Alexandre Civico
Alexandre Civico
"Je ne suis rien. Je n'ai pas été violée, je n'ai pas été abusée, je n'ai pas eu faim. Vous pensez qu'il faut avoir été violée pour porter le viol, abusée pour ressentir l'abus, avoir eu faim pour être assourdie par le cri des ventres creux ?" C'est la fin d'une traque. Dolorès Leal Mayor vient d'être appréhendée. Elle est accusée d'avoir assassiné une dizaine d'hommes après les avoir séduits. D'avoir ouvert partout dans le pays une brèche, déclenché une vague de fureur chez les femmes, victimes du capitalisme et de son patriarcat. Pour tenter de juguler l'épidémie de meurtres, Antoine Petit, jeune psychiatre rongé par une désespérance sourde et aux prises avec l'addiction, est sommé de déclarer Dolorès irresponsable de ses actes. On veut éviter le procès qui entérinerait son statut d'icône. Au fil des entretiens qu'il mène dans un centre pénitentiaire niché au coeur des Alpes, Antoine se confronte alors à Dolorès. Et entre ces deux êtres en déshérence, abîmés chacun à sa manière, se met en place un jeu de dupes aux étranges échos, tissé de colère, d'accablement, de certitudes et de doutes. Jusqu'à la vérité. Fable contemporaine sur la violence induite par le poids de l'oppression, "Dolorès ou le Ventre des chiens" est un roman noir, amer, une ode à l'embrasement, à l'incandescence des révoltes.
Un Français ravagé par un deuil débarque à Atmore, Alabama, et va rôder autour de la prison, à l'écart de la ville. Est-il en quête de dépaysement, de sensations fortes, de vengeance ? Il s'installe chez l'habitant, commence à prendre des habitudes dans la bourgade et rencontre une jeune Mexicaine à la dérive qui semble la seule à pouvoir le comprendre. Un roman noir dense, ramassé, aiguisé.
Quelque part en plein désert, à l'affût sous un soleil qui le déchire, un homme attend l'heure de l'assaut avec le reste de sa patrouille. Il est l'un des nombreux soldats fantomatiques d'une guerre qui ne porte même plus ce nom. Ailleurs, un homme se réveille un matin raccordé à sa fille de quatre ans par un cordon ombilical. Il déambule, désemparé, dans une ville à la dérive. Deux temps, deux réalités parallèles, mais un seul univers, le nôtre, arrivé au bout de son épuisement. À la fois réflexion sur la ruine des corps qui accompagne la ruine du monde et sur l'amour asymétrique entre parents et enfants, La peau et l'écorce (TP) est une fable noire, une légère anticipation, onirique, charnelle qui dessine la cruelle poésie de la fin d'un monde.
Un road-book halluciné et macabre, au rythme haletant, porté par une écriture tendue et nerveuse, et traversé par les ombres d'un passé familial.
L'indispensable manuel d'autodéfense en milieu professionnel !