Jean-Pierre Martin
Jean-Pierre Martin
La perspective émancipatrice de cet essai est l'alternative à une psychiatrie publique mise en crise par une gouvernance économiste néolibérale évaluable, du retour au neurologique comportemental et d'une santé mentale dominée par le sécuritaire. Le fil conducteur est la "valeur humaine" émancipatrice de l'analyse institutionnelle et relationnelle du soin à partir de la parole des patient.es et d'un secteur psychiatrique désaliéniste implantés dans la population avec l'abrogation des lois d'internement et de ses contentions. L'expérience concrète d'une pratique clinique d'accueil, clinique d'hospitalité, est le cheminement vers un accès au soin psychique de la subjectivité qui symbolise le sujet social avec sa sexualité et la connaissance de la psychanalyse. Redonner vie à un réel secteur public de psychiatrie s'étend aux traumas psychiques individuels et collectifs de la vie quotidienne, le mortifère de travailler deux ans de plus dans un travail déshumanisé, la pandémie virale du SARS-CoV-2 et d'une politique de non-accueil de réfugiés migrants. Les droits des patient.es sont centraux dans l'utopie concrète d'une transition politique à construire avec la population et ses élus.
C'est un monde considéré comme pacifique, feutré et aseptisé, très féminisé, où les querelles se règlent à fleuret moucheté. Monde de l'élégance, du raffinement, de la subtilité, de la délicatesse. C'est celui de la parfumerie. Il possède son vocabulaire propre, où les noms rivalisent de mystère et de fantaisie : communelle, dissonance, enfleurage, hespéridé, notes de coeur, de fond, de tête, pyramide olfactive... Ses secrets de fabrication sont mieux gardés que les secrets militaires. Il fait appel à tous les sens, comparable en cela à l'oenologie. Et pourtant, il arrive que derrière la civilité de façade, les passions tristes et les vilenies puissent s'y infiltrer. Le décorum et la bienséance recouvrent parfois d'implacables rivalités, dont le récit qui va suivre est une illustration. C'est le pays grassois, transition entre mer et montagne, riche de sa culture, de ses paysages, de ses traditions industrielles, qui sert de décor à ce drame.À PROPOS DE L'AUTEURJean-Pierre Martin est un écrivain, essayiste, professeur émérite de littérature contemporaine à l'université Lumière Lyon 2, membre honoraire de l'Institut universitaire de France.
Étudier la structure de l'espace du dessin d'actualité c'est vouloir comprendre l'organisation spatiale des éléments qui participent à la création de cet espace expressif. C'est aussi vouloir le caractériser pour mieux comprendre sa spécificité qui le distingue de tout autre énoncé visuel. Dans cet ouvrage, l'auteure explique la spécificité du dessin d'actualité par la description de ses éléments à partir de dessins tous aussi variés que riches et empruntés à des dessinateurs de grand talent, examine la façon dont ceux-ci se combinent pour former des structures discursives cohérentes et enfin met en relief les stratégies énonciatives à travers lesquelles le dessin d'actualité s'offre à l'observateur pour être compris.
L'histoire n'a retenu que les chirurgiens et les médecins qui inventèrent des instruments auxquels ils laissèrent leur nom. Pourtant, sans le génie inventif des couteliers et les améliorations apportées au travail des métaux, la chirurgie n'aurait pas pu se perfectionner. Voici racontée le métier de ces couteliers et les liens étroits qu'ils entretinrent avec le monde médical.
Entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIe siècle après J.-C. Rome a étendu son empire en Occident, du nord de la Bretagne à l'extrémité méridionale de la péninsule ibérique. Peut-on pour autant parler d'« impérialisme » dans son sens traditionnel ? Y a-t-il eu volonté consciente ou bien entraînement progressif d'une puissance qui n'aurait pu arrêter sa course ? À ces premières questions s'en ajoutent d'autres : comment Rome a-t-elle pu contrôler directement, avec un petit nombre d'administrateurs et de soldats, autant de territoires, pour certains très peuplés ? Comment s'est-elle adaptée à des situations particulières ? Que recouvre la notion de provincia ? Quels rouages de gouvernement, quels moyens de persuasion Rome a-t-elle utilisés ? A-t-elle su attirer à elle l'ensemble des élites locales ? A-t-elle réussi à créer un cadre de vie qui a durablement et assez largement suscité l'adhésion ? L'ensemble de cette étude qui aborde les aspects militaires, juridiques, administratifs, économiques et religieux met en valeur la progressive transformation d'un monde diversifié en un Occident européen. La notion de « romanisation » en estelle le reflet ?
