Christophe Cusset
Christophe Cusset
Les Grecs et les Romains, dont les chemins se sont très tôt croisés, ont aussi rencontré bien d'autres peuples sur lesquels ils nous ont laissé leurs témoignages. Ils sont en outre à l'origine des premières réflexions sur le droit de cité, la citoyenneté et l'autochtonie. Quelle image, ou plutôt quelles images, les Grecs et les Romains ont-ils les uns des autres, des Perses, des Scythes, des Carthaginois, des Numides, des Gaulois ou des Germains? Près de 150 extraits, allant du VIIIe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C., en traduction Belles Lettres ont été rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture. Du droit du sol aux politiques d'intégration, en passant par les propos racistes et les mariages mixtes ou bien encore les coutumes étranges des Barbares, À la rencontre de l'étranger montre les multiples facettes d'un monde cosmopolite, le monde antique!
Alexandrie au IIIe siècle avant J.-C., une ville nouvelle dans un monde nouveau : depuis les conquêtes d'Alexandre, la culture grecque s'étend et se diversifie. Alexandrie et sa Bibliothèque : un centre intellectuel sans précédent où les poètes sont aussi astronomes, grammairiens, mathématiciens. La littérature qui naît dans ce contexte est bien sûr à l'image de ce renouvellement et de cette ouverture culturelle. C'est ce que montre ici Christophe Cusset à travers l'étude de la réécriture chez les poètes alexandrins. Ces poètes - Callimaque, Théocrite, Apollonios de Rhodes notamment - créent une nouvelle poésie en étroite continuité avec la littérature grecque des siècles passés. Comment allient-ils l'ancien et le nouveau ? Que reprennent-ils à Homère ou à Pindare ? Comment lisent-ils et comment comprennent-ils ces textes désormais classiques ? À la lumière de la critique littéraire moderne, cette étude s'attache à éclaircir les données de l'esthétique alexandrine en mesurant au plus juste, soit sur des points techniques précis, soit dans une lecture plus large, la part de l'érudition et la place du jeu poétique dans une intertextualité toujours en effervescence et ambiguë.
Comment les Grecs et les Romains voyaient-ils la nature ? Cet ouvrage collectif, fruit d’un colloque à l’ENS, explore les paysages, les mythes et les philosophies antiques à travers les textes de Pindare, Hérodote, Lucrèce et bien d’autres.
Lorsque l'on qualifie l'oeuvre de Ménandre, auteur comique grec de la fin du IVe siècle av. J.-C., de « comédie tragique », il ne s'agit nullement d'une catégorie littéraire inventée par la Comédie Nouvelle, mais plutôt d'une impression de lecture, d'un mode de réception d'une oeuvre qui s'inscrit dans une tradition intertextuelle. La présente étude s'attache en effet à montrer comment, à la suite des évolutions progressives de la Comédie Ancienne depuis l'époque d'Aristophane, et dans une ère nouvelle inaugurée en quelque sorte par la Poétique d'Aristote, Ménandre compose un discours comique à partir des cadres de la tragédie désormais « classique » - celle d'Euripide surtout. Il ne s'agit plus pour lui de critiquer les ressorts tragiques sur le mode de la dérision paratragique comme chez Aristophane, mais de les intégrer à l'intrigue et au discours comique. Ce faisant, le dramaturge se livre plus ou moins indirectement à un examen de ses pratiques littéraires, bien propre à susciter l'intérêt de notre modernité.