Boualem Sansal
Boualem Sansal
Roman récompensé par le Prix Renaudot Poche 2025. Tous les bénéfices seront reversés à la Société de soutien international à Boualem Sansal. Paolo fait partie des rares humains, "les Appelés", choisis par une puissance mystérieuse pour recevoir et diffuser un message simple et terrible : dans 780 jours la présence des hommes sur la Terre prendra fin. Une minorité d'élus sera alors sauvée et conduite en lieu sûr, sur une autre planète. Les Appelés doivent profiter du délai imparti pour choisir les êtres dignes de confiance qui pourront participer, loin de la Terre, à la fondation d'une humanité nouvelle. Mais comment faire pour écarter de la sélection les humains qui ont fait la preuve de leur nocivité : les puissants, les politiciens, les mafieux, les religieux de toutes obédiences ? Paolo et les Appelés parviendront-ils à empêcher cette lie de l'humanité de monter, le jour venu, à bord de l'immense vaisseau spatial qui viendra chercher les élus ? On retrouve ici la verve caustique et gouailleuse de Boualem Sansal, marque de fabrique d'un écrivain très singulier dont l'audience est désormais internationale.
Roman récompensé par le Prix Renaudot Poche 2025. Tous les bénéfices seront reversés à la Société de soutien international à Boualem Sansal. Paolo fait partie des rares humains, "les Appelés", choisis par une puissance mystérieuse pour recevoir et diffuser un message simple et terrible : dans 780 jours la présence des hommes sur la Terre prendra fin. Une minorité d'élus sera alors sauvée et conduite en lieu sûr, sur une autre planète. Les Appelés doivent profiter du délai imparti pour choisir les êtres dignes de confiance qui pourront participer, loin de la Terre, à la fondation d'une humanité nouvelle. Mais comment faire pour écarter de la sélection les humains qui ont fait la preuve de leur nocivité : les puissants, les politiciens, les mafieux, les religieux de toutes obédiences ? Paolo et les Appelés parviendront-ils à empêcher cette lie de l'humanité de monter, le jour venu, à bord de l'immense vaisseau spatial qui viendra chercher les élus ? On retrouve ici la verve caustique et gouailleuse de Boualem Sansal, marque de fabrique d'un écrivain très singulier dont l'audience est désormais internationale.
« Un jour, on découvre que l'on vit dans un monde inversé - où la vérité dérange, où la justice inquiète, où la liberté fait peur. C'est dans ce «pays des miracles » que mon histoire commence. Ou peut-être qu'elle finit. J'ai compris que cette histoire ne m'appartenait pas. Elle circulait sans moi. Elle est née dans la tête du grand magistrat, elle est passée par un tribunal d'exception, par la prison, par les médias des cinq continents, elle s'est chargée des colères et des espoirs des uns et des autres. A aucun moment elle n'est passée par moi. Mon récit me permet de me réapproprier la légende, et rappelle ce qu'est une justice aux ordres, un pouvoir sans contrepoids, la peur quand elle s'installe dans la langue. Les bourreaux prospèrent dans l'anonymat ; la lumière commence par les désigner. Ces pages n'adoucissent rien : elles éclairent... »B.S. La légende n'est pas seulement le récit d'une détention. C'est l'histoire d'un homme que l'on a voulu effacer - et qui devient un symbole.
L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, "délégué" de Ylah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Mais un homme, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur un peuple de renégats qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion. Au fil d'un récit plein d'inventions cocasses ou inquiétantes, Boualem Sansal s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux. Grand prix du Roman de l'Académie française
L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, "délégué" de Ylah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Mais un homme, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur un peuple de renégats qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion. Au fil d'un récit plein d'inventions cocasses ou inquiétantes, Boualem Sansal s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux. Grand prix du Roman de l'Académie française
Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid... Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. "À ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles." Sur un sujet aussi délicat, Boualem Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.
Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid... Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. "À ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles." Sur un sujet aussi délicat, Boualem Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.
