Michel Crépu
Michel Crépu
« Il y a donc des dictatures diverses. Il y en a pour tout le monde et un peu pour tous les goûts. Ceux qui en rejettent l'idée avec horreur s'en accommoderaient très bien et, souvent, s'y acheminent sans s'en douter. Ceux qui la désirent seraient parfois bien déçus si elle triomphait. » Jacques Bainville
Deux illustres intellectuels aux prises avec le passé, le présent et l'avenir de l'Occident dans une nouvelle collection Perrin/Robert Laffont. dirigée par Etienne de Gail.
Dernier ouvrage de l'académicien Jacques Bainville publié de son vivant, ce texte paru en 1935 dresse l'histoire des dictateurs à travers les âges." La dictature n'a pas de causes uniformes. Elle peut être une réaction de défense contre l'anarchie et la ruine et contre les effets de la démocratie portée à sa dernière conséquence [...]. Elle peut être au contraire pour la démocratie égalitaire et anticapitaliste le moyen de vaincre les forces qui lui résistent et de s'imposer. Il y a donc des dictatures diverses. Il y en a pour tout le monde et un peu pour tous les goûts. Ceux qui en rejettent l'idée avec horreur s'en accommoderaient très bien et, souvent, s'y acheminent sans s'en douter. Ceux qui la désirent seraient parfois bien déçus si elle triomphait. " Qu'on l'appelle ou qu'on la déteste, il est donc essentiel de la connaître avec les visages divers qu'elle a pris au cours de l'histoire, puis, de nos jours, dans des pays si nombreux et si éloignés les uns des autres qu'on aurait probablement tort de n'y voir qu'une sorte de vogue quand elle est l'effet d'une loi ou d'une nécessité. " Jacques Bainville, 1935. Une histoire globale, toujours d'actualité.
Dans ce bref récit, Michel Crépu évoque la figure de sa mère, quelques temps après la mort de celle-ci. Le texte s'ouvre sur de très belles pages, des mots très justes, pour dire comme l'esprit de qui on aime s'abîme dans la vieillesse pour ne laisser aux proches qu'une enveloppe corporelle familière qui n'est plus la personne qu'on a connue. Il s'agit autant d'un hommage filial que d'une interrogation pudique comme devant le sacré sur ce que fut cette vie qui passe. L'auteur se garde bien de répondre; il propose des pistes, a recours à l'histoire familiale, aux anecdotes remâchées et transmises comme un héritage qui tiendrait dans un baluchon, aux souvenirs des unes et des autres, de certaines cousines qui auraient pu saisir les secrets féminins de cette mère aimée mais discrète. Chemin faisant, l'auteur arrive aux sources de lui-même, de sa propre psyché, de sa propre carrière. Il dit avec humilité et honnêteté comme son métier «d'homme de lettres» était loin de sa mère et n'était pas pour rien dans la fierté qu'elle avait de lui. Tout se passe comme s'il découvrait la littérature en même temps que le désir (ou le désir à travers la littérature) et qu'une pudeur alors s'immisce entre mère et fils. En racontant la vie de sa mère, jeune fille de 20 ans en 1945, «première main qualifiée chez Lelong», fille du sacristain de Chaillot, qui épouse un architecte d'Etampes, Michel Crépu retrace une époque, une destinée féminine dans le devoir et l'amour de sa famille. C'est sur le ton de la confidence qu'il nous parle, ce qui donne au texte une émotion contenue et la finesse d'un camée ancien.
