Jean-Numa Ducange
Jean-Numa Ducange
En 1945, Léon Blum affirmait que le socialisme était le « maître de l'heure ». Malgré les terribles difficultés matérielles de l'époque, nul doute quant à l'avenir de l'humanité : après la chute du fascisme, le XXe siècle serait bien celui du socialisme. Dès les années 1990, l'effondrement du système soviétique bouleverse cette perspective en rompant avec les visées égalitaires et utopiques du socialisme historique. Depuis, les partis socialistes au pouvoir en Europe peinent à imposer leurs marques et à durer. Doit-on conclure à la reddition totale d'une idée qui, il n'y a pas si longtemps, semblait dominer une large partie du monde ? L'idée socialiste incarnait alors l'espérance de vastes fractions de la population déterminées à renverser un capitalisme générateur d'inégalités insupportables. Jean-Numa Ducange dresse un bilan historique équilibré des forces et des faiblesses du socialisme. Il invite à le repenser à nouveau frais et à examiner ce qu'il en reste dans notre monde individualiste.
Parmi les grands courants de pensée de l'histoire contemporaine, le marxisme occupe une place à part. Né après la mort de Karl Marx dans le contexte de développement des partis ouvriers, il est devenu l'une des idéologies les plus influentes du XXe siècle, revendiquée par des régimes politiques et de nombreux intellectuels de sensibilités diverses. Tour à tour, Jean-Numa Ducange expose les principes fondamentaux du marxisme, puis il présente ses multiples déclinaisons au XXe siècle, depuis sa version stalinienne la plus rigide jusqu'aux nombreux courants critiques qu'il nourrit intellectuellement pendant des décennies. Enfin, il rend compte de l'éclatement en « mille marxismes » après la chute du mur de Berlin, soit la période de son incontestable déclin, contrebalancé toutefois par quelques renouveaux récents dans le contexte de la crise du capitalisme.
Du XIXe au XXIe siècle, cet ouvrage monumental retrace l’épopée des socialismes à travers le monde. Une synthèse inédite, à la fois dictionnaire, analyse historique et manifeste pour repenser l’avenir politique et écologique.
Le rituel constitue l'une des catégories emblématiques de la discipline anthropologique, au point qu'étudier un quelconque événement qualifié de "rituel" revient à faire oeuvre d'anthropologue. Mais ce qu'est exactement le rituel, ce qu'il produit et comment, reste une question ouverte pour les anthropologues mêmes. Il existe, au sein de la discipline, différentes manières de concevoir et d'interpréter le phénomène. Ce troisième volume des Bororó, les araras et Nous interroge à nouveaux frais cette catégorie à partir de deux grands problèmes : quelle fonction l'action rituelle remplit-elle dans le social et en quoi se distingue-t-elle, par sa forme, de l'action non rituelle ? Revisitant le naven des Iatmul de Papouasie-Nouvelle-Guinée et le culte de possession birman dit des 37 Seigneurs, la présente enquête tente de comprendre ce que le fait rituel recèle de si spécial qui explique sa valeur singulière et sa prégnance dans la vie des sociétés humaines.
Sources inédites, approche internationale…. LA biographie définitive du fondateur du parti socialiste. Résumer la vie et l'œuvre de Jean Jaurès (1859-1914) en quelques lignes est une gageure. Normalien, philosophe, professeur, député (à seulement 26 ans), brillant orateur, journaliste éclairé ou encore patriote internationaliste, il est incontestablement une figure emblématique de l'histoire française et européenne. Nombre d'historiens se sont déjà emparés de ce parcours hors du commun, mais Jean-Numa Ducange nous offre dans cette belle biographie un regard renouvelé sur le célèbre leader de la gauche. Il insiste notamment sur l'influence locale, nationale mais surtout internationale de Jean Jaurès : il suit les visites du tribun des plus petites villes du pays jusqu'aux échos et traductions de ses discours dans toute l'Europe – de Milan à Saint-Pétersbourg. Par ailleurs, pour reconstituer sa trajectoire, de nouvelles archives sont mobilisées : fonds privés inédits de dirigeants de l'époque récemment exhumés, bibliothèque personnelle de Jaurès, archives de la Préfecture de Police, mais aussi des fonds allemands et russes jamais exploités. On entrevoit alors un homme exceptionnel, un député sensible à la langue occitane de ses origines comme au concert diplomatique entre les nations, un orateur hors pair capable de parler aux paysans du Tarn comme aux militants aguerris, et enfin un lettré qui se fait tour à tour philosophe, historien et spécialiste des questions militaires. La biographie référente qui faisait défaut.