"Tout est douteux à Rouiba, son opulence autant que sa prétention d'être le poumon économique de la capitale. L'agriculture est un vice qui n'a plus de troupes. L'industrie bricole dans le vacarme et la gabegie. Les rapports d'experts le proclament ; mais qui les lit ? Le commerce est mort de mort violente, les mercantis lui ont ôté jusqu'à la patente. À ceux qui s'en inquiètent, des nostalgiques de la mamelle socialiste ou des sans-le-sou, les bazaris jurent que c'est l'économie de marché et que ça a du bon. Leurs complices du gouvernement, qui ont fini de chanter la dictature du prolétariat, apportent de l'eau à leur moulin en discourant jusqu'à se ruiner le gosier. Et si le Coran, le règlement et la pommade sont de la conversation, ce n'est pour ces camelotiers ruisselant de bagou qu'artifices pour emmancher le pigeon et boire son jus. Soyons justes, on ne saurait être commerçant florissant et se tenir éloigné de l'infamie ; l'environnement est mafieux, le mal contagieux ; un saint troquerait son auréole pour un étal [...] Les rapports avaient prévu la dérive ; mais qui les a lus ? Ainsi était Rouiba ; il y a peu." Une épopée rabelaisienne dans l'Algérie d'aujourd'hui. Prix du premier roman.
"Père m'observait minutieusement pendant que nous visitions les monuments religieux, investis par des foules fiévreuses, comme s'il attendait une réaction spécifique de ma part. Il disait que je le connaissais, ce monde disparu, que dans une vie antérieure je l'avais bouleversé par ma prophétie." En 1916, alors que la Première Guerre mondiale s'étend au Moyen-Orient, Terah, un vieux patriarche, voit en son fils Abram la réincarnation d'Abraham. Il le charge de conduire la tribu vers la Terre promise. Au terme de ce long périple, Abram parviendra-t-il à fonder la cinquième Alliance, susceptible de guider les hommes et d'apaiser leurs maux ? En actualisant l'histoire ancienne de la Genèse, Boualem Sansal nous offre ici une parabole sur la puissance et les faiblesses de la pensée religieuse.
"Père m'observait minutieusement pendant que nous visitions les monuments religieux, investis par des foules fiévreuses, comme s'il attendait une réaction spécifique de ma part. Il disait que je le connaissais, ce monde disparu, que dans une vie antérieure je l'avais bouleversé par ma prophétie." En 1916, alors que la Première Guerre mondiale s'étend au Moyen-Orient, Terah, un vieux patriarche, voit en son fils Abram la réincarnation d'Abraham. Il le charge de conduire la tribu vers la Terre promise. Au terme de ce long périple, Abram parviendra-t-il à fonder la cinquième Alliance, susceptible de guider les hommes et d'apaiser leurs maux ? En actualisant l'histoire ancienne de la Genèse, Boualem Sansal nous offre ici une parabole sur la puissance et les faiblesses de la pensée religieuse.
« Camus disait : "Écrire, c'est déjà choisir." Voilà, c'est ce que j'ai fait, j'ai choisi d'écrire. Et j'ai eu raison de le faire. » Boualem Sansal. Dans un pays qui n'a connu que la dictature, celle des armes et de la religion, la seule idée qu'on peut avoir de la paix est la soumission, ou le suicide, ou l'émigration sans retour. L'absence de liberté est une douleur qui rend fou à la longue. Elle réduit l'homme à son ombre et ses rêves à ses cauchemars. Le peintre Giorgio De Chirico disait cette chose troublante : « Il y a plus d'énigmes dans l'ombre d'un homme qui marche au soleil que dans toutes les religions passées, présentes et futures. » C'est possible, et sans doute vrai, mais il n'y a que de la honte et rien de mystique dans la douleur chez l'homme qui se réduit à son ombre. Qui n'est pas libre ne respectera jamais l'autre, ni l'esclave car son malheur lui rappelle sa propre humiliation, ni celui qui est libre car son bonheur est une insulte pour lui. Seul le désir de liberté le sauvera de la haine et du ressentiment. Sans ce désir consciemment porté, nous ne sommes pas des humains, il n'y a rien de vrai en nous. B. S.
