Asie du Sud-Est
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Qui d'autre que François Ponchaud, auteur de l'inoubliable Cambdoge année zéro (paru en 1977), pouvait à ce point « résumer » la très riche histoire d'un des pays les plus attachants de l'Asie du Sud-Est, depuis l'époque mythique des bâtisseurs d'Angkor, jusqu'à la difficile reconstruction après le drame des Khmers rouges ? Sans minimiser non plus les enjeux contemporains. Il faut dire que ce prêtre pas comme les autres vit sur place depuis 1965, et chaque jour qui passe est le témoin de ses multiples engagements aux côtés de la population... Il a lui-même appris le khmer pour mieux s'imprégner des subtilités de cette civilisation, et, accessoirement, traduire la Bible dans cette langue.
La donation pieuse, à l'origine de l'immense majorité des stèles érigées dans les villages du Vietnam, a joué un rôle essentiel dans la vie économique, sociale et religieuse depuis le VIIe siècle. Loin d'être immobile, cette longue histoire de la charité commence avec des dons gracieux accordés aux sanctuaires par des grands personnages et des moines ; elle se poursuit avec d'innombrables cohortes de donateurs secondaires, issus de milieux sociaux plus ordinaires, qui vont peu à peu se distinguer par des dédicaces privées à l'attention des défunts de leurs familles, puis s'extraire des mouvements collectifs en isolant leur donation et leur histoire sur leurs propres stèles. Et soudain, vers 1630, apparaît la grande innovation : l'élévation des donateurs au rang d'Épigones du Bouddha ou de la Divinité tutélaire. Pourvus d'un titre religieux et de privilèges cultuels garantis par un contrat, honorés par les villageois à dates régulières, ils accèdent à la semi-divinité. La subtilité de cette procédure, qui explique son succès fulgurant, c'est qu'elle ajoutait au don gracieux, versé en numéraire, un don foncier dont le revenu régulier finançait le culte des Épigones « pour l'éternité ». C'était une fondation pieuse, mais ouverte aux femmes et à toutes les catégories sociales, depuis les grands mandarins et les princesses de la cour jusqu'aux odalisques, aux notables et aux paysannes.
L'histoire des hommes de la future Indonésie se déroule sur près d'un million d'années. Cet archipel, qui connaît bien avant l'Europe la Révolution néolithique, sera l'objet de la convoitise des Européens et progressivement colonisé. Libérée du colonialisme malgré l'opposition des puissances occidentales en 1945, l'Indonésie s'impose dans le concert des nations à la Conférence de Bandung en 1955 et se forge un avenir. Son histoire est enthousiasmante, mais aussi dramatique lorsque les partisans d'un « Ordre nouveau » plongent le pays dans 33 années de dictature après de terribles massacres. En 1998, la jeunesse n'hésite pas à braver la dictature et provoquer la chute du dictateur. Vingt années se sont écoulées depuis la chute de Suharto. Aujourd'hui les langues se délient, sans peur, ou presque, laissant aux historiens le soin de substituer à l'Histoire officielle, la véritable histoire des peuples d'Indonésie.
