Charles Gilbert
Charles Gilbert
1533, à Munster, capitale de l'État épiscopal de Westphalie, gouvernée par le Prince-Evêque Berchtold. Comme dans toute l'Allemagne de Charles Quint, l'Église catholique romaine affronte la Réforme de Martin Luther. Dans le même temps, on doit faire face aux menées subversives de différentes sectes, dont la plus active est celle des Anabaptistes. Trois hommes conspirent contre l'Église et l'évêque : Rottmann, un ex-chapelain, Krechting, un vague prédicateur, Knipperdolling, un riche bourgeois, membre influent de la puissante Guilde des drapiers. Profitant du trouble des esprits né des querelles religieuses, de la crise économique résultant de la Guerre des Paysans, exploitant la misère des uns et la richesse des autres, suscitant le désordre pour apparaître comme défenseur de l'ordre, annonçant l'arrivée prochaine d'un nouveau Messie, les Anabaptistes réussissent à s'emparer de la ville. Tous les moyens sont bons pour établir leur pouvoir : délation, corruption, chantage, viol, assassinat... Bientôt, avec l'arrivée d'un prédicateur hollandais, Jan Bockelsohn, les Anabaptistes instaurent un régime dictatorial précurseur nazisme, dont les Juifs, les Catholiques et les Luthériens seront les premières victimes. Pendant que l'évêque assiège la ville, à l'intérieur même de la cité, des gens du peuple, comme le menuisier Gresbeck et le tailleur de pierre Kaufmann, organisent la résistance à l'oppression. À partir de ces faits historiques authentiques, Charles Gilbert a composé un roman-chronique, qui recrée l'atmosphère violente et passionnée de cette fin du Moyen Âge. Description précise et vivante du mécanisme de la conquête du Pouvoir, La foire de Munster rappellera aussi au lecteur que l'Histoire est en perpétuel recommencement.
On est surpris que les exploits - aujourd'hui quasi légendaires - du Commandant Maurice Guillaudot et ses gendarmes dans la Résistance, n'aient pas fourni le sujet d'un, voire de plusieurs ouvrages. Certes, la contribution déterminante de ce réseau, qui rassembla - cas unique dans la France occupée - la totalité ou presque des 55 brigades de la Compagnie de gendarmerie du Morbihan, a été maintes fois et officiellement reconnue. Le Général Audibert, chef des Forces de la Résistance de l'Ouest, considérait le réseau « Action » comme « le centre de gravité de la Résistance bretonne ». Mais il restait encore tout à dire sur la valeur et l'homogénéité de ce groupe exemplaire, sur la précision et l'audace de ses interventions, si insolites, si dramatiques parfois qu'elles font de ce livre - rigoureusement vrai puisqu'il s'inspire de témoignages directs et des notes d'archives du Général Guillaudot - le plus passionnant des récits d'aventures. Charles Gilbert, journaliste et historien, a composé - à partir de cette documentation vécue - un des chapitres les plus prestigieux non seulement de l'Histoire de la Résistance mais aussi du Livre d'Or de la Gendarmerie française. « Ce récit est-il une épopée ? Assurément... Pourtant, la définition ne satisfait pas entièrement... Il entre, dans toute épopée, une part de merveilleux, c'est-à-dire de surnaturel. Or, le propre du Commandant Guillaudot et de ses gendarmes est d'avoir bravé tous les risques le plus naturellement du monde, sans prendre ni hauteur ni recul, comme si leur choix, c'est-à-dire leur combat, allait de soi. Les personnages des légendes épiques s'élèvent au-dessus d'eux-mêmes. Guillaudot et les siens se sont contentés d'être eux-mêmes. Ce contraste nous révèle la vraie signification de leur aventure. » Maurice SCHUMANN, de l'Académie française.
« Policier » et même, à la limite, « roman-catastrophe », « Les otages de l'atome » pourrait également entrer dans la catégorie toute nouvelle de la fiction écologique. Deux attitudes donc : vous ne recherchez que le rythme, le « suspense », et vous ne serez pas déçu, car les événements retracés ici s'enchaînent, sans la moindre pause, selon une logique implacable ; ou vous souhaitez jeter un regard en avant sur cette ère nucléaire, prétendument pacifique, dans laquelle nous sommes entrés, et une occasion vous est donnée, que vous regretteriez de n'avoir pas saisie, d'éprouver le devenir d'un système dont le triomphalisme technologique ne pourra masquer longtemps la mortelle fragilité. Dans une région indéterminée, que l'on devine toutefois riveraine de la Manche s'élève l'orgueilleuse cathédrale de la religion nucléaire, un surrégénérateur. Dix années de fonctionnement sans incidents notables ont placé la centrale sous le patronage contradictoire de deux déesses redoutables : Rentabilité et Routine. La vulnérabilité qui en résulte va se manifester de façon terrifiante lors de circonstances qui semblaient ne devoir être que banales : le « casse » d'une banque de la ville voisine, un « hold-up » classique qui soudain tourne mal, et c'est l'irruption du « fait divers » dans la logique réputée infaillible de l'univers concentrationnaire atomique... Car « les otages de l'atome », tout autant que ces clients de la banque, ce caissier, ces ingénieurs de la centrale, ne serait-ce pas d'abord nous-mêmes... ?
Novembre 1944, alors que l'État-Major allemand prépare sa grande offensive sur Bastogne, dans les Ardennes, le G2, service de renseignement de la 3e armée américaine commandée par le général Patton, cherche à savoir ce que trament les nazis. Une équipe de quatre résistants français, membres du réseau Alliance, pourvue d'un poste émetteur, franchit de nuit la Moselle et s'infiltre au travers des lignes ennemies. Deux jeunes Lorraines vont la rejoindre et servir d'interprètes. Jour après jour, circulant à pied, malgré le froid et la faim, bravant tous les dangers, l'équipe va renseigner le G.Q.G. allié sur les mouvements des soldats de la Wehrmacht. Pendant que la bataille des Ardennes fait rage, épuisés, ayant échappé par miracle à une attaque allemande, les six courageux Français regagnent à Noël, sous le feu de l'ennemi, les lignes américaines. Avec « Mission Lorelei », Charles Gilbert, retrace aujourd'hui, d'après les souvenirs des membres de la mission, avec exactitude et minutie, les multiples et authentiques péripéties de cette aventure tout à la fois quotidienne et extraordinaire, où parfois le drame rejoint la comédie, où la peur et l'angoisse se transforment parfois en rires.