Angélica Liddell
Angélica Liddell
« Je ne cherche pas à être originale ou d'avant-garde. Non, pas du tout. Je cherche à être profondément influencée et la plus antique possible. » Dans cet entretien se déroulant le jour de la dernière de ¿Qué haré yo con esta espada?, Angélica Liddell revient longuement sur l'importance de l'écriture à ses yeux et son exigence de rigueur esthétique. Elle aborde ses principales influences, son rapport au monde et à sa violence. Loin de toute provocation, elle évoque notre être primitif, la relative capacité à l'étonnement de nos sociétés et son souhait d'amour.
Je demande à en finir avec la vie est l'oeuvre d'une «suicidaire sans suicide», comme se définit cette artiste majeure de la scène européenne. Le manifeste d'une femme qui ne voit pas la fin de l'existence humaine comme une tragédie mais comme une libération. Une suite de demandes, outrées, exaltées, toujours indisciplinées, visant à élargir le domaine étriqué du réel. Si on dit que ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement, Angélica Liddell va justement là où personne ne se risque, et cette longue adresse poétique a vocation à regarder la mort en face, jusqu'à se délester des peurs qui nous empêchent de désirer et de vivre pleinement. Une prière laïque qu'elle dédie à l'écrivain japonais Yukio Mishima, en revenant sur le cheminement de cet « artiste absolu» qui mit fin à ses jours publiquement. Une parole d'une puissance et d'une sincérité rares. Une ode à la vie dans ce qu'elle a de plus tragique et de plus sublime.