Philippe Bordas
Philippe Bordas
"Rabelais nommait Parrhésiens les vrais Parisiens, ceux dotés de la forte parole et du courage de tout jeter à la face d'autrui. Il fut un temps, pas si lointain, où les habitants de Paris ne parlaient pas le français actuel, si exsangue et dilué, mais cette langue de forte sève célébrée par Rabelais. Ces spécimens d'ancienne roche avaient vu le jour dans les quartiers populaires et grandi sur les berges de Seine. D'année en année, la hausse des loyers les avait repoussés aux banlieues limitrophes, boutés hors des beaux immeubles où s'étaient installés de nouveaux venus, riches en capitaux, mais de pauvre langage. Un jour, par hasard, alors que je pensais ces Parrhésiens disparus à jamais et leur langue évanouie pour toujours, j'avais découvert, dans une ruelle de Montparnasse, un repaire de grandes gueules et de crache-feu où les vieux bisons revenaient à la nuit tombée, tels les zombies sortis de terre des films de John Carpenter."
"Rabelais nommait Parrhésiens les vrais Parisiens, ceux dotés de la forte parole et du courage de tout jeter à la face d'autrui. Il fut un temps, pas si lointain, où les habitants de Paris ne parlaient pas le français actuel, si exsangue et dilué, mais cette langue de forte sève célébrée par Rabelais. Ces spécimens d'ancienne roche avaient vu le jour dans les quartiers populaires et grandi sur les berges de Seine. D'année en année, la hausse des loyers les avait repoussés aux banlieues limitrophes, boutés hors des beaux immeubles où s'étaient installés de nouveaux venus, riches en capitaux, mais de pauvre langage. Un jour, par hasard, alors que je pensais ces Parrhésiens disparus à jamais et leur langue évanouie pour toujours, j'avais découvert, dans une ruelle de Montparnasse, un repaire de grandes gueules et de crache-feu où les vieux bisons revenaient à la nuit tombée, tels les zombies sortis de terre des films de John Carpenter."
Solaire et musicale, Mylena est de l'étoffe féerique dont son amant rêve d'habiller le français. Détaché de son ancienne vie, chargé de son vélo et de ses écrits, ce dernier prend le train un matin et traverse les brumes, de Paris jusqu'à Heidelberg, où l'attend Mylena. Là, dans un chalet perché au coeur des bois, le narrateur réinvente sa vie. À travers monts et forêts, il pédale tout le jour, puis rejoint la jeune femme dans son nid d'aigle, mais les nuits souvent le ramènent au souvenir de ses vingt ans, quand il quitta la banlieue de béton de son enfance pour les classes de lettres supérieures. L'histoire intense de ce nouvel amour alterne avec les réminiscences des heures terribles vécues dans ces classes d'élite, quand, enfui de la cité des mauvais parlers, le narrateur vit la promesse de haute langue française céder la place à l'apprentissage de langues maléfiques. Au fond de ces mêmes vallées boisées du Neckar s'est retiré un ancien camarade de classe, auprès de qui le narrateur découvrira le secret de ces sortilèges subis à vingt ans. Dans Cavalier noir se mêlent l'amour d'une femme et l'amour de la langue. L'écriture singulière et sensuelle de Philippe Bordas ouvre à la traversée envoûtante des forêts et des paysages encore pleins de l'empreinte des poètes romantiques allemands.
Solaire et musicale, Mylena est de l'étoffe féerique dont son amant rêve d'habiller le français. Détaché de son ancienne vie, chargé de son vélo et de ses écrits, ce dernier prend le train un matin et traverse les brumes, de Paris jusqu'à Heidelberg, où l'attend Mylena. Là, dans un chalet perché au coeur des bois, le narrateur réinvente sa vie. À travers monts et forêts, il pédale tout le jour, puis rejoint la jeune femme dans son nid d'aigle, mais les nuits souvent le ramènent au souvenir de ses vingt ans, quand il quitta la banlieue de béton de son enfance pour les classes de lettres supérieures. L'histoire intense de ce nouvel amour alterne avec les réminiscences des heures terribles vécues dans ces classes d'élite, quand, enfui de la cité des mauvais parlers, le narrateur vit la promesse de haute langue française céder la place à l'apprentissage de langues maléfiques. Au fond de ces mêmes vallées boisées du Neckar s'est retiré un ancien camarade de classe, auprès de qui le narrateur découvrira le secret de ces sortilèges subis à vingt ans. Dans Cavalier noir se mêlent l'amour d'une femme et l'amour de la langue. L'écriture singulière et sensuelle de Philippe Bordas ouvre à la traversée envoûtante des forêts et des paysages encore pleins de l'empreinte des poètes romantiques allemands.
