Catherine Kerbrat-Orecchioni
Catherine Kerbrat-Orecchioni
Recherche en laboratoire, chasse, élevage industriel, maltraitance dans les parcs zoologiques... Comme une traînée de poudre, le récent courant antispéciste a dénoncé la cruauté, jusqu'alors banalisée, de nombre de nos pratiques à l'égard des animaux. Toutefois, bien que ces alertes soient de plus en plus audibles et considérées comme légitimes (création de partis animalistes, promulgation de lois contre la maltraitance animale), aucun ouvrage de référence n'était jusqu'à présent consacré à ce qu'elles combattent : le spécisme - terme désignant toute attitude de discrimination liée à l'espèce. C'est que le spécisme est diffus, subconscient et omniprésent. Et l'existence de la chose, bien que régnant en maître depuis des siècles dans notre société, n'est devenue évidente, et du même coup « problématique », que tout récemment, avec l'apparition du mot. Catherine Kerbrat-Orecchioni relève ici le gant et propose de cerner les contours des différentes facettes (ontologique, éthique, affective et pratique) du spécisme, qui toutes se résument à une formule : « Ce ne sont que des animaux. »
Tout en relevant incontestablement du même genre interactionnel que les précédents débats de l'entre-deux-tours des présidentielles françaises, le débat Le Pen/Macron du 3 mai 2017 apparaît comme inédit par la nature des deux parties en présence, ainsi que par le contexte politique bien particulier dans lequel il se déroule. Dans quelle mesure, ce débat peut-il donc être qualifié, comme l'ont fait certains commentateurs, de "disruptif" ? C'est à cette question que tente de répondre cette présente étude.
Au sein de la grande famille des débats politico-médiatiques, ceux où s'affrontent, à la veille du deuxième tour des élections présidentielles, les deux finalistes du premier tour, occupent une place privilégiée de par l'importance de leur enjeu et de leur audience. Cet ouvrage consacre une étude spécifique à ces débats, à partir de l'examen minutieux des six débats constitutifs du corpus (de celui de 1974 à celui de 2012), grâce notamment à l'étude de leurs principales caractéristiques (scénographie, procédés rhétoriques, stratégies argumentatives, etc...).