Jules Guesde est l'une des personnalités les plus marquantes de la gauche française et l'une des plus controversées. Militant infatigable et brillant orateur, il est l'un des premiers à introduire la pensée marxiste en France et à vouloir structurer le monde ouvrier par un parti politique afin de s'opposer au capitalisme. Malgré son intransigeance et son dogmatisme, Jean Jaurès choisit de s'allier avec lui. Le "guesdisme" fut ainsi déterminant dans la fondation du parti socialiste français et son vocabulaire de la "lutte des classes" aura marqué tout le XXe siècle.Dans cette biographie originale, Jean-Numa Ducange nous fait découvrir cet homme politique hors normes de la Troisième République, trop souvent méconnu, et qui aura pesé de tout son poids dans l'histoire du socialisme en France.
Karl Marx est universellement connu pour ses théories sociales et économiques, notamment autour du capital. De nombreux mouvements révolutionnaires ont adopté
La pensée de Marx souffre encore d'avoir été longtemps associée à des régimes politiques discrédités. Pourtant, Marx reste sans doute le penseur le plus pertinent de l'économie capitaliste et de ses dérives, du travail et de la révolution. Il importe donc de débarrasser l'oeuvre de ses gloses et autres commentaires pour en revenir au texte même. C'est ce à quoi s'emploie Jean-Numa Ducange dans cet abécédaire, où il a retenu une centaine de mots caractéristiques du vocabulaire de Marx, suivis de la définition même qu'en propose ce dernier. Une bonne manière de faire connaissance (ou de reprendre le contact) avec un penseur-phare dont la philosophie de l'histoire a profondément imprégné nos imaginaires. Aliénation, État, luttes de classes, matérialisme, prolétariat, travail... «?À la lettre?»?: une collection pour revisiter ses classiques «?dans le texte?».
La fin de la Première Guerre mondiale voit une vague révolutionnaire déferle sur toute l'Europe. A Berlin et à Vienne, la défaite des deux grands Empires amène la proclamation de républiques en novembre 1918. Les partis ouvriers accèdent aux responsabilités. En réponse aux aspirations à une démocratie radicale et à un monde débarrassé de la guerre et de l'exploitation, des lois sociales sont promulguées mais les franges les plus radicales veulent aller plus loin et s'inspirer du nouveau modèle soviétique. Rosa Luxemburg, leur porte-drapeau et leur emblème, est assassinée le 15 janvier 1919 par des corps francs avec le soutien du nouveau gouvernement social-démocrate. Quelques mois plus tard, à Munich, une éphémère république socialiste bavaroise est également écrasée dans le sang... par des individus qui, pour certains, deviendront les proches d'Adolf Hitler. Dans les années 1920, la division du mouvement ouvrier, entre autres, permet au nationalisme de se développer et aboutit une décennie plus tard à l'écrasement en quelques mois par le nazisme des plus anciens et plus puissants partis ouvriers du monde.
