Musiques du monde
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Bruno Blum explore les rapports entre les musiques caribéennes et états-uniennes, interdépendantes depuis des siècles. Il analyse les musiques créoles, le lien entre la musique et les rites, le jazz et blues des Caraïbes. Il revient sur la naissance et le développement des musiques populaires telles que le konpa (Haïti), le calypso (Trinidad), le mambo (Porto Rico) ou le quelbe (îles Vierges). C'est aux Caraïbes que la fusion entre les musiques d'Afrique et d'Europe s'est opérée, donnant naissance aux musiques américaines modernes et à une multitude de rythmes et styles dont le blues, le jazz, le rap, le mambo ou le cha-cha.
Les Cols Bleus de Rigadin Mavoungou représentent un pan important de l'histoire musicale du Congo, entre 1965 et 1972, mais aussi de l'histoire politique. Né à Pointe-Noire en 1965, c'est l'un des groupes emblématiques du genre musical « groupe vocal ». L'auteur retrace ici le discours musical de ce groupe, qui a chanté et accompagné les idéaux poursuivis par les révolutionnaires congolais, et répond à trois questions. Quel a été l'apport des Cols Bleus à la jeune génération des artistes et mélomanes de la République du Congo ? Leur musique a-t-elle impacté la vie sociopolitique du pays ? Quel est leur héritage aujourd'hui ? Cette étude s'appuie sur des informations collectées dans la presse de l'époque (La Semaine Africaine, Dipanda et Etumba), auprès des personnes ressources, notamment d'anciens musiciens encore en vie, et sur les réseaux sociaux, principalement sur YouTube.
Ce livre constitue une véritable «Bible» indispensable pour tous les découvreurs, amateurs ou spécialistes du jazz. L'introduction met en avant les aspects historiques, musicologiques, sociologiques, psychologiques et psychanalytiques de ce genre musical, ce qui constitue une originalité peu courante et éclairante. La seconde partie, la plus importante, propose, sous forme de fiches, une encyclopédie alphabétique des standards du genre. Au-delà de l'analyse de plus de 140 titres aujourd'hui classiques, avec leur première apparition sur disque et leurs principales reprises jusqu'à aujourd'hui, cela donne lieu à des portraits biographiques de plus de soixante représentants du jazz : chanteuses, chanteurs, compositeurs et/ou musiciens, illustres ou peu connus.
Artiste au sens fort du terme, Lhasa de Sela a séduit les mélomanes du monde entier avec ses chansons multilingues, son timbre de voix unique, feutré, et sa présence envoûtante sur scène. Elle se permettait tous les mélanges, de la musique gitane aux rancheras mexicaines, du country-folk américain au jazz en passant par la chanson française et les mélodies sud-américaines. Son album La Llorona a profondément marqué les esprits, remportant un extraordinaire succès public et critique. Un BBC World Music Award lui a été décerné pour The Living Road. Elle a succombé à un cancer du sein en 2010 à l'âge de trente-sept ans seulement, après avoir enregistré un dernier album. Fred Goodman signe la première biographie de cette chanteuse hors norme, lui qui n'a découvert Lhasa de Sela qu'à son décès, constatant à regret qu'elle était inconnue dans son pays d'origine, les États-Unis. Élevée dans une famille hippie voyageant entre les États-Unis et le Mexique dans un autobus scolaire transformé en caravane, Lhasa a été exposée toute son enfance et son adolescence au monde des arts, aux cultures et aux territoires, comme autant de préambules à sa trajectoire singulière de femme et de chanteuse. S'il se montre fasciné et admiratif, Goodman n'est pas pour autant complaisant. Bohémienne, Lhasa n'en était pas moins ambitieuse, exigeante et imprévisible.L'auteur a rencontré plusieurs musiciens québécois liés à Lhasa comme Bïa, Patrick Watson, Thomas Hellman et, bien sûr, Yves Desrosiers, intimement lié à la production du mythique La Llorona. Montréal, où un parc du quartier Mile End porte son nom, a été un lieu central dans sa vie trop brève. La voix de celle qu'on appelait surtout par son prénom résonne encore dans les rues de Montréal et dans le coeur des Québécois. Il allait de soi qu'une traduction en français de cette biographie étoffée prenne forme dans cette même ville.
La rumba congolaise a été inscrite en décembre 2021 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO. Cet aboutissement a été l'oeuvre d'une collaboration réussie entre la République du Congo et la République démocratique du Congo. En guise de célébration, plusieurs manifestations ont eu lieu à travers le monde. Cet ouvrage retrace, à sa manière, la trajectoire d'inscription dite "la scène en 10 actes" mettant en lumière le travail abattu par la commission scientifique mixte au sein de laquelle l'auteur a oeuvré en qualité de rapporteur. Le récit débute par une autobiographie et s'achève par une esquisse de suivi des engagements de la Stratégie de promotion et de sauvegarde de la rumba congolaise. Il offre également l'histoire à vol d'oiseau de la rumba congolaise et en évoque des thèmes transversaux, notamment avec des encadrés de Charles-Didier Gondola (sape) et de Rodrigue Nzelokuli (tourisme). Par ailleurs, l'auteur fournit aux lecteurs une annexe ordonnée de 500 mabanga, un des phénomènes de la musique congolaise moderne.
