Alain Richard
Alain Richard
Alain Richard ne peut s'empêcher de rudoyer l'humanité qui de toute évidence le mérite... mais cet « acharnement » n'est-il pas proportionnel à sa passion et à sa bienveillance pour elle ? Dans son nouveau roman Les abîmes, dans lesquels il n'hésite pas à nous faire plonger, Alain Richard nous fait toucher le fond, le fond où croupissent les âmes les plus noires. Ce roman policier haletant, tout en suspens, tient à rendre Justice et faire éclater des vérités, Alain Richard n'épargne personne, surtout pas le lecteur qui ira de découvertes sordides en découvertes macabres, toutes plus sinistres les unes que les autres. La nature de l'homme reste la principale énigme. Une fois de plus, Alain Richard brouille les pistes, dans tous les sens du terme, pour, peut-être, nous amener à nous demander comme lui, ce qui différencie l'homme de la bête. Pourtant l'auteur qu'il est, chérit l'être inhumain, en qui il veut encore malgré tout croire, nous faire croire et il continue à mettre une majuscule à Humanité, à Nature humaine, à Homme ! A la lecture de cet ouvrage, il est vrai que nos coeurs vibrent, palpitent, saignent...Elle appelle sa maman mais son cri ne résonne pas, jugulé par le tissu qu'on vient de plaquer sur son nez et sa bouche. Elle respire encore, mais une odeur nouvelle, asphyxiante, pénètre en elle. Eloïse ne veut pas mourir.
Après « Les estocades », Alain Richard nous propose « Les natures humaines ». Sa plume fine et enjouée aime virevolter, apparemment légère, avant de se poser comme le pinceau sur la toile, cocasse et caricatural. Elle dépeint, égratigne, chatouille, griffe, de connivence avec la sensibilité et le romantisme de l'auteur. « Les natures humaines », dont il s'agit dans ce recueil de nouvelles, prêtent volontiers le flanc à Alain Richard qui joue sérieusement à enchevêtrer leurs « trop », leurs « pas assez », leurs défauts, leurs qualités et leurs amours. Le temps qui passe, les saisons, les lieux sont ses vrais complices, et en réalité ses principaux acteurs. « Les natures humaines », personnages hauts en couleur de cet ouvrage, ne sauraient ignorer la Nature qui se révèle, c'est selon, une force ou une faiblesse... Alain Richard les décrit avec une telle acuité qu'il arrive à nous rendre ses héros familiers, et particularité d'Alain Richard, les rendre tous attachants. Même si certains pourtant... mais le talent de cet auteur, en plus de l'habileté et de la précision, ne serait-il pas de la générosité et de la bienveillance.
Dans ce recueil de nouvelles « les estocades », Alain Richard relate les assauts, plus ou moins brusques que nous font subir la vie et la mort, capricieuses, versatiles, parfois cruelles, parfois violentes. Dans des anecdotes puisées dans le quotidien, l'une vient bousculer, chambouler l'autre, transportant et déplaçant le temps. Passé, présent, futur dévalent comme les galets du torrent, déboulent, charrient, brinquebalent amour et haine, s'enchevêtrent, pour terminer assemblés, voir confondus. Alain Richard nous dépeint un combat sans merci entre ces deux puissantes adversaires, où tous les coups sont permis pour nous fasciner, nous égarer (nous duper ?), sûr, nous captiver. Il met tant d'aisance, de précision, de rythme, de « mines de rien » ou de « carrément », dans son récit que finalement roués de coups, tout sourire (jaune), nous retrouvons notre chemin tout éclairé grâce à son minutieux talent. Dans cet ouvrage, l'ordinaire devient extraordinaire, ou l'inverse ; l'insolite devient évident, ou l'inverse ; l'anodin, féroce ; le calme, farouche ; la cruauté, pardonnée ; le beau parfois laid, le laid toujours beau ; le mal pour un bien, l'inverse aussi. « Les estocades » d'Alain Richard font mouche, touchent nos coeurs, les ébranlent et nous atteignent faisant et défaisant les plis de nos mémoires. Les personnages d'Alain Richard ont des petits airs, rafraîchis, de ceux de La Fontaine et de La Bruyère...
Depuis maintenant deux ans, dans plus d'une centaine de villes françaises, des citoyens venus de tous les horizons se regroupent en cercles sur les places publiques. Ces cercles de silence sont autant de manifestations d'un nouveau genre, censées attirer l'attention du public et des pouvoirs sur la situation inhumaine faite aux étrangers sans papiers dans les centres de rétention. L'inspirateur de ce mouvement inédit qui est parti de la place du Capitole à Toulouse est un franciscain de quatrevingt ans, vieux sage à la barbe blanche et au sourire espiègle, personnalité charismatique et en même temps profondément humble. La non-violence du frère Alain Richard, inspirée de l'Évangile, de Gandhi et de la geste du povorello d'Assise, est essentiellement orientée vers la défense des plus démunis. Défense concrète et subversive qu'il a pu exercer, au risque de sa santé et même de sa vie, aussi bien dans les quartiers populaires de Chicago que chez les déshérités du Guatemala, au temps des dictatures les plus sanglantes.Interrogé par Christophe Henning, journaliste au mensuel Panorama, Alain Richard nous livre avec humour et profondeur le récit de cette vie turbulente, toute entière consacrée à la justice et à la nonviolence.