Que se passerait-il si nous décidions d'apprendre à nous connaître à la manière des anciens Grecs ? Et si nous choisissions de prendre pour maîtres Pythagore et Parménide, Épictète et Pyrrhon, Épicure et Diogène ? À travers une chronique de six semaines, chacune suivant les préceptes d'une école philosophique différente, Ilaria Gaspari nous entraîne dans une expérience existentielle étonnante, parfois sérieuse, parfois désopilante, mais toujours pleine de sagesse. Nous découvrirons ainsi qu'en nous pliant aux règles du pythagorisme, nous pouvons corriger la paresse, tandis que les paradoxes de Zenon révèlent des contradictions étranges dans la manière dont nous sommes habitués à considérer le rythme de la vie. Et si être épicurien n'est pas aussi plaisant qu'il y paraît au premier abord, le cynisme peut au contraire procurer des joies inattendues. Un exercice de philosophie pratique qui nous enseigne à devenir maîtres du temps qui passe.
" Ici, l'imagination sert l'improbable, et le sens de la vie se fait insaisissable, comme le temps qui passe. Mais avec un charme indéniable, presque envoûtant. " Le FigaroDans ses nouvelles, dès la première phrase, Dino Buzzati ménage l'art du suspense et invite à le suivre, à découvrir des situations, des personnages forcément moins ordinaires qu'ils n'y paraissent a priori. Autant d'appels à la lecture... Tirées de différents volumes publiés en Italie du vivant de l'auteur, ces nouvelles couvrent une période de plus de vingt-cinq ans, de 1942 à 1968. On retrouvera dans les premières l'Afrique, que Buzzati connut durant la Seconde Guerre mondiale comme correspondant de guerre et envoyé spécial. Les textes plus tardifs sont d'une tonalité très différente : citons " L'autre Venise ", qui dévoile une Venise inhabituelle que seul révèle le crépuscule. Mais le lecteur reconnaîtra aussi des thèmes qui ont hanté Buzzati tout au long de sa vie, de son oeuvre - le mystère, la mort et la figure de l'écrivain au travail - et qui nous livrent quelque chose de l'homme et de l'auteur.
Ce manuel propose à l'étudiant une étude du groupe dans une perspective psychosociale. A partir de nombreux exemples et cas concrets, cette 6e édition, actualisée et à jour des dernières recherches, constitue une excellente introduction aux méthodes et applications des théories de la psychologie sociale.
Jaurès pacifiste, dreyfusard, père du socialisme réconcilié avec la République. Toutes ces images bien sûr recouvrent une certaine réalité, mais elles n'épuisent pas les questions entourant le personnage. Comment, en particulier, Jaurès a-t-il perçu le monde nouveau qui s'annonce durant ces années où le xixe siècle bascule vers le xxe ? L'oeuvre de Jaurès ne porte pas seulement la marque d'un siècle qui s'attarde. À l'inverse de préjugés largement répandus, plus Jaurès vieillit, plus il se montre ouvert à la compréhension d'un monde internationalisé et pluriel, qu'il observe avec un enthousiasme interrogateur. Cette quête jaurésienne du pluralisme culturel se lit aussi bien dans sa critique de l'ordre colonial que dans sa découverte de l'Amérique, autant dans son interrogation sur les formes de la culture scolaire, dans sa lutte contre la peine de mort que dans sa définition du socialisme comme culture. Il se penche de la même manière sur les premiers mouvements qui s'érigent contre l'omnipotence européenne, en Asie ou encore au Maghreb. Lui qui avait été un temps un soutien déterminé de la colonisation, le voici qui s'ouvre, notamment à propos du Maroc, à sa critique progressive, voire à une hostilité manifeste. Il cherche en général à comprendre avec une force renouvelée la rencontre des cultures locales, nationales ou internationales, avec la volonté qu'elle soit le signe, non de la fermeture et de la barbarie, mais de la construction d'une nouvelle humanité. C'est ce Jaurès original et attentif aux questions du nouveau siècle que ce volume invite à découvrir. L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l'université de Rouen, spécialiste des gauches en France et en Allemagne, et à Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon, spécialiste des mondes ouvriers. Tous deux sont membres de la Société d'études jaurésiennes.
