Catherine Ecole-boivin
Catherine Ecole-boivin
Nous sommes dans l'Italie du xve siècle. Au rebord d'une fenêtre, un pot de majolique, à décor de feuilles et au beau reflet métallique. Venu de la région de Valence, il abrite une plante ornementale. Sur un bureau, à côté de ciseaux, de lunettes, de plumes, un, deux, trois encriers sont disposés. L'un, importé depuis la Syrie mamelouke à Venise, est de bronze damasquiné, l'autre, de verre plus ou moins précieux, alors que le dernier, en faïence, a été fabriqué en Italie, à Faenza. Sur un lit, des courtepointes, des couvre-lits, des oreillers empilés; autour, des courtines; une débauche de velours, de taffetas, et puis des cordons d'or, des franges et des motifs brodés, du vert, du cramoisi, du pourpre. Accroché à proximité, pour veiller sur les dormeurs, un tableau montrant une Vierge à l'Enfant; plus loin sur le mur, un miroir. Dans la chambre encore, des coffres, dont les panneaux peints narrent des histoires, et des tapis d'Anatolie ou du Caire. Dans la grande salle, sur la table installée pour un repas d'apparat et sur le dressoir, une profusion inédite de verrerie et de vaisselle. Ces objets sont au coeur de notre enquête, qui veut leur rendre une vie oubliée, en s'interrogeant sur les pratiques qu'ils autorisent, sur les liens qu'ils entretiennent avec ceux qui les façonnent, les achètent, les utilisent, les font circuler. Meubles, tissus, vases et fourchettes racontent une histoire anthropologique de la Renaissance: celle, aussi importante que les triomphes des arts et de l'humanisme, des transformations de la culture matérielle, celle d'une Italie ouverte vers les ailleurs. Élisabeth Crouzet-Pavan est professeur émérite d'histoire à Sorbonne Université. Elle est spécialiste de l'Italie de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance.
D'après les mémoires de Paul Bedel, agriculteur de la pointe de la Hague. La vie de Paul Bedel, né en 1930 à Auderville près de La Hague, aurait pu passer inaperçue. Et pourtant, en mai 2006, il est le héros d'un documentaire de France 3 (Paul dans sa vie), devenu film de cinéma. Depuis lors sa popularité ne cesse d'augmenter, il a reçu plus de 3000 visiteurs. Cet agriculteur qui a repris l'exploitation modeste de ses parents n'a jamais succombé aux sirènes du modernisme. Longtemps considéré comme idiot, il apparaît aujourd'hui comme un sage, voire même un avant-gardiste ou un écologiste. Tout ça l'amuse, c'est qu'il a une grande lucidité et sait faire preuve d'autodérision. Catherine Ecole-Boivin est aussi fille de La Hague, et c'est en août 2006 lors de la foire aux moutons de Jobourg que Paul vient vers elle. Il connaît son père mais aussi ses livres, en particulier Jeanne de Jobourg. C'est le début d'une belle amitié, elle conduit à ce livre qui nous conte la vie de Paul. L'écriture de Catherine Ecole-Boivin, s'apparente à celle de Giono, elle restitue les ambiances de ce coin de terre qui affronte la mer, l'univers de Paul qui par sa simplicité nous semble si « fabuleux ». Didier Decoin (qui habite également cette région) a encouragé Catherine Ecole-Boivin à écrire ce livre et en a suivi la genèse, c'est donc tout naturellement qu'il en offre la préface.
Qu'est-ce que le Darknet ? Suscitant tous les fantasmes, le Darknet est devenu une légende urbaine. Pour démêler le vrai du faux, les auteurs ont voulu s'y plonger. Ils ont découvert ce que recèle vraiment ce monde occulte : o Un réseau parallèle où l'on peut (presque) tout faire en restant dans l'anonymat. o Le produit d'une idéologie ultralibérale où tout s'achète et tout se vend. o L'expérience ultime d'un territoire sans règles ni lois. o Une jungle où se côtoient escroquerie et hacking, pédocriminalité, propagande terroriste. o Et bien d'autres dérives ! o ...Mais aussi un espace de liberté où prospèrent lanceurs d'alerte, blogs et forums. Au fil des pages, on découvre enfin des conseils pratiques et les précautions à prendre désormais dans notre vie quotidienne. Pour les parents, ce livre est un outil indispensable pour s'informer et protéger les plus jeunes. Un voyage fascinant et inquiétant à la fois. Le commandant Pierre Penalba a été, depuis sa création en 2009, à la tête du Groupe de lutte contre la cybercriminalité, au sein de la police judiciaire de Nice, dont la réputation est établie. Ses missions vont de la surveillance de la Toile jusqu'aux arrestations. Abigaelle Penalba est enseignante et formatrice. Ils ont coécrit Cyber crimes (Albin Michel, 2020).