Un récit qui effleure l'histoire du Vietnam sur plus d'un siècle à travers le regard d'un homme et de son arrière-petite-fille. Un récit qui amène à s'interroger sur la faculté de l'être humain à dépasser ses peurs pour aller vers l'inconnu. Un récit qui fait voyager d'une autre façon. Sabine Goddet est en fauteuil roulant. Voyageuse dans l'âme, elle est juriste et l'auteur de récits de voyages. Son premier livre, Poussée par le vent, est paru chez Complicités en 2018. Le voyage de Sabine et de son compagnon de route Sébastien est une fenêtre ouverte sur les territoires du possible où le handicap finit par devenir un langage qu'on ne voit bien qu'avec le coeur. Comment revenir indemne d'un tel récit, c'est tout le risque qu'il y a à côtoyer le merveilleux et la profondeur des mots de cette aventurière des temps modernes. Patrick Segal
Chaque année, l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine (IRASEC), basé à Bangkok, mobilise une vingtaine de chercheurs et d'experts pour décrypter l'actualité régionale. L'Asie du Sud-Est - véritable carrefour économique, culturel et religieux - constitue un espace unique d'articulation des diversités sur la longue durée et le demeure plus que jamais aujourd'hui. Cette collection permet de suivre au fil des ans l'évolution des grands enjeux contemporains de cette région continentale et insulaire de plus de 650 millions d'habitants et d'en comprendre les dynamiques d'intégration régionale et de connectivités avec le reste du monde. L'Asie du Sud-Est 2021 propose une analyse synthétique et détaillée des principaux événements politiques, économiques, sociaux, environnementaux et diplomatiques survenus en 2020 dans chacun des onze pays de la région, complétée par un focus sur deux personnalités de l'année et une actualité en image marquante. L'ouvrage propose également quatre dossiers thématiques qui abordent des sujets traités à l'échelle régionale : les villes de la Nouvelle route de la soie, la place des paysanneries dans les dynamiques agraires et foncières dans la région du Mékong, les trafics des biens culturels, ainsi qu'un débat interdisciplinaire sur l'Asie du Sud-Est à l'épreuve de la Covid-19. Des outils pratiques sont également disponibles, dont une fiche et une chronologie par pays et pour la région et l'ASEAN, et un cahier réunissant les principaux indicateurs démographiques, sociaux, économiques et environnementaux.
Anachronisme ou résurgence d'une pratique que l'on croyait oubliée ? En Asie du Sud-Est, la piraterie maritime est en tout cas qualifiée de « nouvelle menace ». Mais d'où viennent ces hommes qui font trembler les marins des détroits par lesquels circule l'essentiel du commerce maritime mondial ? Et comment l'Indonésie, la Malaysia, Singapour, la Thaïlande, les Philippines ou le Vietnam s'emploient-ils à lutter contre ces avatars contemporains des pavillons noirs de jadis ? Les États sont-ils prêts à renoncer pour partie à leur souveraineté afin de s'ouvrir à des solutions collectives pour assurer la sécurité de leurs eaux ? Quel rôle jouent les grandes puissances comme le Japon, la Chine, l'Inde ou encore les États-Unis et la France qui, à plus d'un titre, sont concernées par le problème ? Ce livre s'efforce de répondre à toutes ces questions en s'interrogeant sur les limites de l'ordre juridique international.
Malgré trois handicaps majeurs : dépendance envers les investissements étrangers, croissance démographique forte et importantes inégalités sociales, l'Indonésie est devenue un modèle pour le tiers-monde. « Copyright Electre »
Alors que l'Indonésie a réussi à dépasser la guerre civile, pour se lancer cahin-caha dans la globalisation, des zones d'ombre persistent. Avec la chute du Président Suharto, vint l'heure des bilans... et des successions. Son gendre, le général Prabowo Subianto, que d'aucuns considéraient comme son successeur, fut écarté de la route du pouvoir. Trop honnête ? Sanguinaire ? L'auteur de cet ouvrage souhaite corriger un malentendu, et participer ainsi à l'apaisement des consciences.
Cet ouvrage propose un panorama de la Thaïlande. À la fois géographique et historique, ce tour d'horizon d'un pays millénaire s'interroge aussi sur la place de ce pays face au monde et à la modernité, avec les problèmes actuels du développement économique et de la montée des nationalismes. Destination touristique parmi les plus recherchées, la Thaïlande est étudiée ici comme partie intégrante des nouvelles donnes économiques et politiques de l'Asie.