Dans ce bref récit, Michel Crépu évoque la figure de sa mère, quelques temps après la mort de celle-ci. Le texte s'ouvre sur de très belles pages, des mots très justes, pour dire comme l'esprit de qui on aime s'abîme dans la vieillesse pour ne laisser aux proches qu'une enveloppe corporelle familière qui n'est plus la personne qu'on a connue. Il s'agit autant d'un hommage filial que d'une interrogation pudique comme devant le sacré sur ce que fut cette vie qui passe. L'auteur se garde bien de répondre; il propose des pistes, a recours à l'histoire familiale, aux anecdotes remâchées et transmises comme un héritage qui tiendrait dans un baluchon, aux souvenirs des unes et des autres, de certaines cousines qui auraient pu saisir les secrets féminins de cette mère aimée mais discrète. Chemin faisant, l'auteur arrive aux sources de lui-même, de sa propre psyché, de sa propre carrière. Il dit avec humilité et honnêteté comme son métier «d'homme de lettres» était loin de sa mère et n'était pas pour rien dans la fierté qu'elle avait de lui. Tout se passe comme s'il découvrait la littérature en même temps que le désir (ou le désir à travers la littérature) et qu'une pudeur alors s'immisce entre mère et fils. En racontant la vie de sa mère, jeune fille de 20 ans en 1945, «première main qualifiée chez Lelong», fille du sacristain de Chaillot, qui épouse un architecte d'Etampes, Michel Crépu retrace une époque, une destinée féminine dans le devoir et l'amour de sa famille. C'est sur le ton de la confidence qu'il nous parle, ce qui donne au texte une émotion contenue et la finesse d'un camée ancien.
En un sens, Le Corps de ses ombres est un récit de voyage, une expédition à l'intérieur d'une oeuvre considérée comme d'un "classique" et qui aujourd'hui fait figure de "terre inconnue". Tout nous sépare de lui : sa pensée, sa théologie, l'époque, l'absolutisme louis-quatorzien : c'est justement cet éloignement extrême qui peut faire l'objet d'une curiosité voyageuse. Cet homme mort en 1704 serait-il notre contemporain ? Il ne s'agit donc pas d'un retour à Bossuet, mais d'un voyage de l'autre côté de la frontière. Paul Hazard disait : "La France s'endort avec Bossuet, elle se réveille avec Voltaire". Ce qui est intéressant, c'est de mesurer aujourd'hui la puissance d'impact d'une écriture extraordinairement aboutie. Il y a même là une étrange fraîcheur : les thèmes de Bossuet sont indépendants des "modes" : la mort, la puissance, l'ambition, l'amour. Bossuet est proche des grands moralistes de son siècle : La Rochefoucauld, La Bruyère, qui étaient ses amis. On s'aperçoit aujourd'hui, même après Freud, qu'il y a là le dépôt d'un certain savoir sur la condition humaine, nullement dévalué. Le livre fait le pari que ce regard croise quelques unes de nos préoccupations spirituelles majeures. Bossuet, à sa manière, sombre, définitive, est le plus étrange de nos contemporains.
Ce livre est un tableau de circonstances, comme on le dit d'un changement d'époque. L'action se déroule vers 2017-2018 en France, contrée connue pour aimer les livres et la politique. Cette fois, le pays est servi. Tandis que s'écroulent les grandes familles idéologiques nées au XIXe siècle, le socialisme, le libéralisme, on voit surgir un nouveau monde, mêlé de start-up et de légumes bio. Personne ne sait comment s'appelle ce monde. C'est la nouvelle scène où brille l'astre Macron, peut-être pour mille ans. En trois petits mois, une page énorme a été tournée, renvoyant au néant d'anciennes célébrités. Le nom de François Fillon a été au centre de ce bouleversement. Donné vainqueur à l'Élysée, celui-ci a quitté la scène dans l'habit du vaincu. On a dit qu'il avait été "empêché". Par qui ? Par quoi ? Un adversaire, sûrement, mais du dedans ou du dehors ? Que nous dit cette minuscule tragédie ? La réponse à ces questions réveille toute une histoire remplie de portraits, d'épisodes, d'anecdotes qui disent le vrai de notre temps. Et quoi de plus amusant que le vrai ? À l'école du Bloc-notes de François Mauriac où la littérature et la politique s'alimentent à l'envi, loin des catéchismes militants, Un empêchement se veut surtout un bon moment de conversation.