Sandor est perplexe. Est-ce que j’attire les fous, ou bien est-ce moi qui cherche leur compagnie ? Dès qu’il sort de chez lui, ces corps errants l’abordent et s’accrochent à sa personne, faisant de lui le dépositaire de leurs récits extravagants. Il y a Dédé, le fou météo. Laetitia et ses visions étranges. Madame Brandoux, qui jure toute la journée contre le monde entier. Et bien d’autres encore. Sandor se demande s’il n’est pas fou lui-même. D’autant que Constance, sa fille, est atteinte d’une terrible maladie psychique qui l’isole du reste du monde… Avec sensibilité, avec humour, avec désespoir, Jean-Pierre Martin raconte ceux qui butent, qui penchent, qui chantent la journée et hurlent la nuit.
En 1970, Jean-Pierre Martin est incarcéré à la maison d'arrêt de Saint-Nazaire pour apologie du crime d'incendie volontaire. Il a distribué un tract justifiant l'attaque au cocktail Molotov de la direction des Chantiers de l'Atlantique, en réplique à une série d'accidents du travail qui ont entraîné la mort de plusieurs ouvriers. Il a 22 ans.En 2024, il publie le récit de ses 61 jours de mitard. Parce qu'il ne veut pas oublier.De quoi parle ce livre ?D'une révolte qui n'est toujours pas éteinte.De la solitude du militant de base.De la violence, et du désir de changer le monde.Enfin, de l'amitié entre un étudiant établi en usine et un ouvrier des Chantiers de l'Atlantique.
Petite cité devenue le monde connu, Rome offre un exemple unique. Ce destin singulier fut tracé avec lenteur et dans d'immenses difficultés qui faillirent, à plusieurs reprises, voir la Ville disparaître. Mais les Romains ont toujours cru à l'éternité de leur cité voulue par les dieux. Ils ont surtout résisté à tous les problèmes politiques, institutionnels, sociaux auxquels ils ont été affrontés. Leur pouvoir d'adaptation, leur pragmatisme, leur confiance en eux, frôlant l'orgueil, leur ont permis de passer d'une petite cité semblable à ses voisines à une puissance ayant la maîtrise presque complète du monde civilisé. Des régimes différents (monarchie, « république », principat) ont chacun surmonté les obstacles intérieurs ou extérieurs et assuré à la Ville une prépondérance exceptionnelle durant plusieurs siècles. Cette quatrième édition souhaite refléter au mieux les dernières études consacrées à la Rome antique : sans que les fondements connus de l'histoire de Rome soient remis en cause, des éléments nouveaux ont permis de distinguer certaines approches, ou d'en nuancer d'autres.
La curiosité a mauvaise réputation. Loin d'une passion triste et voyeuriste, Jean-Pierre Martin l'envisage surtout comme une vertu, un élan salutaire. Avec l'étonnement ou le doute - sources de l'activité philosophique -, la curiosité provoque la rencontre d'un objet inattendu, jusque-là exclu de notre pensée. Elle va de question en question. Au désir de savoir, elle oppose une surprise. Elle va plus loin encore : elle s'insurge contre l'indifférence. Son étymologie (cura) nous dit qu'elle prend soin du monde. Invitant à une conversion du regard, elle est une manière de penser, mais aussi une raison de vivre. Jean-Pierre Martin est lauréat de la bourse Cioran 2019 pour cet ouvrage.
