deux amis font la rencontre de Clément, dont Hippolyte tombe éperdument amoureux : « Clément, ma digue. Clément, la falaise d'où je vois tout, d'où le monde m'apparaît. » À partir de ce jour, le duo devient trio. Tout l'été, ils écoutent David Bowie sur le toit de la maison des Lazard, en haut de longs escaliers. Ils boivent et enfilent les cigarettes, squattent la galerie d'art dont le père de Clément est propriétaire. Ils sont les rois de la montagne. Porté par une langue où tout est musique, mouvement, forme, couleur, le premier roman de Claude Ferland Milewski est l'affirmation d'un fabuleux tempérament artistique.