Ce livre est un tableau de circonstances, comme on le dit d'un changement d'époque. L'action se déroule vers 2017-2018 en France, contrée connue pour aimer les livres et la politique. Cette fois, le pays est servi. Tandis que s'écroulent les grandes familles idéologiques nées au XIXe siècle, le socialisme, le libéralisme, on voit surgir un nouveau monde, mêlé de start-up et de légumes bio. Personne ne sait comment s'appelle ce monde. C'est la nouvelle scène où brille l'astre Macron, peut-être pour mille ans. En trois petits mois, une page énorme a été tournée, renvoyant au néant d'anciennes célébrités. Le nom de François Fillon a été au centre de ce bouleversement. Donné vainqueur à l'Élysée, celui-ci a quitté la scène dans l'habit du vaincu. On a dit qu'il avait été "empêché". Par qui ? Par quoi ? Un adversaire, sûrement, mais du dedans ou du dehors ? Que nous dit cette minuscule tragédie ? La réponse à ces questions réveille toute une histoire remplie de portraits, d'épisodes, d'anecdotes qui disent le vrai de notre temps. Et quoi de plus amusant que le vrai ? À l'école du Bloc-notes de François Mauriac où la littérature et la politique s'alimentent à l'envi, loin des catéchismes militants, Un empêchement se veut surtout un bon moment de conversation.
Alors qu'on assiste au crépuscule des grandes idéologies, rarement la difficulté d'admirer aura paru si sensible, si propice aux éclats polémiques. Pourtant, contre l'indifférence et le cynisme érigés en norme ou les emballements immédiats devant tout et n'importe quoi, l'admiration reste une force. La force de s'étonner et de s'incliner devant le beau, le sublime. Toutefois, admirer ne signifie pas se soumettre. C'est même en cela que l'admiration est le contraire de l'idolâtrie. Michel Crépu se penche sur les vertus et les dangers de l'admiration et revisite les oeuvres littéraires de Stendhal, Cioran, Chateaubriand, Céline, Heidegger ou Barthes, et de grandes figures historiques - Napoléon et Malraux notamment -, à la lumière de ce sentiment que Descartes qualifiait de « première des passions ».
Alors qu'on assiste au crépuscule des grandes idéologies, rarement la difficulté d'admirer aura paru si sensible, si propice aux éclats polémiques. Pourtant, contre l'indifférence et le cynisme érigés en norme ou les emballements immédiats devant tout et n'importe quoi, l'admiration reste une force. La force de s'étonner et de s'incliner devant le beau, le sublime. Toutefois, admirer ne signifie pas se soumettre. C'est même en cela que l'admiration est le contraire de l'idolâtrie. Michel Crépu se penche sur les vertus et les dangers de l'admiration et revisite les oeuvres littéraires de Stendhal, Cioran, Chateaubriand, Céline, Heidegger ou Barthes, et de grandes figures historiques - Napoléon et Malraux notamment -, à la lumière de ce sentiment que Descartes qualifiait de « première des passions ».
"Ce qui est inoubliable ne laisse pas de trace, c'est pourquoi on écrit tant de pages pour en avoir le coeur net. Enfant, je me réveillais, il faisait encore nuit. Ma main se posait sur le livre de chevet ; je sentais son épaisseur tiède, un animal de papier, nous venions de traverser ensemble le pays du sommeil. Il y avait un jardin, des voix, une maison au bord de la mer, et cette lumière chaude d'été qui embrasait la pièce d'une chaleur étrange. À tout cela se mêlait l'image de Jackie, la Cadillac noire descendant vers la Seine dans un lent tourbillon de feuilles rousses. Un jour d'automne du XXe siècle."
"Ce qui est inoubliable ne laisse pas de trace, c'est pourquoi on écrit tant de pages pour en avoir le coeur net. Enfant, je me réveillais, il faisait encore nuit. Ma main se posait sur le livre de chevet ; je sentais son épaisseur tiède, un animal de papier, nous venions de traverser ensemble le pays du sommeil. Il y avait un jardin, des voix, une maison au bord de la mer, et cette lumière chaude d'été qui embrasait la pièce d'une chaleur étrange. À tout cela se mêlait l'image de Jackie, la Cadillac noire descendant vers la Seine dans un lent tourbillon de feuilles rousses. Un jour d'automne du XXe siècle."