"Chaque soir, Natacha m'apprend la respiration. Elle me donne le sens de Paris et son goût de mer. Dans mon carnet à spirale, j'ai copié un vers ancien qui revêt sa personne comme une peau d'agneau. Elle est née de Paris, bercée à la fontaine des Orateurs sacrés, mais tout en elle, même son habit, supplante l'arrogance des Parisiennes. D'une gaze d'amnésie, elle tamise la violence du monde. Elle n'aperçoit ni les pavés disjoints ni la ronde des séducteurs. Elle oublie la monnaie sur la coupelle de la pharmacie du drugstore. Ses parapluies restent dans l'autobus et voyagent du Pont-Neuf jusqu'à la porte de Châtillon. Ses pupilles sont envahies d'ajours où des feuilles de bouleau tourbillonnent dans un ciel de Lituanie. Ses yeux regardent pour moi. Son odeur ne me quitte plus. Aux mondes hauts, moyens et bas préside Natacha." OEuvre lyrique et magnétique, troublante comme un parfum de femme, Coeur-Volant rassemble dans un même bouquet la note subtile de l'amour courtois et l'arôme violent du Paris moderne.
"Chaque soir, Natacha m'apprend la respiration. Elle me donne le sens de Paris et son goût de mer. Dans mon carnet à spirale, j'ai copié un vers ancien qui revêt sa personne comme une peau d'agneau. Elle est née de Paris, bercée à la fontaine des Orateurs sacrés, mais tout en elle, même son habit, supplante l'arrogance des Parisiennes. D'une gaze d'amnésie, elle tamise la violence du monde. Elle n'aperçoit ni les pavés disjoints ni la ronde des séducteurs. Elle oublie la monnaie sur la coupelle de la pharmacie du drugstore. Ses parapluies restent dans l'autobus et voyagent du Pont-Neuf jusqu'à la porte de Châtillon. Ses pupilles sont envahies d'ajours où des feuilles de bouleau tourbillonnent dans un ciel de Lituanie. Ses yeux regardent pour moi. Son odeur ne me quitte plus. Aux mondes hauts, moyens et bas préside Natacha." OEuvre lyrique et magnétique, troublante comme un parfum de femme, Coeur-Volant rassemble dans un même bouquet la note subtile de l'amour courtois et l'arôme violent du Paris moderne.
Photographe, Mémos est contacté par un éditeur pour suivre Zinedine Zidane jour et nuit, pendant trois mois, afin de réaliser un livre sur le champion en pleine gloire. Une connivence immédiate s'établit entre les deux hommes. Issus des quartiers difficiles, ils parlent la même langue. Par-delà le tourbillon de la vie de Zidane, prince des stades et idole médiatique, le roman raconte surtout la quête de Mémos, venu du parler rudimentaire et rageur des cités, parti à la conquête de la haute langue de Chrétien de Troyes, Rabelais, Saint-Simon et Céline. Tissé à l'intention d'un ami aveugle admirateur de Zinedine, qui n'a jamais vu son visage ni ses dribbles virtuoses, le récit de Mémos prend une dimension épique et flamboyante, pour devenir une chanson de geste moderne. Faisant revivre la bande de gamins dépenaillés débarquant jadis à la gare du Nord comme des barbares, il ne se contente pas de rendre hommage à ces êtres que personne ne défend, il leur offre une existence de pleine lumière et invente pour eux un français riche et vivant, réconciliant la langue d'en bas et celle d'en haut, autour de la figure mythologique et solaire de Zinedine Zidane. Philippe Bordas signe ici une oeuvre littéraire d'une puissance exceptionnelle.
Plongez dans Chant furieux, une épopée littéraire où Philippe Bordas mêle la légende de Zinedine Zidane à une quête linguistique audacieuse.
Découvrez en un seul ebook les premiers chapitres des 21 romans phares de la rentrée littéraire 2014 chez Gallimard.