"Je l'ai entendu comme un appel de l'au-delà : Va, retourne à la rue Darwin. J'en ai eu la chair de poule. Jamais, au grand jamais, je n'avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre ruelle où s'était déroulée mon enfance." Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. "Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face" est venu. Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère installée dans son fief villageois, dont la fortune immense s'est bâtie à partir du florissant bordel jouxtant la maison familiale. C'est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L'histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l'Algérie, des années cinquante à aujourd'hui. Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur dont les héros sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n'ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s'étend... Rue Darwin est le récit d'une douleur identitaire, génératrice du chaos politique et social dont l'Algérie peine à sortir.
"Je l'ai entendu comme un appel de l'au-delà : Va, retourne à la rue Darwin. J'en ai eu la chair de poule. Jamais, au grand jamais, je n'avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre ruelle où s'était déroulée mon enfance." Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. "Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face" est venu. Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère installée dans son fief villageois, dont la fortune immense s'est bâtie à partir du florissant bordel jouxtant la maison familiale. C'est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L'histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l'Algérie, des années cinquante à aujourd'hui. Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur dont les héros sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n'ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s'étend... Rue Darwin est le récit d'une douleur identitaire, génératrice du chaos politique et social dont l'Algérie peine à sortir.
"Je plaisante, je plaisante, mais la situation est affreusement désespérée. L'affaire était louche dès le début pourtant, l'ennemi n'est pas tombé du ciel. Quand avons-nous cessé d'être intelligents ou simplement attentifs ?" Héritière d'un puissant empire industriel, Ute vit à Erlingen, une bourgade cossue du sud de l'Allemagne. Dans des lettres au ton très libre et souvent sarcastique, Ute s'adresse à sa fille Hannah qui habite Londres. Elle lui raconte l'arrivée d'un ennemi fanatique à Erlingen : 'les Serviteurs', qui ont imposé comme loi unique la soumission à leur dieu. Les habitants attendent fiévreusement un train qui doit les évacuer. Mais le train du salut n'arrive pas...
"Je plaisante, je plaisante, mais la situation est affreusement désespérée. L'affaire était louche dès le début pourtant, l'ennemi n'est pas tombé du ciel. Quand avons-nous cessé d'être intelligents ou simplement attentifs ?" Héritière d'un puissant empire industriel, Ute vit à Erlingen, une bourgade cossue du sud de l'Allemagne. Dans des lettres au ton très libre et souvent sarcastique, Ute s'adresse à sa fille Hannah qui habite Londres. Elle lui raconte l'arrivée d'un ennemi fanatique à Erlingen : 'les Serviteurs', qui ont imposé comme loi unique la soumission à leur dieu. Les habitants attendent fiévreusement un train qui doit les évacuer. Mais le train du salut n'arrive pas...
"C'est le plus lointain, celui que j'aime à explorer, qui me donne le plus de frissons. Écoutez-moi raconter mon pays, l'Égypte, la mère du monde. Remplissez bien votre clepsydre, le voyage compte quatre mille et une années et il n'y a pas de halte. Jadis, en ces temps fort lointains, avant la Malédiction, j'ai vécu en Égypte au temps de Pharaon. J'y suis né et c'est là que je suis mort, bien avancé en âge..."
"C'est le plus lointain, celui que j'aime à explorer, qui me donne le plus de frissons. Écoutez-moi raconter mon pays, l'Égypte, la mère du monde. Remplissez bien votre clepsydre, le voyage compte quatre mille et une années et il n'y a pas de halte. Jadis, en ces temps fort lointains, avant la Malédiction, j'ai vécu en Égypte au temps de Pharaon. J'y suis né et c'est là que je suis mort, bien avancé en âge..."
"Nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusés par leur accoutrement folklorique. Quelques années plus tard, nous découvrîmes presque à l'improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s'était répandu dans tout le pays." Boualem Sansal, l'une des grandes voix de la littérature algérienne, s'interroge sur les acteurs de la propagation de l'islamisme : les États prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les médias, "la rue arabe"... Il questionne aussi l'échec de l'intégration dans les pays d'accueil des émigrés. Une synthèse engagée, documentée, des prises de position humanistes qui dénoncent à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.
"Nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusés par leur accoutrement folklorique. Quelques années plus tard, nous découvrîmes presque à l'improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s'était répandu dans tout le pays." Boualem Sansal, l'une des grandes voix de la littérature algérienne, s'interroge sur les acteurs de la propagation de l'islamisme : les États prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les médias, "la rue arabe"... Il questionne aussi l'échec de l'intégration dans les pays d'accueil des émigrés. Une synthèse engagée, documentée, des prises de position humanistes qui dénoncent à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.
"En France, où vivent beaucoup de nos compatriotes, les uns physiquement, les autres par le truchement de la parabole, rien ne va et tout le monde le crie à longueur de journée, à la face du monde, à commencer par la télé. Dieu, quelle misère ! Les banlieues retournées, les bagnoles incendiées, le chômage endémique, le racisme comme au bon vieux temps, le froid sibérien, les sans-abri, l'ETA, le FLNC, les islamistes, les inondations, l'article 4 et ses dégâts collatéraux, les réseaux pédophiles, le gouffre de la sécurité sociale, la dette publique, les délocalisations, les grèves à répétition, le tsunami des clandestins... Mon Dieu, mais dans quel pays vivent-ils, ces pauvres Français? Un pays en guerre civile, une dictature obscure, une République bananière ou préislamique ? À leur place, j'émigrerais en Algérie, il y fait chaud, on rase gratis et on a des lunettes pour non-voyants."
"En France, où vivent beaucoup de nos compatriotes, les uns physiquement, les autres par le truchement de la parabole, rien ne va et tout le monde le crie à longueur de journée, à la face du monde, à commencer par la télé. Dieu, quelle misère ! Les banlieues retournées, les bagnoles incendiées, le chômage endémique, le racisme comme au bon vieux temps, le froid sibérien, les sans-abri, l'ETA, le FLNC, les islamistes, les inondations, l'article 4 et ses dégâts collatéraux, les réseaux pédophiles, le gouffre de la sécurité sociale, la dette publique, les délocalisations, les grèves à répétition, le tsunami des clandestins... Mon Dieu, mais dans quel pays vivent-ils, ces pauvres Français? Un pays en guerre civile, une dictature obscure, une République bananière ou préislamique ? À leur place, j'émigrerais en Algérie, il y fait chaud, on rase gratis et on a des lunettes pour non-voyants."
Une maison que le temps ronge comme à regret. Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni de se promener. Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr.
Dans le sinistre bagne de Lambèse, en Algérie, de nos jours, deux détenus condamnés à mort dialoguent : un Français, Pierre Chaumet, et un Algérien, Farid. Pierre est né en 1957, à Vialar (aujourd'hui Tissemsilt). Revenu clandestinement en Algérie afin de retrouver sa mère, qui l'a abandonné à sa naissance, il a découvert un pays qui n'en finit pas de vivre avec des fantômes. Il a découvert, surtout, des vérités dangereuses sur certains aspects de la guerre d'Indépendance. Farid, lui, a participé aux atrocités commises par les islamistes ou par ceux qui les ont cyniquement utilisés. Pendant que Pierre et Farid discutent de la vie et de l'Algérie, une commission internationale des droits de l'homme s'apprête à visiter le pénitencier. L'administration de Lambèse est sur les dents... On retrouve ici la verve rabelaisienne, l'humour féroce, les morceaux de bravoure hilarants et caustiques qui faisaient le prix du Serment des barbares. À la fois réquisitoire et satire, le roman étonne et réjouit par sa truculence, sa verve iconoclaste et sa profondeur, loin des clichés larmoyants et des plaidoyers emphatiques sur les droits de l'homme et l'Algérie contemporaine.
