Benoît Durieux
Benoît Durieux
Le retour de la guerre en Europe comme les nouvelles formes de conflictualité en Afrique ou en Asie ont replacé la guerre au centre de l’actualité. Certes, la guerre se renouvelle constamment. Mais elle semble guidée par des lois immuables que des théoriciens se sont efforcés de décrypter depuis la plus haute antiquité. De Sun Tzu à Clausewitz, de Machiavel à Foch, le grand public connaît leur nom mais ignore bien souvent leurs idées. Les maîtres de la stratégie entendent pallier cette lacune. En rappelant les principales données biographiques des 21 plus éminents stratégistes de l’histoire d’abord ; en résumant les grands axes de leur réflexion ensuite ; en présentant, enfin, l’impact de leur pensée dans la conduite des guerres et la définition des politiques militaires enfin. L’ouvrage offre ainsi les clés indispensables pour comprendre les guerres du passé, interpréter les conflits du présent et imaginer les stratégies de demain. L’ouvrage offre une vision globale d’un panthéon où voisinent auteurs célèbres (Mao, Clausewitz…) ou moins connus (Warden, Gallois…) mais qui tous éclairent ce phénomène toujours difficile à décrypter. Ils aident à comprendre que la victoire n’a de sens que par la paix qu’elle permet, que l’économie des forces joue un rôle essentiel, que la bombe atomique, arme de non emploi, oblige à repenser la grammaire stratégique…. Autant de leçons qui valent pour hier comme pour aujourd’hui et qui nous aident à comprendre un phénomène éternel : la guerre. Le général Benoit Durieux, docteur en Histoire, a effectué l’essentiel de sa carrière dans la Légion étrangère, avec laquelle il a participé à de nombreuses opérations. Conseiller en matière de défense des Premiers ministres Edouard Philippe et Jean Castex, il a dirigé l’IHEDN et l’Académie de defense de l’Ecole Militaire et publié plusieurs ouvrages sur les questions stratégiques, parmi lesquels La guerre par ceux qui la font (éd. du Rocher, 2016) ainsi qu’un Dictionnaire de la guerre et de la paix (PUF, 2017). Professeur à l'École normale supérieure de Paris-Saclay, Olivier Wieviorka est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment publié au Seuil La Mémoire désunie (2010, réédité en 2012) ainsi que l’Histoire du débarquement en Normandie (2017 nouvelle édition illustrée) et Le Débarquement. Son histoire par l’infographie (avec Cyriac Allard, 2024). Il a également écrit, chez Perrin, une Histoire de la Résistance (2013) ainsi que l’Histoire totale de la Seconde Guerre mondiale (2023).
Les dynamiques nouvelles d'affirmation de la puissance, de redistribution des influences et l'irruption des nouvelles technologies changent-elles à la fois la place de la guerre dans la vie ordinaire de nos sociétés et la manière de la faire quand elle advient ? L'obsession du conflit jointe à l'efficacité technique nous impose-t-elle un état de guerre larvée permanente ? Et quand les armes parlent, l'intervention des technologies modernes et des entreprises qui les produisent révolutionne-t-elle à la fois le processus de décision politique et l'engagement des hommes dans la guerre ? Questions essentielles que suggèrent les conflits d'Ukraine et du Moyen-Orient, et qui déterminent dès aujourd'hui les réflexions de stratégie et d'organisation des armées. Au Moyen-Orient, la combinaison de l'aventurisme stratégique, de l'ignorance ou du mépris de l'adversaire et de la fascination technologique conduit à l'échec politique et bouleverse les données, tout en ébauchant bien une perspective de remodelage : mais pas dans les directions attendues. Des pôles nouveaux se dessinent, l'influence des acteurs extérieurs se redistribue, les arsenaux se renforcent, sans qu'aucun des problèmes socio-économiques, diplomatiques, stratégiques de la région ne semble en voie de se résoudre. La question iranienne - c'est-à-dire celle de la place future d'un acteur majeur du jeu régional, aux règles de fonctionnement interne mystérieuses - reste ouverte.