Augustin Thierry
Augustin Thierry
CE qui importe le plus à chacun de nous, ce qui renferme tous nos moyens d'existence et de bien-être, la richesse de la France, se trouve aujourd'hui dans un état qui doit éveiller l'attention de tout homme qui met du prix à sa vie et à ses jouissances.Deux invasions dans l'espace de deux ans, les travaux troublés, les campagnes ravagées, une foule d'étamissemens d'industrie fondés sur des prohibitions ou des monopoles tombant les uns après les autres, le pillage et les banqueroutes marchant de front, avaient attaqué déjà nos capitaux de toute espèce, lorsque la mauvaise saison est venue appauvrir nos revenus, en frappant la terre d'une stérilité imprévue.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
La situation des hommes civilisés varie et se renouvelle sans cesse. Chaque siècle qui passe sur un peuple n'y laisse jamais la même manière d'être, les mêmes intérêts, les mêmes besoins qu'il y a trouvés. Mais, dans cette succession d'états divers, le langage ne change pas aussi promptement que les choses, et rarement les faits nouveaux rencontrent, à point nommé, de nouveaux signes qui les expriment. Les intérêts qui viennent de naître sont forcés de s'expliquer dans l'idiôme de ceux qui ont disparu, et ils se font mal comprendre ; les rapports présens se défigurent sous l'expression des rapports détruits, et ils trompent la vue ou lui échappent.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
La première édition critique de l'œuvre d'Augustin Thierry, aux sources du " roman national ". Au lendemain de la Révolution, Augustin Thierry (1795-1856) compte parmi les premiers à appeler de ses vœux une nouvelle histoire nationale. Il s'y attelle dans les Récits des temps mérovingiens (1840), chef-d'œuvre de l'esthétique romantique. Ce texte au style enlevé et pittoresque, mais qui s'appuie sur une documentation colossale et une maîtrise impressionnante des sources, a été l'un des livres d'histoire les plus lus au XIXe siècle. Il exerça une influence majeure sur de nombreux écrivains – jusqu'à Proust qui s'en inspira pour sa " nuit mérovingienne " dans l'église de Combray – et contribua à façonner notre imaginaire du haut Moyen Âge, en mettant en scène les crimes des rois francs et la rivalité entre Frédégonde et Brunehilde. Il est précédé des Considérations sur l'histoire de France (1840) qui, en proposant une histoire des histoires de France, développent une réflexion pionnière en matière historiographique. Le présent volume offre la première édition critique de ces textes. Il en retrace la genèse grâce aux archives d'Augustin Thierry, les enjeux et la réception jusqu'à nos jours. Il est complété par une sélection d'autres écrits de l'auteur, parmi lesquels une lecture célèbre d'Ivanhoé de Walter Scott (1820), " Histoire de mes idées et de mes travaux historiques " (1835) – une des premières tentatives d'ego-histoire –, ainsi que de larges extraits de son dernier livre, Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du Tiers État (1851). Ce volume contient : Considérations sur l'histoire de France ; Récits des temps mérovingiens ; Écrits sur l'histoire (une anthologie).