Dans le sinistre bagne de Lambèse, en Algérie, de nos jours, deux détenus condamnés à mort dialoguent : un Français, Pierre Chaumet, et un Algérien, Farid. Pierre est né en 1957, à Vialar (aujourd'hui Tissemsilt). Revenu clandestinement en Algérie afin de retrouver sa mère, qui l'a abandonné à sa naissance, il a découvert un pays qui n'en finit pas de vivre avec des fantômes. Il a découvert, surtout, des vérités dangereuses sur certains aspects de la guerre d'Indépendance. Farid, lui, a participé aux atrocités commises par les islamistes ou par ceux qui les ont cyniquement utilisés. Pendant que Pierre et Farid discutent de la vie et de l'Algérie, une commission internationale des droits de l'homme s'apprête à visiter le pénitencier. L'administration de Lambèse est sur les dents... On retrouve ici la verve rabelaisienne, l'humour féroce, les morceaux de bravoure hilarants et caustiques qui faisaient le prix du Serment des barbares. À la fois réquisitoire et satire, le roman étonne et réjouit par sa truculence, sa verve iconoclaste et sa profondeur, loin des clichés larmoyants et des plaidoyers emphatiques sur les droits de l'homme et l'Algérie contemporaine.
De quoi le français est-il le nom ? Une religion, une bataille perdue, une grande victoire, un programme de sélection ethnique, un logiciel de traduction ? Quoi d'autre ? À l'heure où triomphe le globish, il fallait Boualem Sansal pour lancer ce cri d'alerte qui est aussi un cri d'amour. À partir d'un dialogue entre un vieux maître et son jeune disciple, en l'occurrence un journaliste inquiet, au cours duquel ils se demandent « France, qu'as-tu fait de ta langue ? », une enquête est lancée : pourquoi le français cristallise-t-il l'histoire ? Comment détermine t- il la culture ? En quoi façonne-t-il l'identité ? Pour quelle raison, lorsqu'il est agressé, survient une perte de souveraineté ? Par quel sursaut, alors qu'il est menacé de disparition, peut-on le sauver ? Et s'il s'agissait de ressusciter les contes et les légendes qui ont forgé l'âme du pays ? Un texte tonique, polémique, ravageur, une magnifique défense et illustration, camusienne, de la langue française. Un appel nous disant pourquoi et comment la francophonie peut et doit réenchanter le monde. Après un parcours scientifique d'enseignant-chercheur, puis de haut fonctionnaire en Algérie, Boualem Sansal a entamé une carrière littéraire en langue française : romans, ans, nouvelles, essais, couronnée de très nombreux prix.
"Pourquoi les humains sont-ils si bêtes ? Pourquoi se laissent-ils traîner par le bout du nez ? Les ânes ont de longues oreilles ridicules par lesquelles ils se font bêtement attraper, mais quand ils ne veulent pas avancer, rien ne peut les forcer à obéir." Boualem Sansal adresse aux peuples et aux nations de la terre un manifeste athée, plein d'un humour féroce et rageur, pour les appeler à sortir de l'âge des dieux et à entrer dans celui des hommes. L'humanité doit trouver le moyen de résister aux forces qui la détruisent : les religions et leurs sempiternelles pénitences, l'argent tout-puissant, les passions guerrières, ou encore la malbouffe omniprésente sur la planète, symptômes indubitables d'un effondrement des civilisations. Après un rappel des errements et des crimes du passé, le grand écrivain algérien propose une "Constitution universelle" censée servir de base à la République mondiale qu'il appelle de ses voeux, qui fédérerait les peuples et les nations enfin libres. Il est temps, nous dit-il, de choisir la vie.
