Arnaud Macé
Arnaud Macé
Ce livre entreprend d'examiner à nouveau l'acte fondateur de la démocratie athénienne, à savoir la réforme de Clisthène. Mise en oeuvre en 508/507 avant notre ère, celle-ci frappe encore l'imagination contemporaine par la sophistication de l'organisation de la vie communautaire qu'elle instaure, reposant sur le principe d'un brassage continu de la population. Qu'une transformation aussi radicale de la vie civique se soit déroulée sans rencontrer de grandes difficultés demeure en partie mystérieux. Pour comprendre l'avènement de cette oeuvre collective, il faut porter l'attention sur un savoir traditionnellement négligé, un savoir du nombre, celui dont font preuve ceux qui comptent les hommes sur le champ de bataille, les moutons dans la colline ou les jetons des jeux dont la clameur emplit les tavernes. Ce savoir se distingue des spéculations mathématiques savantes que la tradition a attribuées à un Pythagore ou un Thalès. Transmises de générations en générations par le biais d'un apprentissage collectif, ces mathématiques concrètes, dont les opérations étaient maîtrisées par une grande partie de la population offrent l'arrière-plan de la réforme de Clisthène. Celle-ci consistait en effet avant tout dans la maîtrise des processus de division et de recomposition de collectifs, soit un art du rangement et du classement des choses et des hommes, attesté dès l'époque d'Homère et appliqué à la résolution des crises politiques et sociales dans les cités grecques. Une autre histoire de la raison démocratique en Grèce ancienne s'en trouve éclairée.
Une république n'est pas seulement une forme de régime, ou un ensemble de valeurs et de principes. C'est avant tout une forme d'action collective, par laquelle on fait exister, fonctionner, durer des choses communes. Les parents d'élèves qui participent à la vie des établissements ; les professeurs qui apprennent la grammaire ou les mathématiques à chacun ; les sapeurs-pompiers qui se portent au-devant du feu ; les soldats qui donnent leur vie ; les soignants au chevet des malades à l'hôpital ; les élus qui se réunissent en conseil municipal ; les députés qui, accompagnés par les fonctionnaires des ministères, préparent et votent les textes de loi : ce continuum ininterrompu de pratiques qui font exister le bien commun, c'est cela la république, tout simplement. Le présent ouvrage revient sur les formes d'engagement civique de la Grèce ancienne qui permettent de comprendre le phénomène républicain dans sa richesse et dans sa diversité. Il se lit comme un dialogue entre les expériences politiques de l'Antiquité et les expériences républicaines de tous pays, d'hier et d'aujourd'hui.
Toutes les clefs pour connaître et comprendre l'œuvre dans son ensemble. - L'analyse des notions. - Des liens avec d'autres œuvres. - Un texte et son commentaire : les livres VI (à partir de 507b) et VII. - Des outils : vocabulaire, index, bibliographie.
Pourquoi et comment les médecins recourent-ils aux plantes pour dire et comprendre le corps humain ? De la plante au cosmos en passant par le corps de l'homme, médecins et philosophes conçoivent de façon analogique les semences, la génération, la nutrition, la circulation, la croissance et rassemblent ainsi des choses et des êtres qui peuvent aujourd'hui paraître davantage étrangers les uns aux autres. L'enquête menée à travers des textes médicaux, botaniques, agricoles ou philosophiques européens de l'Antiquité, du Moyen-Âge et de la première Modernité repère les usages des analogies végétales pour dire, penser, voir et soigner le corps humain. Le prisme végétal rend ainsi visible l'intuition d'une communauté des processus élémentaires entre différents types de vivants.