La curiosité a mauvaise réputation. Loin d'une passion triste et voyeuriste, Jean-Pierre Martin l'envisage surtout comme une vertu, un élan salutaire. Avec l'étonnement ou le doute - sources de l'activité philosophique -, la curiosité provoque la rencontre d'un objet inattendu, jusque-là exclu de notre pensée. Elle va de question en question. Au désir de savoir, elle oppose une surprise. Elle va plus loin encore : elle s'insurge contre l'indifférence. Son étymologie (cura) nous dit qu'elle prend soin du monde. Invitant à une conversion du regard, elle est une manière de penser, mais aussi une raison de vivre. Jean-Pierre Martin est lauréat de la bourse Cioran 2019 pour cet ouvrage.
Des vies de saints, de soldats, de missionnaires, de colons, de héros, de salauds, d'escrocs, d'artistes, d'explorateurs... Pour la plupart, des oubliés ou des anonymes, ayant pour seul point commun leur nom de famille : Martin. Jean-Pierre Martin s'est plongé dans leurs diverses époques, a sondé leurs origines multiples, a reconstitué leurs paysages, les a suivis dans leurs pérégrinations afin de composer une fiction documentée qui traverse l'Histoire et les continents, du IVe siècle (vie de Martinus, origine du patronyme) jusqu'à aujourd'hui (vie de Trayvor Martin, jeune homme de dix-sept ans assassiné, devenu icône de l'Amérique noire). Traversé par une érudition joyeuse et joueuse, Le Monde des Martin est une épopée mondiale et encyclopédique de la condition humaine. C'est aussi une fable méditative autour de la mémoire, de la transmission écrite ou orale, de ses leurres, de ses exactitudes et de ses approximations, de ses interrogations : que reste-t-il d'un homme ? Comment raconter une vie ? C'est enfin un défi littéraire : l'entreprise d'un grand récit patronymique, l'aventure d'un nom propre très commun.
«Il m'était apparu que la losophie prenait sa source chez Queneau comme chez moi dans une adolescence chaste, d'origine provinciale, à la recherche d'un impossible système pour contenir le monde, déçue dans sa quête du savoir absolu. Il y avait eu une invention qui était sienne, cela, je ne le contestais pas, il en avait même énoncé un des principes premiers (Quand je me mets à penser, je ne m'en sors plus), mais pour cette invention en quelque sorte instinctive, pour cette discipline nouvelle, cette forme de sagesse qui, n'étant ni tout à fait de la littérature ni tout à fait de la philosophie, jouissait du meilleur des deux, il n'avait pas trouvé de nom. La losophie permettait au passage de réunir les Queneau qu'on a tendance à opposer, et de lui recoudre son habit d'Arlequin. Elle réconciliait le linguiste et le philosophe, le gnostique et le pataphysicien, le croyant épris de sainteté et le poète drolatique pas très catholique. Les études de philosophie sont des sortes de classes préparatoires à la losophie, à condition qu'entre-temps on ait éprouvé une petite nausée passagère mais salutaire à l'égard de la raideur du concept, et qu'on ait un tant soit peu accédé à la fraîcheur d'exister.» Jean-Pierre Martin.
«Il m'était apparu que la losophie prenait sa source chez Queneau comme chez moi dans une adolescence chaste, d'origine provinciale, à la recherche d'un impossible système pour contenir le monde, déçue dans sa quête du savoir absolu. Il y avait eu une invention qui était sienne, cela, je ne le contestais pas, il en avait même énoncé un des principes premiers (Quand je me mets à penser, je ne m'en sors plus), mais pour cette invention en quelque sorte instinctive, pour cette discipline nouvelle, cette forme de sagesse qui, n'étant ni tout à fait de la littérature ni tout à fait de la philosophie, jouissait du meilleur des deux, il n'avait pas trouvé de nom. La losophie permettait au passage de réunir les Queneau qu'on a tendance à opposer, et de lui recoudre son habit d'Arlequin. Elle réconciliait le linguiste et le philosophe, le gnostique et le pataphysicien, le croyant épris de sainteté et le poète drolatique pas très catholique. Les études de philosophie sont des sortes de classes préparatoires à la losophie, à condition qu'entre-temps on ait éprouvé une petite nausée passagère mais salutaire à l'égard de la raideur du concept, et qu'on ait un tant soit peu accédé à la fraîcheur d'exister.» Jean-Pierre Martin.