"Pourquoi les humains sont-ils si bêtes ? Pourquoi se laissent-ils traîner par le bout du nez ? Les ânes ont de longues oreilles ridicules par lesquelles ils se font bêtement attraper, mais quand ils ne veulent pas avancer, rien ne peut les forcer à obéir." Boualem Sansal adresse aux peuples et aux nations de la terre un manifeste athée, plein d'un humour féroce et rageur, pour les appeler à sortir de l'âge des dieux et à entrer dans celui des hommes. L'humanité doit trouver le moyen de résister aux forces qui la détruisent : les religions et leurs sempiternelles pénitences, l'argent tout-puissant, les passions guerrières, ou encore la malbouffe omniprésente sur la planète, symptômes indubitables d'un effondrement des civilisations. Après un rappel des errements et des crimes du passé, le grand écrivain algérien propose une "Constitution universelle" censée servir de base à la République mondiale qu'il appelle de ses voeux, qui fédérerait les peuples et les nations enfin libres. Il est temps, nous dit-il, de choisir la vie.
D'où vient notre besoin de justifier nos idées stupides, nos mauvaises décisions ? Pourquoi avons-nous tant de mal à reconnaître nos propres erreurs ? Lorsque nous faisons fausse route, nous invoquons les circonstances, nous rejetons la faute sur les autres, ou nous refusons tout simplement de l'admettre. Ainsi, nous persistons dans notre erreur, et les conséquences peuvent se révéler désastreuses. À l'aide d'une foule d'exemples, Carol Tavris et Elliot Aronson nous éclairent sur le fonctionnement de l'autojustification et son rôle décisif dans des domaines aussi divers que la politique, la justice, la médecine et les relations de couple. Comprendre le mécanisme psychologique de l'autojustification pour ne plus être condamnés à la subir : tel est le but de ce livre.
D'où vient notre besoin de justifier nos idées stupides, nos mauvaises décisions ? Pourquoi avons-nous tant de mal à reconnaître nos propres erreurs ? Lorsque nous faisons fausse route, nous invoquons les circonstances, nous rejetons la faute sur les autres, ou nous refusons tout simplement de l'admettre. Ainsi, nous persistons dans notre erreur, et les conséquences peuvent se révéler désastreuses. À l'aide d'une foule d'exemples, Carol Tavris et Elliot Aronson nous éclairent sur le fonctionnement de l'autojustification et son rôle décisif dans des domaines aussi divers que la politique, la justice, la médecine et les relations de couple. Comprendre le mécanisme psychologique de l'autojustification pour ne plus être condamnés à la subir : tel est le but de ce livre.
"Le noir symbolise, indistinctement, et le manque et l'excès." Qui n'a pas fait l'expérience effrayante d'avancer à tâtons dans la nuit noire ? Cette terreur primitive, Alain Badiou la traverse en inventant, avec ses camarades, le jeu de « Minuit sonnant ». La découverte furtive du continent noir dans des magazines interdits, la beauté de l'encre sur le papier, mais aussi les mystères du cosmos et la douleur du deuil : le philosophe nous promène dans son théâtre intime, au gré des souvenirs. Musique, peinture, politique, sexualité, métaphysique : le noir n'aura jamais été aussi lumineux.
"Le noir symbolise, indistinctement, et le manque et l'excès." Qui n'a pas fait l'expérience effrayante d'avancer à tâtons dans la nuit noire ? Cette terreur primitive, Alain Badiou la traverse en inventant, avec ses camarades, le jeu de « Minuit sonnant ». La découverte furtive du continent noir dans des magazines interdits, la beauté de l'encre sur le papier, mais aussi les mystères du cosmos et la douleur du deuil : le philosophe nous promène dans son théâtre intime, au gré des souvenirs. Musique, peinture, politique, sexualité, métaphysique : le noir n'aura jamais été aussi lumineux.
Odette Silaz meurt dans le foutoir de sa maison patiemment constitué avec Do, son petit-fils qu'elle a élevé et qui, à vingt ans, se révèle un incapable. Sa mort donne libre cours aux vieilles querelles entre Carine, la mère de Do et Muriel, sa tante, au sujet de la disparition du père, Georges, il y a longtemps de cela. Au cimetière, le jour de l'enterrement, tout le monde veut croire encore au retour de Georges Silaz.