"Longtemps, j'ai été à me dire : "Quand mon père mourra, ce sera énorme." Je voyais ça comme une rupture d'ordre cosmique. Je n'arrivais pas à imaginer mon père absent du monde. Lui et le monde, ça faisait tout un. Cela était peut-être dû au fait que mon père, toute sa vie, a construit des maisons. Des années entières, il s'est débrouillé pour faire tenir debout des volumes dans l'espace. Crayon, T, équerre, gomme, compas, table à dessin : voilà pour les munitions, le carquois. Mon père en blouse blanche, noyé dans les calques, les devis, les plans, est une des images cardinales que je garde de son passage sur cette terre. Vous l'avez sûrement croisé. On ne pouvait pas le rater." Michel Crépu.
"Longtemps, j'ai été à me dire : "Quand mon père mourra, ce sera énorme." Je voyais ça comme une rupture d'ordre cosmique. Je n'arrivais pas à imaginer mon père absent du monde. Lui et le monde, ça faisait tout un. Cela était peut-être dû au fait que mon père, toute sa vie, a construit des maisons. Des années entières, il s'est débrouillé pour faire tenir debout des volumes dans l'espace. Crayon, T, équerre, gomme, compas, table à dessin : voilà pour les munitions, le carquois. Mon père en blouse blanche, noyé dans les calques, les devis, les plans, est une des images cardinales que je garde de son passage sur cette terre. Vous l'avez sûrement croisé. On ne pouvait pas le rater." Michel Crépu.
'Lecture, lacte simple qui rassemble, croise et disperse les mille et un livres dont sont faits ces Journaux des Deux Mondes. Lecture, pour dire le temps hors du temps des lectures, les griffonnages, les dévorations, la sieste et les promenades. Lecture enfin, ´r cause du mot lecture : une guitare dans le patio calme.' Michel Crépu.
'Lecture, lacte simple qui rassemble, croise et disperse les mille et un livres dont sont faits ces Journaux des Deux Mondes. Lecture, pour dire le temps hors du temps des lectures, les griffonnages, les dévorations, la sieste et les promenades. Lecture enfin, ´r cause du mot lecture : une guitare dans le patio calme.' Michel Crépu.
Mardi 11 septembre 2001. 6 h 30. Il fait encore sombre quand le président des États-Unis, en tenue de jogging, court en foulées rapides au milieu des bougainvilliers, entouré d'agents secrets qui lui éclairent le chemin. L'aube se lève doucement sur la Floride... 23 h 08. Pieds nus, en short, son chien dans les bras, suivi de sa femme et de son chat, George W. Bush dévale les escaliers de la Maison-Blanche vers le bunker souterrain, sous le regard inquiet de ses gardes du corps. C'est la dernière alerte de cette terrible journée. Que s'est-il passé entre ces deux moments ? Dans les tours en flammes, à l'intérieur des quatre avions détournés, mais aussi à bord d'Air Force One, à la Maison-Blanche, au Capitole, au Pentagone, dans les bases aériennes, les avions de chasse, les tours de contrôle, les abris où le gouvernement s'est réfugié ? Qu'ont fait le président, les ministres, les élus, les militaires, les services secrets ? Voici, minute par minute, le récit complet, dramatique et bouleversant, d'un jour de chaos : l'histoire vraie de ce 11 septembre qui a changé le monde. Durée : 07H59
« Elle : Tu aurais pu anticiper un peu, tout de même. Au lieu que là, l'impression générale est que tu ne maîtrises pas la situation. Lui : La situation la situation, tu me fais marrer avec la situation. Je ne suis pas Jean-Paul Sartre, tout de même. »
« Le colonel Dandrelin, du temps où, obscur bidasse, je lui rendais visite pour parler des grandes choses, me donnait l'impression d'avoir connu Napoléon. Son pied gelé de la Moskowa en témoignait devant l'Histoire. Le colonel se redressait dans son fauteuil et il s'exclamait devant son orteil sibérien : "mon petit Crépu, il va y avoir du sport !" » Michel Crépu
"Après ces années d'aventures, je ne suis sûr que d'une chose : je n'en aurai jamais assez. Je ne serai jamais saturé de vagues, de marées, de coquillages, de poissons et de baleines." À vingt ans, Albert Falco n'a rien : ni riche famille, ni brillante éducation. Rien, sauf une formidable passion pour la mer et des rêves d'évasion plein la tête... La réalité dépassera ses rêves d'enfant les plus fous. D'abord simple plongeur, puis chef de mission, enfin capitaine de la Calypso du commandant Cousteau, "Bébert" sillonne les océans, des Caraïbes à l'Alaska et des Seychelles à l'Antarctique. Nul n'a exploré autant d'épaves, accompli autant de plongées au royaume des murènes, des cachalots et des requins-baleines... Albert Falco rassemble ses souvenirs dans ce livre passionnant où l'on retrouve intact l'enthousiasme du jeune Marseillais.
