Le roman d’Éliane Serdan atteint un double objectif : celui de la restitution des circonstances de l’exil pour deux personnages, Anna et Pierre ; celui de l’évocation du génocide arménien de 1915, par des touches et images successives, qui passent du flou à l’éclaircissement, pour nous faire toucher du doigt l’horreur de cet événement. Un beau livre, à recommander, sobre, au style épuré et efficace.
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La Ville haute
Un hiver 1956, dans le sud de la France, Anna, enfant exilée du Liban, croise la route de Pierre, un relieur marqué par un passé douloureux.
Un soir de pluie, elle se réfugie sous le porche d'une maison. Un homme est là. Pierre. Lui aussi étranger. Seul, fragilisé par la perte de son métier de relieur à la suite d'une mutilation de la main. Resurgissent pour lui les fantômes d'un passé qu'il a cherché à oublier toute sa vie. À l'âge de neuf ans, en Turquie, il a assisté à l'enlèvement d'Anouche, la fille de sa nourrice arménienne, qui a sans nul doute subi les pires outrages. Elle avait l'âge et le visage d'Anna. Cette coïncidence inattendue lui donne l'impulsion d'enquêter sur la disparition d'Anouche pour enfin apprendre la vérité.
La rencontre de ces deux êtres en exil permet à l'enfant d'échapper à la solitude et offre à l'homme la possibilité de se libérer du passé.
Un superbe roman sur l'exil et la beauté du sud en hiver, avec la neige sur les oliviers et en toile de fond, le souvenir nostalgique de la mer Noire.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Née en 1946 à Beyrouth dans une famille installée depuis des siècles en Orient, Éliane Serdan a grandi à Draguignan avant de poursuivre des études de lettres et de cinéma. Aujourd’hui établie à Castres, dans le Tarn, elle se consacre à l’écriture de romans où l’exil, la mémoire et la poésie des paysages occupent une place centrale. Son œuvre, saluée pour sa sobriété et sa profondeur, explore souvent les thèmes de la solitude, de l’histoire et de la résilience.
newsmode Revue de presse
Dans La ville haute deux solitudes se rencontrent, deux exilés se comprennent, et Éliane Serdan nous offre un court roman empreint de poésie et de nostalgie. Alternant les points de vue de Pierre puis de Anna, « La ville haute » est un roman très poétique, avare de mots superflus. Éliane Serdan dit le principal en peu de phrases et peu de pages, et son roman se lit dans un souffle, malgré la puissance des sujets abordés.
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