La psychiatrie est-elle en voie de disparition ? La psychiatrie de secteur annoncée comme une logique de soin visant l'intégration à la communauté a-t-elle vraiment commencé ? Jean-Pierre Martin en a exploré les possibilités. Il associe une démarche de réhabilitation psychosociale du sujet, de refus des juridictions d'enfermement et de relégation. A l'interface du sanitaire et du social, la création d'un centre d'accueil et de crise lui a permis d'expérimenter de nouvelles approches cliniques ainsi que des pratiques d'intégration dans des réseaux de proximité centrés sur les patients. Celles-ci sont sous-tendues par une éthique du sujet comme personne sociale, qui rend obsolète le vieil amalgame : obligation de soin et dangerosité sociale. Aujourd'hui ces pratiques sont remises en cause par le paradigme économique, les dotations budgétaires restrictives ; les théories biocomportementales et urgentistes viennent étayer l'évaluation de ce nouvel ordre médico-gestionnaire, réduisant toute politique de santé mentale à une épidémiologie normative. Cet ouvrage milite pour ces pratiques menacées, il soutient avec force et enthousiasme l'intégration de la politique de santé mentale dans celle de la ville, le sujet citoyen et la communauté devant être des acteurs à part entière.
L'errance dans la rue et ses prolongements (les accueils d'urgence et de stabilisation) sont-ils un nouveau paradigme de l'anormalité ? La souffrance psychique quitte sa dimension humaine pour être l'objet d'une traque biopolitique, qui, mobilisant professionnels de différents champs du social et du sanitaire, entraine la multiplication des dispositifs médico-administratifs à l'économie gestionnaire. Cet ouvrage tente de porter un regard positif sur le prendre soin collectif, l'écoute de la précarité et l'élaboration de voies de sortie de la rue qui ne sauraient être seulement psychiatriques. Au maintien et à l'extension de rapports de domination généralisés, en particulier les violences faites aux femmes, il oppose des pratiques cliniques qui reconnaissent les sujets humains en situation d'exclusion et de précarité comme créateurs et non uniquement victimes de leur destin. L'auteur interroge les rapports entre trauma et souffrance psychique, la place du soin psychiatrique dans cette question sociale, les impasses du paravent humanitaire et des politiques de santé mentale et de logement social face aux situations d'exclusion, mais aussi les pratiques juridiques et législatives d'inscription dans la précarité. Il s'agit là pour lui d'un enjeu historique, considéré comme utopie concrète , d'une société véritablement démocratique. Jean-Pierre Martin est psychiatre de service public, chef de service d'un secteur du centre de Paris.
« En ce temps-là, chacun étant retenu chez soi, il n'y avait plus d'excuse à formuler sur le fait que nous ne nous rendions pas visite les uns aux autres, sur le fait que nous remettions toujours à l'été d'après une rencontre toujours différée dont cependant nous ne cessions d'affirmer l'importance. »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
D'abord, pour ceux qui ne le sauraient pas : qu'est-ce qu'un Real Book ? " Un livre qui rassemble de nombreux standards de jazz ", selon Wikipédia. Ce livre-ci est l'autobiographie d'un homme qui au long de ses différentes vies – " établi " en usine dans les années post-68, puis baba-cool fabricant de sabots suédois, puis universitaire, écrivain –a toujours rêvé d'être pianiste de jazz. Ça commence, assez classiquement, par un mauvais piano droit acheté par les parents, gage d'ascension sociale, et ça finit (provisoirement) par un Kawai quart de queue dans une grange aménagée en Ardèche. C'est l'histoire d'une passion dévorante : essais, progrès, ambitions, rêves, découragements, rencontres, rechutes, aventures, voyages... " Le piano n'est pas fait pour moi, il me dépasse et me dévore, mais je suis fait pour lui. " C'est d'une immense érudition jazzistique doublée d'une non moins grande érudition littéraire : on croise chemin faisant Mallarmé, Flaubert, Kerouac, Cendrars, Leiris, Thomas Bernhard, Ponge, Verlaine, Beckett, Réda bien sûr, Michaux naturellement, d'autres, sans que ce soit à aucun moment pesant. Car c'est un livre plein d'humour. Ce n'est pas pour rien que Queneau est aussi un des héros littéraires de Jean-Pierre Martin. " Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables, dans toute la vérité de sa nature, un homme qui a tenté de faire "pianiste de jazz', et cet homme, ce sera moi ": l'incipit paraphrasant ironiquement le début des Confessions donne le ton.