"Après ces années d'aventures, je ne suis sûr que d'une chose : je n'en aurai jamais assez. Je ne serai jamais saturé de vagues, de marées, de coquillages, de poissons et de baleines." À vingt ans, Albert Falco n'a rien : ni riche famille, ni brillante éducation. Rien, sauf une formidable passion pour la mer et des rêves d'évasion plein la tête... La réalité dépassera ses rêves d'enfant les plus fous. D'abord simple plongeur, puis chef de mission, enfin capitaine de la Calypso du commandant Cousteau, "Bébert" sillonne les océans, des Caraïbes à l'Alaska et des Seychelles à l'Antarctique. Nul n'a exploré autant d'épaves, accompli autant de plongées au royaume des murènes, des cachalots et des requins-baleines... Albert Falco rassemble ses souvenirs dans ce livre passionnant où l'on retrouve intact l'enthousiasme du jeune Marseillais.
"La dictature est comme beaucoup de choses. Elle peut être la meilleure ou la pire des formes de gouvernement. Il y a d'excellentes dictatures. Il y en a de détestables." (Citation : Jacques Bainville) "Journaliste et historien français. Après ses études secondaires, un voyage en Allemagne lui fait découvrir la puissance de l'Empire allemand. Il se demande si la République française est suffisamment forte pour faire face à un si redoutable voisin. Peu après son retour, il entre en relation avec Charles Maurras dont il devient le disciple et l'ami. Il débute alors dans le journalisme à la Gazette de France et publie Louis II de Bavière (1900). Tout en continuant à s'intéresser aux affaires allemandes (Bismarck et la France parait en 1907). Lorsque L'Action française devient un quotidien en 1908, Charles Maurras lui confie le secteur de la politique étrangère, que Bainville détiendra jusqu'à sa mort. Pendant la guerre, il donne, sur le thème de l'ennemi héréditaire, un exposé cursif des relations franco-allemandes, Histoire de deux peuples (1915), puis, en 1916, il est chargé d'une mission officielle en Russie d'où il rentre très pessimiste. Peu après, il évoque avec ironie les engouements germanophiles de certains milieux intellectuels et politiques français du XIXe siècle dans l'Histoire de trois générations (1918), qui demeure un de ses meilleurs livres. La paix revenue, il déplore le maintien de l'unité allemande dans Les Conséquences politiques de la paix (1920) et marque les points de la carte sur lesquels ne manquera pas de s'exercer la poussée germanique qui fera sauter l'uvre des traités. En 1924 parait l'Histoire de France qui connait un énorme succès de librairie. Bainville est, depuis 1920, directeur de la Revue universelle et écrit, non seulement dans L'Action française, mais dans Le Petit Parisien, La Liberté, Candide, etc. Il publie Jaco et Lori (1927), Napoléon (1931) et, en 1935, La Troisième République. Il est élu la même année à l'Académie française. Les recueils de ses articles publiés après sa mort se lisent toujours avec intérêt : La Russie et la barrière de l'Est (1937), L'Angleterre et l'Empire britannique (1938), L'Allemagne (1939-1940)." Cit. François Léger (encyclopédie Universalis) "LES DICTATEURS", par Jacques Bainville. Principaux Chapitres : LE MONDE ANTIQUE. La grèce et ses « TYRANS » - ROME - LES TEMPS MODERNES - HISTOIRE ABRÉGÉE MAIS FANTASTIQUES DES DICTATURES EN AMERIQUE LATINE - PÉRIODE CONTEMPORAINE Format professionnel électronique © Ink Book édition.
