Alain Gandolfi
Alain Gandolfi
Entre 1985 et 1991, la perestroïka soviétique sonne le glas d'un double système : celui de la domination communiste en URSS, en Europe de l'Est, et dans de nombreux pays du tiers monde, et celui des relations de guerre froide entre le monde occidental et le monde communiste, dont les pays du tiers monde étaient souvent les victimes. Les conflits régionaux en Asie, en Afrique, en Amérique latine, s'acheminent lentement vers une solution pacifique qu'on ne pouvait même pas envisager quelques années plus tôt, les relations internationales des pays du tiers monde se transforment, un nouvel ordre international se façonne lentement, au sein duquel les grandes puissances, sous la houlette des États-Unis, coopèrent enfin au maintien de la paix, tandis que l'illusion de la démocratie internationale s'estompe, et que la solidarité de l'Occident industrialisé avec les pays du tiers monde pâtit de l'aide nouvelle développée en direction des anciens pays communistes d'Europe. Ces bouleversements ont des répercussions profondes dans l'ordre interne des pays du tiers monde, principalement en Afrique où, sous la double pression extérieure et intérieure, les régimes politiques s'acheminent, avec plus ou moins bonne grâce, vers un semblant de démocratie. À la fin de 1991, avec l'éclatement de l'URSS, on peut dire que la perestroïka a vécu, mais ses conséquences, proches ou lointaines, seront encore pour nous étonner.
Le 22 février 1942, exilé à Petropolis au Brésil, l'écrivain autrichien Stefan Zweig se suicide avec son épouse, Lotte. Le désespoir a eu raison du grand humaniste, acteur essentiel de la littérature européenne et témoin majeur de la première partie du XXe siècle. En 2010, conjuguant réel et fiction, le roman de Laurent Seksik revisitait les six derniers mois de la vie du couple, entre nostalgie des fastes de Vienne et appel des ténèbres. Passés successivement par l'Angleterre et les États-Unis après avoir fui l'Autriche, Stefan et Lotte avaient cru fouler au Brésil une terre porteuse d'avenir. Mais c'était sans compter avec l'épouvante de la guerre. L'évocation romanesque de l'exil brésilien des Zweig, de septembre 1941 à février 1942, devient une bande dessinée, magnifiée par le dessin intense de Guillaume Sorel. Laurent Seksik en a personnellement réalisé l'adaptation.
Le 22 février 1942, exilé à Petropolis au Brésil, l'écrivain autrichien Stefan Zweig se suicide avec son épouse, Lotte. Le désespoir a eu raison du grand humaniste, acteur essentiel de la littérature européenne et témoin majeur de la première partie du XXe siècle. En 2010, conjuguant réel et fiction, le roman de Laurent Seksik revisitait les six derniers mois de la vie du couple, entre nostalgie des fastes de Vienne et appel des ténèbres. Passés successivement par l'Angleterre et les États-Unis après avoir fui l'Autriche, Stefan et Lotte avaient cru fouler au Brésil une terre porteuse d'avenir. Mais c'était sans compter avec l'épouvante de la guerre. L'évocation romanesque de l'exil brésilien des Zweig, de septembre 1941 à février 1942, devient une bande dessinée, magnifiée par le dessin intense de Guillaume Sorel. Laurent Seksik en a personnellement réalisé l'adaptation.
L'Arctique et l'Antarctique ont, depuis longtemps, présenté un intérêt stratégique évident pour les puissances de ce monde, notamment ces deux derniers siècles. Deux ans avant l'échéance de 1991, qui devait marquer le point de départ de l'éventuelle révision du Traité de Washington signé le 1er décembre 1959, Alain Gandolfi a souhaité revenir sur ce qu'est l'Antarctique et comment les hommes s'y sont intéressés, ce qu'en ont fait l'entente et la coopération entre les nations de bonne volonté de l'Est, de l'Ouest ou du Tiers Monde, et ce qu'il est susceptible de devenir dans un avenir plus ou moins proche, et notre monde avec lui.
Changeante, l'actualité se porte tantôt sur l'Afrique, tantôt sur le Moyen-Orient, mais on continue à se battre en Amérique latine. Une fatalité veut que le continent latino-américain ait toujours connu la violence : elle a été particulièrement rude au cours de ces quarante dernières années car, aux causes permanentes de caractère structurel, est venue s'ajouter une cause conjoncturelle, la guerre froide entre l'Est et l'Ouest. Que ce soit dans les guérillas qui se sont développées au nom de la libération des pauvres et des opprimés, ou dans la lutte antisubversive au nom de la sécurité nationale et de la défense du continent, les guerres intestines ont, depuis la fin du second conflit mondial, causé plusieurs centaines de milliers de morts. Après quarante ans de souffrances, le peuple est las et les combattants incapables de l'emporter l'un sur l'autre, d'autant plus que la fin de la guerre froide contribue à l'apaisement. Mais il reste quelques foyers de lutte, dont on ne voit pas bien la fin prochaine. Et l'on ignore si, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les luttes armées des pauvres ne vont pas reprendre un jour ou l'autre.