Marine Westphal
Marine Westphal
Olympe, mauvaise graine a tout du conte. Un univers onirique, fantaisiste, noir, qui trouve l'éclaircie. Des personnages très attachants ou parfaitement rebutants. Une langue imagée, captivante. Un contexte contemporain mais dont l'imagination s'affranchit aussitôt. Et d'abord, une enfant.Olympe est orpheline. Elle grandit parmi les malfrats. Son prénom, Olympe, lui a été donné par Luis, le patron, qui l'a trouvée bébé dans un carton d'appareils photo Olympus. Pour survivre, il faut voler. Elle apprend le silence, la bagarre, la solidarité - rare -, la trahison - récurrente. Un jour Luis, piégé par une autre bande, meurt. S'ouvre alors une page de violence tous azimuts. Les flics. L'hôpital. Et alors qu'Olympe erre dans sa chambre intubée et solitaire, arrive un étrange homme, un homme dont la peau semble faite d'écorce d'arbre, qui répare les plantes en danger, et qui va soigner cette « mauvaise graine ». Fuite de l'imagination ? Rêverie de réparation ? Une odyssée improbable et initiatique s'engage. Vers d'autres contrées, vers la liberté. Un roman porté par une écriture poétique, qui rappelle Boris Vian, Edward aux mains d'argent, un Miyazaki foutraque dans un univers pluvieux et industriel, Chihiro chez les Triplettes de Belleville.
Pour le rendez-vous elle avait colorié sa bouche de coquelicot en tube, poudré ses pommettes, la totale. Elle apprendra que son rouge avait bavé sur ses incisives, ravageant son sourire un brin carnassier. Bartolomeo avait trouvé Sali jolie quoiqu'un peu ridicule, elle avait quelque chose d'une tasse de porcelaine mal rangée, au bord de la chute, en détresse. » Sali, Bartolomeo. Un amour qui dure depuis trente ans. Mais un grain de sable enraye tout : sur les sentiers des Pyrénées, Bartolomeo est victime d'un AVC. Comment l'accompagner ? Comment croire à l'avenir ? Contre l'accident fatal, il reste un seul ressort : la volonté d'une femme, qui décide de réenchanter les derniers instants de son mari. La téméraire est un texte bouleversant qui embrasse la maladie dans une danse grave et généreuse.
Quinze ans que nous nous sommes perdus de vue. J'avais tout bonnement oublié son existence. Les nièces fininssent toujours par se rappeler à vous. Gamines, elles vous montrenht leurs cuisses nues et leur dent de travers, elles laissent dans leur sillage une odeur de vice mal éclos. Quand elles sont en âge de séduire, elles vous oublient, mais à la première crise, elles viennent vous demander de légitimer leur existence. Elles font appel à l'oncle comme une diva fait appel à son plus vieil admirateur. Parler de soi sans intention calomnieuse? Autant cracher dans un puits vide. Ici, on abuse de sentimentalité, mais les baisers sont à l'arsenic. Ici, on ne respecte que le protocole du dégoût, on ne joue qu'à l'ombre du mancenillier, car aller à la recherche de ses origines, c'est commencer une entreprise de démolition.