Ce livre décrypte cent chansons tirées de la riche et très abondante discographie de la rumba congolaise, danse récemment inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Ces chansons, minutieusement choisies, ont le mérite d'avoir marqué leur temps et de révéler l'environnement sociétal qui les entourait. Le lecteur découvrira aussi les personnages et les événements qui y sont associés, sur fond de nombreux faits de société et d'anecdotes. Enfin, L'âge d'or de la rumba expose certaines facettes de la vie et des accomplissements des auteurs et artistes de la rumba, ce qui en fait une importante source d'information pour la connaissance de la musique congolaise moderne.
Le terme "reaggaeton" est apparu pour la première fois à Porto Rico. C'est sur cette île que ce nouveau genre musical se développe, se modernise et prend un autre registre qui suscite à la fois ferveur et polémique. C'est un genre hybride, composé de rythmes populaires tels que le reggae, le hip-hop, le rap, la salsa, la bachata... Cet ouvrage cherche à comprendre pourquoi il plaît et, surtout, en quoi il contribue à la dynamique d'innovation, dans le complexe processus de construction d'identités et de différences en Amérique latine.
Dans les oeuvres musicales du Mali, certaines chansons ont un contenu audacieux par la profondeur de la pensée, de la philosophie qu'elles véhiculent, souvent en plein coeur de régimes dépourvus de modération. D'autres ont des allures du fantastique noir, au bout duquel apparaît l'homme transformé en objet jusqu'à sa perdition. Naman, Fognana Kuma, Mariama Kaba et Sanikégniba font partie du large répertoire des chants qui font réfléchir, mais aussi pleurer. En tant que chants et drames, ils permettent donc de dévoiler des choses dissimulées, induites à travers les messages.
L'Argentine voit exploser le rap qui se substitue au légendaire tango. Véritable phénomène de société, expression de marginalité ou composante identitaire, il débarque de plein fouet sur la scène musicale et redessine les contours artistiques du pays. Rap d'ici raconte la naissance de cet événement et aborde les origines du rap et du hip-hop en Argentine. En retraçant l'émergence du mouvement depuis ses débuts jusqu'en 1993, et au travers d'entretiens avec les protagonistes eux-mêmes ainsi que de nombreuses archives, cet ouvrage reconstitue la chronologie de la pratique du rap en Amérique latine. Des premières cassettes passées sous le manteau aux rap battles des coins déserts, en passant par les premiers shows clandestins tout en débrouille et inventivité, ce recueil permet de mieux comprendre cette déferlante culturelle et musicale issue des ghettos américains.
S'inspirant des sound system jamaïcains, Massilia Sound System n'a de cesse de réveiller les foules et de rassembler les générations depuis 1984 avec un enthousiasme et un optimisme communicatifs. La formation marseillaise réunit autour d'elle et de son label Rèker Promocion tout un panel d'artistes, d'occitanistes et de fans (le posse) qu'elle invite régulièrement sur scène. Mais Massilia Sound System ne se contente pas de « mettre le oai ». Grâce à un son unique empreint de sonorités folkloriques, de reggae, de musiques indiennes, électroniques ou drum'n'bass, le groupe est un ardent défenseur de la culture et de la langue occitanes. Le micro devient un moyen d'expression vif qui prône - tantôt en provençal, tantôt en français - la liberté et rejette l'oppression. Autant d'idées sérieuses et fédératrices exprimées dans un franc-parler percutant et souvent drôle. Camille Martel est né en 1986. Il est un journaliste et musicien basé à Montpellier.
« Avant d'être femme, avant d'être noire, je suis un être humain. Née dans une famille de dix enfants, au Bénin, j'ai reçu une éducation atypique. Mes parents étaient féministes : filles comme garçons, nous allions tous à l'école et participions équitablement aux tâches ménagères. Ils ne nous dictaient jamais notre conduite mais nous incitaient à nous remettre en question. Nous avons appris à associer la tête et le coeur à nos réflexions. Cela me définit bien : je suis cette personne à qui on a enseigné la tolérance. Et la musique, bien sûr, est inscrite au coeur de ma personnalité. Mon père jouait du banjo, ma mère chantait. C'est elle qui m'a appris à chanter. » Angélique Kidjo est l'une des plus grandes voix venue d'Afrique. Décrétée "première diva africaine" par le Time Magazine, couronnée de quatre Grammy Awards, elle associe avec brio la beauté des musiques traditionnelles de son Bénin natal à l'énergie d'autres genres : pop, jazz, reggae... Chacun de ses albums est intimement lié à l'histoire de l'Afrique et à la défense des droits humains : esclavage, apartheid, égalité des sexes. Elle considère l'éducation comme un impératif visant à garantir justice et paix dans le monde. Ambassadrice de bonne volonté à l'Unicef depuis 2002, elle a créé sa propre fondation, Batonga, en 2006. Sa musique touche, rapproche et fédère: une main toujours tendue vers l'autre. Entretiens menés par Sophie Lhuillier
Édition revue et augmentée De ses débuts parfois difficiles sur la scène musicale en France et en Afrique jusqu'au triomphe de " Soul Makossa " (1972), de ses années passées à la tête de l'orchestre de Nino Ferrer à ses boeufs avec les plus grands (Fela, Herbie Hancock, Bob Marley), ce livre retrace l'itinéraire d'un géant de la musique. Dans cette Afrique à laquelle il restera toujours attaché et qui va l'aduler ; en cette France qui le consacre de son vivant avec des conservatoires de musique portant son nom ; et dans le reste du monde, partout c'est une star. Dans ses mémoires, le patriarche jette un regard lucide sur l'Afrique et le monde. Il nous les présente tels qu'ils sont et tels qu'il les voit dans ses rêves.