On ne lit plus guère Julien Green. On a tort. L'auteur, qui se proclamait «écrivain et catholique», a été progressivement délaissé par les libraires et les lecteurs. Pas assez sulfureux, sans doute, pas de confession impudique coram populo, comme on disait autrefois; hors mode, has been. Et pourtant. Cette réédition des confessions de jeunesse, entamées alors qu'il approche la soixantaine, nous montre, sous une plume verte et alerte, un homme immergé dans l'introspection.
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Jeunes années
Plongez dans Jeunes années, l'autobiographie poignante de Julien Green, où l'auteur revisite son enfance et son passage douloureux à l'âge adulte.
Sud (1953),
L'Ennemi (1954) et
L'Ombre (1956). Dès 1927, Louis Jouvet, conscient de la charge dramatique de l'univers greenien, avait écrit au jeune auteur : " Cher Julien Green, plusieurs fois j'ai dit à Jean Cocteau et Christian Bérard le désir que j'avais de vous servir au théâtre. " Il ne cessera de renouveler cette invitation. Par une certaine ironie du sort, Green répondait enfin à ces adjurations quand Jouvet disparut à la fin de l'été 1951. Le succès mitigé, notamment critique - seul
Sud trouva son public -, que son théâtre rencontra en France lui fera fermer cette parenthèse théâtrale, que Julien Green ne rouvrira qu'un quart de siècle plus tard. Ce volume permet de suivre dans le détail ces " années théâtrales " de Green, ses rencontres, ses conversations avec des hommes et des femmes de théâtre, son travail de dramaturge en regard de celui de romancier, son rapport au public aussi. Le texte en a été établi à partir du journal dactylographié que Julien Green tient depuis 1949 en raison de douleurs à la main : dactylographie continue au début, puis progressivement " caviardée " tout comme les manuscrits du journal des années 1930. Le journal garde cette forme jusqu'en octobre 1955. Trois grands cahiers manuscrits lui succèdent de fin 1955 à fin 1958.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Julien Green (1900-1998), de son vrai nom Julian Hartridge Green, est un écrivain américain de langue française, premier étranger élu à l’Académie française en 1971. Son œuvre, marquée par une profonde introspection, explore les tensions entre foi catholique et désirs interdits, notamment à travers ses romans, essais et son monumental Journal. Jeunes années révèle son enfance et sa jeunesse, entre douleur et émerveillement, fondatrices de son style littéraire unique.
newsmode Revue de presse
Né en 1900 et mort en 1998, Julien Green n’a pas mérité son sort, à en juger par son œuvre où surnagent des grands livres de toutes sortes : romans (Adrienne Mesurat, Léviathan, etc.), essais (Frère François, Ce qu’il faut d’amour à l’homme, etc.) ou souvenirs (Jeunes années), sans parler du mythique et volumineux Journal, dont les éditions Plon viennent de publier le quatrième tome de l’édition intégrale.
Commençons par le cul, puisqu'il est aussi présent dans la vie du jeune Julien Green qu'il est absent de son journal tel qu'il l'avait, pendant soixante ans, publié. [...] Dans le journal qu'on connaissait, il écrit : «Après la disette, la satiété. J'ai tellement souffert de la privation sexuelle dans ma prime jeunesse que je voulais mourir. À présent, tout ce dont je rêvais m'est offert, mais où est ma vingtième année.»
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