Panaït Istrati
Panaït Istrati
Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Panaït Istrati. "Les chardons du Baragan" est sans doute l'oeuvre qui illustre le plus parfaitement, tant par les thèmes que par l'écriture, ce que Panaït Istrati a apporté d'unique à la littérature française. Roman d'apprentissage d'un enfant de la plaine du Baragan, en Valachie, qui, à la suite de son père, un pauvre marchand ambulant, sillonne les campagnes de la Roumanie encore presque féodale du début du XXe siècle, "Les chardons du Baragan" est aussi une sorte de roman picaresque exotique d'une étonnante puissance. Dans un français dépouillé de toute rhétorique, qui fait lever des images pleines de couleur et de relief, Panaït Istrati mêle le lyrisme et le réalisme, révèlant jusqu'à l'âme un monde de dénuement et de sauvagerie hanté par de splendides légendes et écrasé par les traditions de la servitude, mais qu'un incident fait basculer en un instant de la résignation désespérée dans la révolte.
Gamin dans une petite ville roumaine le long du Danube, le narrateur rêve d'aventures et d'horizons lointains. Curieux et débrouillard, il découvre le monde à travers son Dictionnaire universel et travaille dans une taverne jusqu'au jour où les circonstances le poussent à quitter son pays. Il s'embarque alors en rêvant de la France... Anecdotes savoureuses et personnages hauts en couleur forment la trame des souvenirs de jeunesse de l'écrivain et aventurier Panaït Istrati.
L'enfance et la jeunesse d'Adrien Zograffi se situent dans une misérable banlieue du port de Braila, sur les bords du Danube. Adrien devient le protégé de Codine, le bon géant. Puis il se fait vagabond et, pendant huit ans, a Mikhaïl pour inséparable compagnon. À Alexandrie, Le pêcheur d'éponges lui raconte sa vie. Autant d'histoires qui pourraient elles aussi s'appeler Mes départs. Avec ces quatre textes, qui composent La jeunesse d'Adrien Zograffi, Panaït Istrati, qui ressemble à son héros, nous offre un chant d'amour, de justice et de liberté.
L'enfance et la jeunesse d'Adrien Zograffi se situent dans une misérable banlieue du port de Braila, sur les bords du Danube. Adrien devient le protégé de Codine, le bon géant. Puis il se fait vagabond et, pendant huit ans, a Mikhaïl pour inséparable compagnon. À Alexandrie, Le pêcheur d'éponges lui raconte sa vie. Autant d'histoires qui pourraient elles aussi s'appeler Mes départs. Avec ces quatre textes, qui composent La jeunesse d'Adrien Zograffi, Panaït Istrati, qui ressemble à son héros, nous offre un chant d'amour, de justice et de liberté.
Codine fait partie d'un cycle de quatre récits qui composent la jeunesse d'Adrien Zograffi, personnage récurrent de l'oeuvre de Panaït Istrati et à portée autobiographique. Adrien Zograffi et sa mère, blanchisseuse, viennent d'emménager dans la Comorofca, un quartier pauvre de Braïla, à l'est de la Roumanie. Adrien est un garçon pauvre, bien élevé, propre sur lui, poli, qui ne s'intègre pas aux bandes qui jouent au foot dans la rue, tous dépenaillés et grossiers. Un jour, il fait la connaissance du « géant du port », le forçat au grand coeur, le fameux Codine, voyou redouté de tous tant pour sa force que sa violence. Tous deux se lient d'une amitié forte et exclusive, ils deviennent « frère de croix ». Mais la fatalité rattrapera bien vite le grand Codine... Panaït Istrati est né à Braïla en 1884 et mort à Bucarest en 1935. On le surnommait le « Gorki des Balkans ». C'est un écrivain autodidacte, de langue française, ami de Boris Souvarine et de Victor Serge. Longtemps oubliée, son oeuvre retrouve aujourd'hui sa place de prédilection.
Singulier destin que celui de ces lettres ! Traitant de sujets "sensibles" en des temps de "guerre froide", leur publication fut différée pendant quarante ans (de 1947 à 1987) car il s'agissait là d'une véritable bombe idéologique. Cette correspondance croisée, bien loin de n'être que l'évocation de la rencontre et de l'amitié entre ces deux hommes, est aussi et surtout un document psychologique et un acte politique. En 1987, quelque peu hâtivement, fut proposée une version aux transcriptions incomplètes ou réécrites ("francisation" des textes d'Istrati). En 1990, une nouvelle édition parut, mais sans l'indispensable fidélité aux autographes. Il convient d'en procurer enfin une version intègre, à défaut de pouvoir être intégrale, des lettres ayant été perdues, voire détruites. Ainsi, par souci d'authenticité et afin de rendre évident le travail opiniâtre d'Istrati pour maîtriser une langue qui n'était pas celle "maternelle", c'est le texte brut des lettres qui est donné, toute francisation étant exclue. Cette correspondance nous renseigne sur une "politique de l'Amitié" telle que la concevait et la vivait chacun d'eux, sur leurs illusions et leurs contradictions quand ils entendaient ériger une mythique "indépendance de l'Esprit" face aux pouvoirs et aux totalitarismes du XXe siècle. Elle révèle aussi que, l'Histoire ayant fait irruption plus qu'en d'autres siècles dans la vie des peuples et des individus, amitiés et amours n'ont pu y échapper et, parfois, n'y ont pas résisté... C'est ce qu'il advint à ces deux hommes. À la fusion lyrique des débuts succède la prise de conscience de divergences irréversibles. Ces lettres sont inséparables des engagements comme des errements politiques de l'époque, où le refus de l'indifférence, le courage, l'exigence de vérité ont pu se transformer en crédulité, en sectarisme. La fin ne peut qu'être tragique. André Gide pensait que le monde serait sauvé par "les hérétiques" et non par les conformistes. Aux lecteurs d'en juger sur pièces.