Petite cité devenue le monde connu, Rome offre un exemple unique. Ce destin singulier fut tracé avec lenteur et dans d'immenses difficultés qui faillirent, à plusieurs reprises, voir la Ville disparaître. Mais les Romains ont toujours cru à l'éternité de leur cité voulue par les dieux. Ils ont surtout résisté à tous les problèmes politiques, institutionnels, sociaux auxquels ils ont été affrontés. Leur pouvoir d'adaptation, leur pragmatisme, leur confiance en eux, frôlant l'orgueil, leur ont permis de passer d'une petite cité semblable à ses voisines à une puissance ayant la maîtrise presque complète du monde civilisé. Des régimes différents (monarchie, « république », principat) ont chacun surmonté les obstacles intérieurs ou extérieurs et assuré à la Ville une prépondérance exceptionnelle durant plusieurs siècles. Cette quatrième édition souhaite refléter au mieux les dernières études consacrées à la Rome antique : sans que les fondements connus de l'histoire de Rome soient remis en cause, des éléments nouveaux ont permis de distinguer certaines approches, ou d'en nuancer d'autres.
Le narrateur de ce récit se trouve à un moment de l'existence qui ne semble plus rien exiger de lui. Voici qu'une rencontre amoureuse le bouleverse. C'est une jeune femme, Eva. L'événement le surprend d'autant plus que jusque-là, il avait une nette tendance à préférer les femmes mûres. Il est partagé entre l'exaltation et l'effroi. Eva n'est-elle pas victime d'un mirage ? Ne va-t-il pas lui apparaître bientôt pour ce qu'il est ? Il est prêt à s'abandonner. Il renaît. La sensation est merveilleuse. En même temps une angoisse l'assaille, vertigineuse. Il perçoit plus que jamais le sablier. De son côté, elle semble l'aimer sans arrière-pensée, le lui dit, le lui montre. Elle ne paraît aucunement se soucier, elle, de la différence d'âge. Elle lui communique sa sérénité. Un nouvel avenir possible s'est ouvert devant lui. Cependant, il ne peut s'empêcher d'oublier tout à fait le regard des autres. Comment un homme vieillissant et une jeune femme peuvent-ils se sentir en aussi parfaite connivence ? Leur relation inquiète la norme. On ne cesse de lui rappeler la fatalité de son âge. Lorsqu'on fait, à l'automne de sa vie, l'épreuve exaltante d'un dernier amour, cette situation met en jeu des sensations intenses. Le narrateur nous dit, avec profondeur et drôlerie, les affres de ses méditations, sans doute pour s'en délivrer. Il nous fait part de ses extases, des moments sublimes d'une vie nouvelle. Il n'aura jamais fini d'accomplir son éducation sentimentale. Or un nouvel événement inattendu va encore bouleverser la donne...
Le narrateur de ce récit se trouve à un moment de l'existence qui ne semble plus rien exiger de lui. Voici qu'une rencontre amoureuse le bouleverse. C'est une jeune femme, Eva. L'événement le surprend d'autant plus que jusque-là, il avait une nette tendance à préférer les femmes mûres. Il est partagé entre l'exaltation et l'effroi. Eva n'est-elle pas victime d'un mirage ? Ne va-t-il pas lui apparaître bientôt pour ce qu'il est ? Il est prêt à s'abandonner. Il renaît. La sensation est merveilleuse. En même temps une angoisse l'assaille, vertigineuse. Il perçoit plus que jamais le sablier. De son côté, elle semble l'aimer sans arrière-pensée, le lui dit, le lui montre. Elle ne paraît aucunement se soucier, elle, de la différence d'âge. Elle lui communique sa sérénité. Un nouvel avenir possible s'est ouvert devant lui. Cependant, il ne peut s'empêcher d'oublier tout à fait le regard des autres. Comment un homme vieillissant et une jeune femme peuvent-ils se sentir en aussi parfaite connivence ? Leur relation inquiète la norme. On ne cesse de lui rappeler la fatalité de son âge. Lorsqu'on fait, à l'automne de sa vie, l'épreuve exaltante d'un dernier amour, cette situation met en jeu des sensations intenses. Le narrateur nous dit, avec profondeur et drôlerie, les affres de ses méditations, sans doute pour s'en délivrer. Il nous fait part de ses extases, des moments sublimes d'une vie nouvelle. Il n'aura jamais fini d'accomplir son éducation sentimentale. Or un nouvel événement inattendu va encore bouleverser la donne...
