L’Incessant est un livre ouvert, où tout peut entrer. Dès les premières lignes, le narrateur intègre l’aventure de son incessant retour dans un discours poétique où signifiants et signifiés sont exprimés dans la simplicité des mots les plus justes. C’est dans la tradition des poètes lyriques que se situe Jacques Ancet, parlant de la condition humaine avec une grande empathie.
L'Incessant
Plongez dans L'Incessant, premier volet du cycle poétique Obéissance au vent de Jacques Ancet. Une prose lyrique où voix et silence s’entrelacent pour explorer l’éphémère et la quête de présence.
« ... Livre ouvert, où tout peut entrer » ce sont les mots par lesquels Jacques Ancet présente L'Incessant , première séquence de prose lyrique ouvrant le cycle plus ample encore qu'est l'Obéissance au vent.
D'entrée, « des voix mêlées entretissées » emmènent leur lecteur « où dedans et dehors ne sont qu'un seul instant », quand bien même ne demeureraient seuls que « le fil cassé des phrases », « les mots (...) inaccessibles », « toutes ces choses penchées glissant en un éboulement sans fin ».
Un devenir, oui, assurément, et où tout s'écoule, et les reflets qui s'élèvent depuis une vitre sur le fond obscur des jours montrent alors des corps, leur visage, une main à son lent travail d'oeuvrer.
D'autres figures convoquées, la table, la lampe, le corps amoureux sont elles-aussi à leur interminable nuit, et leur silence est ce qui seul permet un naître, un dire, même si la main hésite sur la page, sur la toile, même si le geste se gauchit et manque ce qui, en définitive, seul le légitime, et fait énigme de toujours : « comment vivre le présent ». À ce point précis, la voix alors dénombre et énumère les bruits, les objets, les pas, les rues, les traces. Pour ne pas se perdre à son propre vertige, elle emporte cette mémoire.
Et c'est bien ce rythme qui traverse un monde d' « assourdissant silence », aidé en cela par quelques figures tutélaires (la fin du volume les nomme sobrement), elles qui incarnèrent toutes à leur mesure, un « corps ouvert aux forces invisibles » et partant, lui aussi inachevé, « emporté malgré lui par une page ouverte, interminable elle aussi », au silence de son propre voyage.
- Jean-Yves Fick
Le cycle complet :
1. L'incessant
2. La mémoire des visages
3. Le silence des chiens
4. La tendresse
Le site de Jacques Ancet
http://jacques.ancet.pagesperso-orange.fr
Sa page auteur
http://publie-net.com/staff/all/jacques-ancet/
Disponibles en papier : Le silence des chiens et La tendresse
Jacques Ancet
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person_edit À propos de l'auteur
Jacques Ancet, né en 1942 à Lyon, est un poète, romancier et traducteur français majeur de la scène littéraire contemporaine. Agrégé d’espagnol, il a enseigné pendant plus de trente ans avant de se consacrer entièrement à l’écriture près d’Annecy. Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages (poésie, romans, essais, théâtre), il a été récompensé par plusieurs prix prestigieux, dont le prix Apollinaire (2009) et la Plume d’or de la S.A.S. (2013). Son œuvre, marquée par une quête constante de sens et une exploration des limites du langage, s’inscrit dans la tradition des grands poètes lyriques.
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Avec L’Incessant, nous sommes dans l’espace de « l’entre », en bordure de lisière, sur une ligne de crête. Jacques Ancet y parle du quotidien, du sien, et nous offre une poésie où chaque mot est une tentative de réconcilier le langage et le monde.