Karl Marx est universellement connu pour ses théories sociales et économiques, notamment autour du capital. De nombreux mouvements révolutionnaires ont adopté sa pensée, le marxisme. L'ouvrage de Jean-Numa Ducange reprend en les vulgarisant la pensée de Marx ainsi que son ouvrage majeur qui reste une référence : Le Capital. Il s'intéresse également à sa postérité et son influence de sa mort à nos jours. Interprétation humaine Durée : 03H26
La gauche doit-elle défendre la nation ? Crise du projet européen, mises en cause des frontières, retour des nationalismes et xénophobie font chaque jour l'actualité. Le dépassement des frontières nationales, qui semblait un temps aller de soi, n'était-il pas une erreur de diagnostic ? Dans des sociétés plurielles, comment peuvent coexister des populations qui ne disposent pas, à l'origine, d'une histoire partagée ? Toutes ces interrogations furent débattues par la gauche européenne au cours de son histoire. Dans cet essai novateur élaboré à partir du monde germanophone, Jean-Numa Ducange restitue ce grand débat qui occupa les têtes pensantes du socialisme, comme le quotidien des militants. Dans la seconde moitié du xixe siècle, les premiers partis socialistes durent se confronter à une évidence : l'extension du marché et du capitalisme, pas plus que les luttes des travailleurs à l'échelle internationale, n'ont conduit à la disparition des nations. Le Parti social-démocrate allemand n'est à l'époque pas seul à proposer des solutions, mais nul n'a alors plus d'influence à l'étranger : de Paris à Moscou, il fascine. Surtout, lui et son alter ego autrichien sont confrontés aux problèmes posés par la coexistence de multiples nationalités, tandis que la question coloniale s'impose sur le devant de la scène. Jean-Numa Ducange est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rouen Normandie (GRHIS) et membre junior de l'Institut universitaire de France. Il a notamment publié La Révolution française et la social-démocratie (PUR, 2012) et Jules Guesde. L'anti-Jaurès ? (Armand Colin, 2017).
Des sciences humaines à la vie interne des partis politiques, des avant-gardes artistiques au monde colonial francophone, de l'extrême-gauche à la droite aronienne, un regard singulier qui permet de comprendre les multiples usages et déformations d'une oeuvre qui reste parmi les plus importantes de l'époque contemporaine.
Depuis 1815, la question n'a cessé de hanter des générations d'historiens et responsables politiques à l'échelle internationale : comment écrire l'histoire de la Révolution française ? Au XIXe siècle, elle fascine et suscite la critique des révolutionnaires français mais aussi allemands, italiens, latino-américains et russes. Au XXe siècle avec la révolution de 1917 et le mouvement anticolonial, elle devient la référence obligée de toute réflexion sur un processus révolutionnaire. En parallèle, un mouvement vers une écriture scientifique des événements se fait jour, des États-Unis au Japon. Référence inscrite dans le « grand récit » hexagonal, la Révolution suscita ainsi une réception mondiale, où histoire et politique furent souvent liés. C'est de ce mouvement complexe dont cette synthèse entend rendre compte.
Publication des dernières nouvelles inédites en français de Dino Buzzati : la pièce qui manquait encore au puzzle... Après Nouvelles inquiètes, la collection " Pavillons " publie Nouvelles oubliées, un nouveau recueil de textes inédits en français. Avec cet ouvrage, le lecteur français a désormais accès à toute l'oeuvre narrative de Buzzati. Le choix a été fait de classer ces textes selon l'ordre chronologique de leur publication en Italie : la période couverte s'étend sur plus de vingt-cinq ans ; de 1942 (" Élégance militaire ") à 1968 (" Le mausolée "). Le lecteur retrouvera dans les premières nouvelles l'Afrique que Buzzati connut durant la Seconde Guerre mondiale où, en tant que journaliste, il fut correspondant de guerre et envoyé spécial. À l'autre bout de l'échelle du temps, on trouvera des textes d'une tonalité très différente : citons " L'autre Venise ", texte poétique qui nous fait découvrir une Venise inhabituelle que seul révèle le crépuscule. Mais le lecteur rencontrera aussi des thèmes qui ont hanté Buzzati tout au long de sa vie, de son oeuvre : le temps, la mort, le destin...