Augustin Thierry par une narration très vivante et presque romancée, mêlant érudition et imagination, nous offre ici un livre d'histoire sur l'époque mérovingienne des plus intéressants et divertissants. Il nous dévoile cette période violente de la France avant la France, nous racontant le « premier mélange entre les indigènes et les conquérants de la Gaule ». Cet ouvrage nous donne ainsi l'occasion de revisiter notre histoire, notre récit national et les bases chrétiennes de notre nation. Extraits : L'histoire nationale est, pour tous les hommes du même pays, une sorte de propriété commune ; c'est une portion du patrimoine moral que chaque génération qui disparaît, lègue à celle qui la remplace ; aucune ne doit la transmettre telle qu'elle l'a reçue, mais toutes ont pour devoir d'y ajouter quelque chose en certitude et en clarté. Ces progrès ne sont pas seulement une oeuvre littéraire noble et glorieuse, ils donnent sous de certains rapports la mesure de la vie sociale chez un peuple civilisé ; car les sociétés humaines ne vivent pas uniquement dans le présent, et il leur importe de savoir d'où elles viennent pour qu'elles puissent voir où elles vont. D'où venons-nous, où allons-nous ? Ces deux grandes questions, le passé et l'avenir politiques, nous préoccupent maintenant, et, à ce qu'il semble, au même degré ; moins tourmentés que nous de la seconde, nos ancêtres du Moyen Âge l'étaient parfois de la première ; il y a bien des siècles qu'on tente incessamment de la résoudre, et les solutions bizarres, absurdes, opposées l'une à l'autre, n'ont pas manqué. Le premier coup d'oeil de celui qui étudie sérieusement et sincèrement notre histoire doit plonger au fond de ce chaos de traditions et d'opinions discordantes, et chercher par quelles transformations successives, par quelles fluctuations du faux au vrai, de l'hypothèse à la réalité, la notion des origines de la société française a passé, pour arriver jusqu'à nous. ..... La manière de vivre des rois francs, l'intérieur de la maison royale, la vie orageuse des seigneurs et des évêques ; l'usurpation, les guerres civiles et les guerres privées ; la turbulence intrigante des Gallo-Romains et l'indiscipline brutale des Barbares ; l'absence de tout ordre administratif et de tout lien moral entre les habitants des provinces gauloises, au sein d'un même royaume ; le réveil des antiques rivalités et des haines héréditaires de canton à canton et de ville à ville ; partout une sorte de retour à l'état de nature, et l'insurrection des volontés individuelles contre la règle et la loi, sous quelque forme qu'elles se présentent, politique, civile ou religieuse ; l'esprit de révolte et de violence régnant jusque dans les monastères de femmes : tels sont les tableaux divers que j'ai essayé de tracer d'après les monuments contemporains, et dont la réunion doit offrir une vue du VIe siècle en Gaule. J'ai fait une étude minutieuse du caractère et de la destinée des personnages historiques, et j'ai tâché de donner à ceux que l'histoire a le plus négligés, de la réalité et de la vie. Entre ces personnages, célèbres ou obscurs aujourd'hui, domineront quatre figures qui sont des types pour leur siècle, Frédégonde, Hilperick, Eonius Mummolus et Grégoire de Tours lui-même ; Frédégonde, l'idéal de la barbarie élémentaire, sans conscience du bien et du mal ; Hilperick, l'homme de race barbare qui prend les goûts de la civilisation, et se polit à l'extérieur sans que la réforme aille plus avant ; Mummolus, l'homme civilisé qui se fait barbare et se déprave à plaisir pour être de son temps ; Grégoire de Tours, l'homme du temps passé, mais d'un temps meilleur que le présent qui lui pèse, l'écho fidèle des regrets que fait naître dans quelques âmes élevées une civilisation qui s'éteint.
APRÈS une convulsion violente, l'Europe redoute de nouveaux malheurs, et sent le besoin d'un repos durable ; les souverains de toutes les nations européennes s'assemblent pour lui donner la paix. Tous semblent la désirer, tous sont célèbres par leur sagesse, et cependant ils ne parviendront point où ils veulent arriver. Je me suis demandé pourquoi tous les efforts des politiques étaient impuissans contre les maux de l'Europe, et j'ai vu qu'il n'y avait de salut pour elle que dans une réorganisation générale.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
BnF collection ebooks - "Après une convulsion violente, l'Europe redoute de nouveaux malheurs, et sent le besoin d'un repos durable ; les souvenirs de toutes les nations européennes s'assemblent pour lui donner la paix. Tous semblent la désirer, tous sont célèbres par leur sagesse, et cependant ils ne parviendront point où ils veulent arriver. Je me suis demandé pourquoi tous les efforts des politiques étaient impuissants contre les maux de l'Europe, et j'ai vu qu'il n'y avait de..."