Faisant face à la mer se dresse Château-Rouge. Tour de Babel dont les étages naissent au fur et à mesure que s'y installent, les unes après les autres, des familles venues des quatre coins du globe. Africains, Indiens, Français, Arabes y cohabitent. Avec leurs coutumes, leurs bruits, leurs couleurs, leurs odeurs... Jusqu'au jour où le feu va réduire Château-Rouge en cendres. Alors, réunis sur le rafiot de Vieil Océan, bourlingueur-philosophe, chacun des enfants de chaque tribu de Château-Rouge va raconter... Une histoire inspirée de tous les incendies qui, au cours des années 1988-1989, ont ravagé plusieurs immeubles vétustes des 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris, abritant des familles immigrées...
« C'est un sujet inédit. L'amour contemporain. Ne riez pas. Ou plutôt les amours de rencontre. Les amours médiologiques, corrélés à une technologie, suivez-moi bien. On n'a encore jamais vraiment réussi à parler de ça au sens où je l'entends moi : l'amour au temps du TGV, au temps du porno sur toutes les chaînes, l'amour comme force générale, coeur et corps confondus, comme très grande vitesse de recherche éperdue de l'autre par tous les moyens. »Voici un roman de gestes, de voix et d'oreilles, un roman de portable et d'ipod, un roman de désir et d'inhibition, un roman à grande vitesse...
'Sur un fond de silence et de solitude, on perçoit le bruissement de la mer. La ferme est seule en contrebas, plus seule encore que je ne l'imaginais d'après les lettres et les descriptions. Maintenant que je tiens Barnhill sous mes yeux, maintenant que je peux contempler ce paysage, cet océan, que je devine le jardin désormais abandonné, que j'aperçois des restes du verger, maintenant que je peux imaginer l'homme oscillant entre la main à plume et la main à charrue, entre la chambre où s'invente Big Brother et cette vie du dehors livrée aux éléments, à l'écart de l'Histoire, je ne vois pas davantage de raison majeure, de raison tout court qui l'emporterait, qui puisse justifier cette fugue, mis à part ce qui dépasse la raison, une pulsion profonde, une intériorité exigeante, radicale, propulsant assez loin de ce que l'on croit être soi, de la figure de soi que les circonstances ont façonnée, et de ce que l'on passe pour être au regard des autres.' Jean-Pierre Martin.
'Sur un fond de silence et de solitude, on perçoit le bruissement de la mer. La ferme est seule en contrebas, plus seule encore que je ne l'imaginais d'après les lettres et les descriptions. Maintenant que je tiens Barnhill sous mes yeux, maintenant que je peux contempler ce paysage, cet océan, que je devine le jardin désormais abandonné, que j'aperçois des restes du verger, maintenant que je peux imaginer l'homme oscillant entre la main à plume et la main à charrue, entre la chambre où s'invente Big Brother et cette vie du dehors livrée aux éléments, à l'écart de l'Histoire, je ne vois pas davantage de raison majeure, de raison tout court qui l'emporterait, qui puisse justifier cette fugue, mis à part ce qui dépasse la raison, une pulsion profonde, une intériorité exigeante, radicale, propulsant assez loin de ce que l'on croit être soi, de la figure de soi que les circonstances ont façonnée, et de ce que l'on passe pour être au regard des autres.' Jean-Pierre Martin.