Lucille est née au milieu des marais salants de la baie de Bretagne. Très tôt, elle apprend auprès d'Agnès une saulnière qui est aussi sonneuse de cornemuse, à extirper le sel des entrailles de la terre. De cette passion secrète, elle veut en faire son métier. Mais dans la Bretagne des années 60, les salines sont rarement léguées aux femmes. Son père a prévu d'offrir celle de sa famille à son frère qui perpétuera la tradition.La jeune femme quitte le marais et devient vendeuse à Nantes. Dès qu'elle a un moment, elle vend des pochons de sel. Mais cela ne suffit pas à lui faire oublier le pays maraîchin. Car tout, y compris l'amour, la ramène à la terre salée du marais, là où son corps et sa vie embrassent l'eau et la lumière. Dans ce roman empreint d'humanité et de poésie, Catherine Ecole-Boivin, l'auteure de La Métallo, prix Ouest 2019, dresse le portrait d'une femme prête à tout pour prendre sa place parmi les hommes sur cette terre qui est la sienne, la baie de Bretagne, ses mystères et ses coutumes ancestrales.
Si Yvonnick a un prénom et des bras d'homme, c'est grâce à sa mère qui lui a appris à se défendre des coups. Et ces bras d'homme, Yvonnick en a bien besoin depuis que son mari, qui travaillait à J.J. Carnaud et forges de Basse-Indre, l'ancêtre d'Usinor puis d'Arcelor, n'est plus là. En acceptant de prendre sa relève à la forge, la jeune veuve et mère d'un enfant fragile, élevée dans le marais salant breton, devient métallo. Une vie ouvrière de lutte qui ne l'empêche pas de se faire respecter des hommes ni de gagner son indépendance, et surtout, d'être fière de son travail à l'usine et de sa communauté solidaire. Mais cette fierté, menacée dès 1968, se rompt au fil du temps, les notions de rentabilité, de courbes et de tableaux de chiffres chassant l'idée d'un combat pour une vie meilleure.Inspiré d'un authentique témoignage, le destin d'Yvonnick fait revivre un monde aujourd'hui disparu. De l'apogée de l'industrie française dans les années 50 à son déclin en 1980, Catherine Ecole-Boivin trace, dans ce roman d'une vie peuplée d'étincelles, le portrait empreint d'humanité du monde ouvrier.
Déchiré entre sa jeunesse corse et son existence marseillaise, un vieux professeur, reclus volontaire dans son appartement, tente d'assembler par l'écriture les fragments épars de sa vie. Il lui faut, pour cela, regarder enfin certaines images qu'il a toujours occultées. À mesure qu'il exhume ses souvenirs enfouis, revit en lui le cap Corse tant aimé. L'étroite péninsule, si fière jadis de sa richesse, ouverte depuis l'Antiquité sur la mer et le monde, bouleverse sa culture d'universitaire continental. Le fils du roi au front étoilé d'or, dont sa grand-tante lui racontait dans son enfance l'histoire, mais dont il n'a retenu que la première phase, éclaire et brouille ses lectures. Il découvre que la ruine actuelle du cap Corse est, en fait, l'image de sa vie et, parvenu au terme de son entreprise, il en mesure le danger. Il ne peut plus vivre désormais que dans la compagnie des défunts, errant sur les confins du réel, dans l'espérance d'une mort qu'il se donnera peut-être, ou dont il attendra impatiemment la venue car, alors seulement, il retournera pour toujours chez les siens, auprès desquels il trouvera enfin la paix.
Sur les landes battues par les vents et les vagues du Cap de La Hague, il se disait encore, à la fin du XIXe siècle, que les « bergers blancs », qui louaient leurs bras à la saison, venaient de la mer. Les paysans craignaient ces hommes libres, à la peau diaphane d'albinos, arborant à l'épaule un tatouage de bateau au mat brisé : des jeteurs de sort, qui pouvaient lire l'avenir dans les mains et les eaux dormantes... Puisant son inspiration dans les souvenirs des habitants de cette partie la plus secrète de la Normandie, la romancière Catherine Ecole-Boivin nous entraine sur les pas de Léo, le berger un peu sorcier, et de sa fille adoptive Katica, « La Dormante », dotée d'un étrange pouvoir de guérison. Traversant un demi-siècle d'Histoire, cette grande saga, où passions et émotions sont indissociablement mêlées aux forces mystérieuses de la nature, redonne vie à un monde rural oublié.
Elle est " la chose ", une fillette dont on ne prononce pas le prénom et qui grandit, condamnée, dans le silence et le froid d'une ferme cotentine. C'est dans une nature puissante que, devenue jeune fille, elle va libérer sa force de vie.Elles, jolies filles de Nantes. Eux, braves garçons de la presqu'île du Cotentin. Il était deux soeurs, Aëlle et Madanen, qui à la faveur d'un bal rencontrèrent les frères Valachet puis les épousèrent. Par amour et pour le meilleur. Bien que séparés géographiquement, les deux couples traversent la même épreuve : le manque d'enfant, celui que l'on a perdu, celui que l'on attend... Un soir qu'elle rentre chez elle, dans sa ferme isolée entre lande et falaises, Aëlle est sauvagement agressée et violée. Un enfant naît, que l'on baptise " la chose " et que l'on soustrait au regard des autres. Dans une cave. Quelques années plus tard, révélée enfin à la lumière des hommes, à la nature qu'elle sait apprivoiser aussi bien que la vieille Thilda, voyante et druide, la petite sauvageonne, elle-même détentrice du don de voyance, trouvera son chemin de vie. Et fera savoir la vérité sur le drame qui a coûté la vie à sa mère et sur l'identité de son père.