En Asie, la genèse des sociétés moderne s'effectue dans une crise permanente. Les transformations ont été introduites ou accélérées de façon plus ou moins forcée, par les états qui avaient fait des pays asiatiques leurs colonies ou les avaient placé dans leurs sphères d'influence économique, politique et culturelle. La soumission des peuples et de leur gouvernement a-t-elle jamais été réelle ? Elle n'a été toujours obtenue qu'à travers des guerres de conquête ; au-delà de celles-ci, les résistances, qu'elles aient été passives ou actives, n'ont pas cessé. La révolte est le réflexe primordial des peuples atteints dans leur indépendance mais plus encore dans l'intégrité de leur être culturel. C'est donc au plus profond de celui-ci que ces peuples puisent leurs références mobilisatrices, à la fois vigoureuses et vulnérables. Ces mythologies souffrent-elles de leur archaïsme ou davantage de ne pas avoir atteint l'universalité des doctrines et des méthodes impérialistes ? Apparemment les révoltes sont vouées à la défaite et, simultanément ou successivement, les réformes sont des tentatives d'éviter le retour des rébellions en réajustant partiellement les politiques aux revendications des groupes sociaux. Est-ce parce que les réformes n'atteignent jamais l'intégralité et la radicalité qu'elles échouent ou du moins perdent de leur efficacité? Les réformes manquées et les révoltes brisées inspirent les projets et les volontés révolutionnaires. La révolution vise au renversement d'une situation de fait mais est-ce sa seule radicalité qui lui insuffle sa force principale ? N'est-ce pas plutôt que les doctrines dont les révolutions s'inspirent : le nationalisme, le panasiatisme, l'islam, le communisme, ont en commum le dépassement des petites patries, des ethnies, des religions naturelles et des sectes. Grâce à elles, la révolution atteint la dimension universelle qui lui permet d'affronter l'impérialisme à armes égales ou presque. La réappropriation de l'indépendance nationale est accompagnée par le dessein de modernisation qui l'apparente à l'impérialisme mais lui permet de se poser en rival et en successeur légitime de ce dernier. C'est pourquoi la révolution, à son tour, engendre des structures qui ne feront pas nécessairement l'unanimité ; la révolte, la réforme et peut-être la révolution ou la contre-révolution existent, au moins virtuellement, dans la société révolutionnée. L'Asie du sud-est est une aire géographique, culturelle et politique beaucoup trop vaste pour que ce volume ait la prétention de la "couvrir". Les travaux rassemblés ici sont une première tentative d'exposer des études de cas sans prétention de théoriser. S'ils en appellent d'autres, ce livre aura prouvé son intérêt.
Chaque année, l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec), basé à Bangkok, mobilise une vingtaine de chercheurs et d'experts pour décrypter l'actualité régionale. L'Asie du Sud-Est - véritable carrefour économique, culturel et religieux - constitue un espace unique d'articulation des diversités sur la longue durée et le demeure plus que jamais aujourd'hui. Cette collection permet de suivre au fil des ans l'évolution des grands enjeux contemporains de cette région continentale et insulaire de plus de 640 millions d'habitants et d'en comprendre les dynamiques d'intégration régionale et de connectivités avec le reste du monde. L'Asie du Sud-Est 2019 propose une analyse synthétique et détaillée des principaux événements politiques, économiques et sociaux survenus en 2018 dans chacun des onze pays de la région, complétée par un focus sur deux personnalités de l'année et une actualité en image marquante. L'ouvrage propose également des dossiers thématiques qui abordent cinq sujets traités à l'échelle régionale : les dynamiques démographiques et les formes et processus d'urbanisation des grandes villes, le modèle de développement des zones franches d'exportation, les nouvelles routes de la soie et les investissements chinois et un état des lieux sur la peine capitale en Asie-du Sud-Est. Des outils pratiques sont également disponibles, dont une fiche et une chronologie par pays et un cahier réunissant les principaux indicateurs sociaux, économiques et environnementaux, ainsi qu'une synthèse des indicateurs démographiques commentée.
La population indonésienne a été pillée, affamée, humiliée et soumise à un semi-esclavage par plus de trois siècles de colonisation. Mais c'est aussi un peuple qui se libère lui-même contre les grandes puissances occidentales et qui instaure une véritable République démocratique qui sera détruite par les partisans d'un "Ordre nouveau". Après 33 années de dictature, la jeunesse indonésienne se dresse pour rétablir la démocratie. Elle y parvient en partie.
