Jean-Dominique Merchet
Jean-Dominique Merchet
Si la guerre était déclarée demain, quelle chance la France aurait-elle de la gagner ?Depuis le 24 février 2022, l'Europe assiste, stupéfaite, au retour de la guerre de haute intensité à ses portes. D'où cette interrogation : et si cela nous arrivait, à nous aussi ? Nous, qui n'avons plus connu de guerre sur notre territoire depuis 1945, à l'abri de notre dissuasion nucléaire, de nos alliances, de notre armée professionnelle. Nous, dont l'armée n'a pas gagné une guerre depuis 1918. Nous, qui avons fait le choix de supprimer le service militaire. Serions-nous prêts à affronter une nouvelle guerre ? Pas de politique-fiction, mais l'examen du présent et la fin de nos illusions.
Si la France devait faire la guerre demain, aurait-elle les moyens de la gagner ?*********Lauréat du Prix Edmond Fréville-Pierre Messmer 2025Finaliste du Prix du livre de Géopolitique 2024Ukraine, Gaza... Stupéfaits, nous assistons au retour de la guerre de haute intensité et nous nous interrogeons : et si cela nous arrivait, à nous aussi ? Nous, qui n'avons plus connu de guerre sur notre territoire depuis 1945, à l'abri de notre dissuasion nucléaire, de nos alliances, de notre armée professionnelle. Nous, dont l'armée n'a pas gagné une guerre depuis 1918. Nous, qui avons fait le choix de supprimer le service militaire. Serions-nous prêts à affronter une nouvelle guerre ? Pas de politique-fiction, mais l'examen du présent et la fin de nos illusions.
En un sens, Le Corps de ses ombres est un récit de voyage, une expédition à l'intérieur d'une oeuvre considérée comme d'un "classique" et qui aujourd'hui fait figure de "terre inconnue". Tout nous sépare de lui : sa pensée, sa théologie, l'époque, l'absolutisme louis-quatorzien : c'est justement cet éloignement extrême qui peut faire l'objet d'une curiosité voyageuse. Cet homme mort en 1704 serait-il notre contemporain ? Il ne s'agit donc pas d'un retour à Bossuet, mais d'un voyage de l'autre côté de la frontière. Paul Hazard disait : "La France s'endort avec Bossuet, elle se réveille avec Voltaire". Ce qui est intéressant, c'est de mesurer aujourd'hui la puissance d'impact d'une écriture extraordinairement aboutie. Il y a même là une étrange fraîcheur : les thèmes de Bossuet sont indépendants des "modes" : la mort, la puissance, l'ambition, l'amour. Bossuet est proche des grands moralistes de son siècle : La Rochefoucauld, La Bruyère, qui étaient ses amis. On s'aperçoit aujourd'hui, même après Freud, qu'il y a là le dépôt d'un certain savoir sur la condition humaine, nullement dévalué. Le livre fait le pari que ce regard croise quelques unes de nos préoccupations spirituelles majeures. Bossuet, à sa manière, sombre, définitive, est le plus étrange de nos contemporains.
Tout commence par l'aventure individuelle d'un jeune homme ambitieux et pressé, marié à une femme plus âgée que lui et qui, pour parvenir à ses fins, bouscule les gens en place. En une demi-décennie, il parvient à conquérir le pouvoir grâce à un mélange détonnant d'audace, de vitesse et de chance. Au final, un « coup d'État » qui change la donne. Bonaparte, Macron ? Il fallait oser.