"'Il en va aujourd'hui de l'auteur d'Atala comme de l'Afrique au temps de la Croisièe Noire : une terra incognita. En un sens son voeu cabot de finir oublié a été à demi exaucé. Tandis que son fantôme hante encore certaines nuits scolaires, sa musique essentielle demeure inaudible. Or c'est elle, bien entendu, qu'il nous importe de faire entendre."Peignant avec humour et érudition ce "jean-foutre qui avait raison sur les choses graves", Michel Crépu nous donne, outre le portrait de Chateaubriand, royaliste scandaleux, auteur des Mémoires d'outre-tombe, amant de Julie Récamier, écrivain méconnu à force d'être caricaturé en romantique, la chronique d'une époque qui vacille. De la pourpre consulaire aux chambres de jeunes filles, du christianisme heureux à Bonaparte, d'une veillée à Combourg aux châteaux de Prague, Michel Crépu ressucite un Chateaubriand autre, moderne et complexe.
Le Livre: « Quand j'ai commencé à écrire Quartier Général, je voulais explorer l'alchimie secrète d'un destin littéraire. Je pensais à une figure d'écrivain : non celle du « grandécrivain », trop évidente, mais celle, plus mystérieuse, du météore. Qu'est-il venu dire ? Quelle est sa trace ? Que peut-on en déduire ? En cours d'écriture, j'ai vu, presque malgré moi, se dessiner une époque. Dans le livre, celle-ci correspond à la période qui va du milieu des années 70 à l'extrême fin du XXème siècle. Quelques signaux sont là, comme des symptômes. Écroulement du communisme, déroute des « grands récits », disparition des avants gardes, avènement tranquille du nihilisme mou. Le météore s'appelle Baume. L'époque, il la traverse, il l'habite à sa façon, il est son étranger de l'intérieur. Une sorte d'ermite bizarre, expérimentateur à tout va, cynique, timide, fabulateur, pianiste de jazz, toqué de mystique, fils de collectionneur d'art, capable d'entraîner un honorable professeur du Collège de France dans un improbable délire archéologique, l'auteur enfin d'un seul livre qui donne son titre à celui-ci. Une femme apparaît, l'élément aérien du livre, elle s'appelle Claudia. Une certaine géographie organise l'ouvrage : Hambourg, Paris, New York, Prague, Calcutta, et plus loin encore. Le météore se déplace, il promène avec lui son secret. On est à la fois en relation avec une vie intérieure très dense et avec l'agitation carnavalesque du monde extérieur. Certaines forces sont en présence : méditantes, réflexives, grotesques, dérisoires. Arrivé à la fin, je ne suis pas sûr que Baume soit un écrivain. Plus j'ai voulu m'approcher de son énigme et plus celle-ci s'est renforcée : de sorte que ce livre est la vision de l'énigme bien plus que sa résolution. On s'est déplacé d'un pôle mélancolique via Prague et les fantômes de la mitteleuropa vers un pôle burlesque et chimérique pour basculer finalement dans un royaume d'opérette aux confins de l'Inde et du Népal. Manière comique de donner raison au fameux apocryphe de Malraux : le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas. Le spectacle est commencé. L'ensemble est raconté par un narrateur discret, Jacques Cambray, qui a été, en quelque sorte, le témoin de Baume. Il voit les choses à sa manière, on doit lui faire confiance. Chemin faisant, il construit un curieux objet littéraire. Autobiographie ? Portrait ? Journal ? Chronique ? Aventure ? Après tout, l'écrivain, c'est peut-être lui. » M.C.
Oui ou non, le roman a-t-il encore quelque chose dans le ventre ? Une nouvelle querelle des anciens et des modernes a-t-elle lieu ? Au fait, qu'est ce qu'un scandale littéraire ? Que veut notre époque : faire de la sociologie avec du roman ou le contraire ? La génération a-t-elle un sens en littérature ? Qu'est-ce donc qu'une tendance ? Qui a gagné ? Maurois ? Joyce ? Union sacrée pour Houellebecq ? Quels sont les enjeux ? Le jansénisme est-il la maladie infantile de la littérature française ? L'anti-libéralisme une esthétique ? Erudit et polémique, aigu et drôle, Michel Crépu dessine une nouvelle figure de la littérature en cette fin de siècle. Critique littéraire à L'express Michel Crépu est notamment l'auteur du Tombeau de Bossuet (prix Femina de l'essai 1998, prix de la critique de l'Académie française).