Retracer en lignes claires mais précises la grandeur de l'empire d'Angkor, conter l'histoire de ses rois et de leurs oeuvres, décrire la réalisation comme le symbolisme des impressionnants monuments que ces mêmes rois édifièrent par centaines au sein de leur domaine, suivre au fil des siècles l'évolution des styles des sculptures qui témoignent encore du génie de ce peuple khmer : telle est l'ambition de cet ouvrage.
Ce volume de la collection "Que sais-je" est paru en 1995, soit deux ans avant le rattachement d'Hong Kong à la Chine. Caprice de l'histoire, gageure politique, accident géographique, paradoxe démographique, miracle économique, on a tout dit à propos de Hong Kong. Blottie sur un territoire microscopique, cette colonie de la Couronne a vu sa population passer de 600 000 habitants à la fin de l'occupation japonaise, en 1945, à plus de 6 000 000 en 1995, grâce à l'action combinée de l'accroissement naturel et de périodes d'immigration massive de réfugiés en provenance surtout de la Chine continentale. Ce volume s'attache à décrire les travaux monumentaux accomplis afin de nourrir cette vaste population et la loger décemment, avec en toile de fond un avenir politique incertain.
L'histoire de Hisan se passe au Cambodge et raconte les massacres et les exactions des khmers rouges contre la population cambodgienne tout juste sortie de la colonisation. C'est par la bouche d'un témoin privilégié que nous parcourons cette époque difficile. Hisan connaîtra la misère avant d'être recueillie par les notables de la région et apprendra l'histoire de son pays par une vieille dame qui l'a vécue.
Inspirés par l'intérêt de leurs élèves pour l'histoire coréenne et par l'absence d'ouvrage dédié à ce domaine, les professeurs Park et Back ont créé un manuel de civilisation adapté aux besoins des étudiants en coréen. Le livre tisse les fils complexes de l'histoire et de la langue, et permet aux lecteurs de se plonger dans le passé tout en rendant possible l'acquisition d'un vocabulaire de haut niveau et une compréhension plus profonde de la culture coréenne. Le livre divise l'histoire prémoderne de la Corée en huit sujets, couvrant la politique, les relations étrangères, l'économie, la culture et bien plus encore, tous présentés de manière diachronique. Chaque chapitre propose des activités de lecture, d'écriture et de prise de parole, pour faciliter l'accès à la culture et à l'histoire en les intégrant à l'apprentissage avancé de la langue.
Le 13 novembre 2010, Aung San Suu Kyi, héroïne de l'opposition à la junte, est libérée après des années de lutte et de captivité. Prix Nobel de la paix en 1991 et fi lle du général Aung San, père de l'indépendance, la Dame de Rangoun préside depuis 2016 aux destinées de la Birmanie et tente de rendre à son pays une place digne de son histoire millénaire. Au carrefour de l'Asie, abritant une diversité culturelle et linguistique unique, la Birmanie s'ouvre depuis peu au monde. Après des décennies d'isolement et d'ostracisme sous le joug d'une junte militaire brutale, un afflux massif de capitaux étrangers, une croissance économique soutenue et un développement touristique remarquable permettent au pays de s'imposer comme un acteur régional incontournable. En dépit de ces progrès, la Birmanie fait face à d'importants défis. Le processus de démocratisation initié en 2010 après la libération d'Aung San Suu Kyi demeure fragile et subordonné à une armée birmane toujours présente au coeur du pouvoir, tandis que les tensions ethniques et religieuses qui divisent le pays depuis son indépendance perdurent sans grand espoir de résolution prochaine, comme en témoigne le regain de violence visant la minorité musulmane rohingya depuis 2012. En retraçant pour la première fois l'histoire de la Birmanie de ses origines aux temps des premiers rois de Pagan jusqu'à nos jours, cet ouvrage nous offre une perspective idéale pour appréhender ce pays en pleine mutation et tenter de mieux le comprendre dans toute sa complexité et sa richesse.