Singulier destin que celui de ces lettres ! Traitant de sujets "sensibles" en des temps de "guerre froide", leur publication fut différée pendant quarante ans (de 1947 à 1987) car il s'agissait là d'une véritable bombe idéologique. Cette correspondance croisée, bien loin de n'être que l'évocation de la rencontre et de l'amitié entre ces deux hommes, est aussi et surtout un document psychologique et un acte politique. En 1987, quelque peu hâtivement, fut proposée une version aux transcriptions incomplètes ou réécrites ("francisation" des textes d'Istrati). En 1990, une nouvelle édition parut, mais sans l'indispensable fidélité aux autographes. Il convient d'en procurer enfin une version intègre, à défaut de pouvoir être intégrale, des lettres ayant été perdues, voire détruites. Ainsi, par souci d'authenticité et afin de rendre évident le travail opiniâtre d'Istrati pour maîtriser une langue qui n'était pas celle "maternelle", c'est le texte brut des lettres qui est donné, toute francisation étant exclue. Cette correspondance nous renseigne sur une "politique de l'Amitié" telle que la concevait et la vivait chacun d'eux, sur leurs illusions et leurs contradictions quand ils entendaient ériger une mythique "indépendance de l'Esprit" face aux pouvoirs et aux totalitarismes du XXe siècle. Elle révèle aussi que, l'Histoire ayant fait irruption plus qu'en d'autres siècles dans la vie des peuples et des individus, amitiés et amours n'ont pu y échapper et, parfois, n'y ont pas résisté... C'est ce qu'il advint à ces deux hommes. À la fusion lyrique des débuts succède la prise de conscience de divergences irréversibles. Ces lettres sont inséparables des engagements comme des errements politiques de l'époque, où le refus de l'indifférence, le courage, l'exigence de vérité ont pu se transformer en crédulité, en sectarisme. La fin ne peut qu'être tragique. André Gide pensait que le monde serait sauvé par "les hérétiques" et non par les conformistes. Aux lecteurs d'en juger sur pièces.
Kyra Kyralina | Les Récits d'Adrien Zograffi | est un recueil de nouvelles de l'écrivain roumain de langue française Panaït Istrati, paru en 1924. 1-STAVRO LE FORAIN 2-KYRA KYRALINA 3-DRAGOMIR Extrait |...Dans la Tchétatzoué, on était chez ma mère, nous ne fichions rien de tout le jour, on s'amusait... L'hiver, on buvait du thé, l'été des sirops, et toute l'année on mangeait des cadaïfs, des saraïliés, on buvait du café, on fumait des narguilés, on se maquillait et on dansait... C'était une belle vie... Oui, c'était une belle vie, sauf les jours où le père ou son fils ou bien les deux faisaient irruption au milieu de la fête et assommaient la mère, assénaient des coups de poings à Kyra, et me cassaient leur bâton sur la tête, car maintenant je faisais moi aussi partie de la danse. Comme nous parlions couramment le turc, ils appelaient les deux femmes des patchaouras et moi, kitchouk pézévéngh. Les deux malheureuses se jetaient aux pieds de leurs tyrans, leur enlaçaient les jambes et les priaient de ménager leurs visages : « Pas sur le visage ! » criaient-elles , au nom du Seigneur et de la sainte Vierge, ne frappez pas la figure !... Ne touchez pas aux yeux !... Pardon !... » Ah ! la figure, les yeux, la beauté de ces deux femmes !... Il n'en existait pas une qui eût pu leur tenir tête !... Elles avaient des cheveux d'or, et longs jusqu'aux jambes , le teint blanc , les sourcils, les cils et les prunelles noirs comme l'ébène...|
Les Chardons du Baragan est un roman de l'écrivain roumain de langue française Panaït Istrati, paru en 1928. Il est conçu à la fois comme une autobiographie fictive et un roman picaresque et d'apprentissage. |Source Wikipédia| Extrait |...À ces paroles sombres, femme et marmaille toussotent et frémissent à leur tour, par habitude : - Partie, la cigogne ? - Partie... Alors le Baragan prend le commandement ! Il le fait, d'abord passivement, comme un homme qui se coucherait face au sol, et ne voudrait plus se lever ni mourir. C'est un géant ! Étendu, depuis l'éternité, sur toutes les terres que le soleil grille entre la dolente Yalomitsa et le Danube grognon, le Baragan est, durant le printemps et l'été, en guerre sournoise avec l'homme laborieux qu'il n'aime pas et auquel il refuse tout bien-être, sauf celui de se promener et de hurler. C'est pourquoi on crie partout, dans les pays roumains, à celui qui se permet trop de libertés en public : - Hé, là ! Est-ce que tu te crois sur le Baragan ?...|