La belle Jeanne aime Germain, paysan lui aussi. Mais sa mère lui interdit de se marier. Dans le secret de leur presqu'île, les deux jeunes gens vont vivre leur singulière histoire d'amour. " Ma fille ne se marie pas ! " Voici ce que rétorque la paysanne Aimée aux soupirants de Jeanne. Car la mère, vouée à la solitude depuis la mort au front de son mari adoré durant la Grande Guerre, et dont elle relit, inconsolable, les lettres d'amour, décide de garder près d'elle ses deux derniers enfants. Sinon, qui pour travailler la terre ? Initiée par Aimée, accoucheuse à l'occasion, aux mystères de la vie, Jeanne, elle, n'enfantera jamais. Mais la belle Jeanne est une fille des falaises, du vent, de la terre cotentine. Une âme forte. Depuis son jeune âge, elle aime Germain qui, bientôt, devient son amour défendu...
La découverte d'un paysan extraordinaire dans une vie toute ordinaire" Je suis heureux avec rien, avec rien de ce qui s'achète mais aussi avec rien de ce qui se voit... "Et si Paul Bedel, paysan de la pointe de La Hague resté par choix à la traîne du progrès, vous racontait sa vie d'agriculteur mais aussi ses secrets ? S'il vous révélait ses " houoles ", ses coins pour pêcher le homard ? S'il vous présentait ses vaches, Cabochue, " une vraie teigne ", Échalotte, qui " sentait l'oignon " ou Copine, " toujours sympa avec tout le monde " ? S'il vous parlait " des choses qui n'arrivent qu'aux vivants ", de ses coups de gueule, de ses coups de vie ? Avec le succès du livre Paul dans les pas du père et du film Paul dans sa vie, Paul Bedel est devenu le passeur d'un monde en voie de disparition. Chaque année, des centaines de personnes lui rendent visite pour l'entendre témoigner de ce choix de vie, celui d'une existence toute simple. Avec ce Testament, Paul Bedel vous invite vous aussi à boire une tasse de café accompagnée de petits-beurre, sur une table en bois patinée par les ans, et à l'écouter, lui et ses soeurs. En refermant ce livre, vous aurez le sentiment d'avoir rencontré un homme bon, serein et clairvoyant. L'impression de la terre, son silence et sa liberté. Paul Bedel pensait que sa vie n'avait servi à rien, puisqu'il n'a pas eu d'enfants. Mais, à 79 ans, il est invité à des conférences et a accueilli plus de 7 000 visiteurs chez lui, à La Hague.
Le récit de la vie étonnante d'un rebouteux, qui au coeur d'une Bretagne rurale, pendant près de cinquante ans, donne un sens à son existence en soignant les douleurs des gens, paysans pour la plupart.Mémoires d'un rebouteux breton est le témoignage d'un homme né en 1927, qui a observé depuis l'enfance son père rebouteux et hérité de sa mère le don de soigner zonas et brûlures. Grâce à ce précieux legs, l'homme ira, itinérant, soulager les souffrances des uns et des autres, ceux du bocage, à la frontière du Mont-Saint-Michel et de la Bretagne. A sa suite, le lecteur pénètre un univers où la raison parfois lâche prise quand le corps et les mots guident les gestes du soignant. D'une humanité rare, cet homme déroule le fil de sa vie et ponctue ses confessions d'anecdotes incroyables, lesquelles par le talent de Catherine Ecole-Boivin perdureront dans notre mémoire collective.
Petite, Margriette portait constamment un bonnet de laine rouge. Pas par coquetterie mais pour que sa mère puisse la repérer, au loin, entre les murets de pierres sèches de La Hague. Ce petit bonnet, la petite fille le portera toujours en souvenir de sa mère qui, désireuse de refaire sa vie ailleurs, quittera la ferme familiale pour vivre un nouvel amour. Elevée par un père aimant, Margriette grandit dans un univers rural à la fois rude et chaleureux. A vingt ans, enceinte de son premier amour " disparu " en Algérie, elle épouse sous les conseils des siens Maurice Lanicole, agriculteur. Mais ce dernier, plus âgé, au sérieux penchant pour la bouteille, ne lui a jamais inspiré de l'amour. En aurait-elle eu le temps entre une ferme à gérer et sa progéniture à élever ? Margriette endure le travail de la terre, sa pénibilité, son exigence dans cet environnement du Cotentin quasi insulaire dont les terres fertiles sont presque toutes réquisitionnées par l'industrie nucléaire. Même coupée du monde, au bas du bas de l'échelle sociale, privée d'affection, Margriette est un coeur qui bat, qui espère.... Le salut viendra-t-il de leur départ pour la région du Gers ? .