Jean Florence
Jean Florence
Si les rapports entre l'art et la folie font l'objet d'une interrogation qui remonte aux origines de la culture, l'établissement d'un lien plus organisé entre la psychiatrie et des techniques empruntées aux pratiques artistiques date, lui, de la fin du siècle dernier. Mais c'est surtout depuis les années soixante qu'aux États-Unis comme en Europe on a vu se créer dans nombre de services de psychiatrie, des centres de jour, et des centres de postcure, des ateliers proposant aux patients des activités d'expression ou de créativité, animés par des membres du personnel soignant, des artistes amateurs ou des artistes de métier. De manière d'abord toute empirique et quelquefois plus organisée, s'est ainsi mise en place une extraordinaire variété de techniques que le nom ambigu d'art-thérapie vient désigner désormais. Ce livre est un essai critique qui cherche à mettre au jour quelques présupposés sous-jacents à ces activités. Il invite ceux qui s'intéressent à ce champ où se nouent toutes sortes de liaisons plus ou moins fécondes ou dangereuses, à préciser les outils conceptuels susceptibles d'éclairer ces pratiques. Les dangers qui les guettent sont essentiellement l'objectivation psychologique, l'utilisation des oeuvres à des fins diagnostiques, le besoin effréné d'interpréter et d'expliquer. L'oeuvre de H. Prinzhorn, un précurseur éminent, ou les initiatives de quelques animateurs d'ateliers actuels, permettent de dégager des directions de recherches intéressantes. La réflexion débouche sur l'analyse dudit effet thérapeutique, à partir de ce qu'enseigne la pratique psychanalytique. Il ne s'agit ni d'une histoire de l'art, ni d'une histoire des thérapies mais d'un dialogue entre l'analyste, l'artiste et le thérapeute sur quelques points cruciaux qui les rapprochent ou les séparent: exprimer, signifier, créer, jouer, symboliser...
La notion d'identification appartient au langage courant et à celui de la psychologie. Elle désigne généralement un phénomène propre à la relation avec autrui et son usage recoupe celui de notions telles que l'imitation, la sympathie, la participation affective, la contagion mentale. L'expérience et l'écriture freudiennes ont produit une mutation dans ce champ sémantique de l'intersubjectivité. En psychanalyse, l'identification ressortit aux processus inconscients ; elle obéit à des lois qui subvertissent les données de la psychologie empirique et philosophique. Ce travail d'analyse et de déconstruction du langage et, par conséquent, de l'expérience, est suivi dans le présent ouvrage en serrant au plus près les textes de Freud. Que l'identification y apparaisse d'emblée comme un processus de formation de symptômes et une modalité du refoulement, suffit à indiquer la direction et l'enjeu de la recherche psychanalytique. À mesure que se développent pour Freud la pratique clinique et sa conceptualisation, l'identification se trouve prise dans un réseau de plus en plus complexe de concepts : l'inconscient, la sexualité, les vicissitudes pulsionnelles, le narcissisme, la répétition, la pulsion de mort, l'oedipe, la castration. Ce livre s'efforce de montrer la solidarité de l'élaboration du concept d'identification avec le mouvement des remaniements de la problématique freudienne dans sa singulière histoire, en indiquant les questions que Freud a laissées ouvertes, inachevées, et la manière dont les psychanalystes, aujourd'hui, tentent d'en poursuivre l'énonciation.
La loi, qui a peut-être été trop célébrée à une certaine époque, n'a pas bonne presse dans l'éthique chrétienne actuelle, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque certains n'hésitent pas à l'en bannir purement et simplement. Il s'agit cependant d'une notion et d'une réalité fondamentales dont il faudrait redécouvrir la fonction constitutive pour l'agir humain en général et pour l'agir chrétien en particulier. Cet ouvrage veut y disposer par une réflexion pluridisciplinaire qui fait appel à la philosophie, au droit, à la sociologie, à l'exégèse, à la psychanalyse et à la théologie, en vue d'éclairer quelque peu la signification du concept de loi et, par conséquent, la fonction que celle-ci joue dans l'éthique chrétienne.
Plongez dans Les Enfants de la Résistance - Tome 3 - Les Deux géants, où François, Lisa et Eusèbe, sous le nom de LYNX, risquent tout pour résister à l'occupation nazie.
Ce volume reproduit les actes du Colloque organisé aux Facultés universitaires Saint-Louis les 3 et 4 mai 1974 en hommage à Mgr Van Camp. Il veut apporter une contribution aux problèmes de la rencontre inter-disciplinaire en sciences humaines. Trois domaines sont abordés : - psychanalyse et création littéraire et plastique ; - épistémologie des sciences sociales ; - Réflexion philosophique sur l'égalité en droit et en morale. Littéraires, économistes, sociologues, juristes, psychanalystes et philosophes y trouveront matière à réflexion et à discussion.
Qu'est-ce que la psychologie ? D'où proviennent ses insurmontables ambiguïtés ? Comment évaluer ses apparents succès ? Comment rendre compte des suspicions qu'elle soulève ? La critique épistémologique, confirmée par la critique de la généalogie des sciences humaines et par la critique psychanalytique, permet d'apercevoir que cette psychologie moderne occupe une place à la fois symptomatique et fonctionnelle dans notre culture. Les savoirs psychologiques sont inconcevables hors de leurs relations, souvent méconnues avec les productions de l'art, les pratiques juridiques et politiques, les développements de la médecine. Ce livre tente de reformuler ces questions à partir d'une série d'interrogations issues de la pratique de l'enseignement d'une « psychologie » à l'usage de non-psychologues et de la pratique de la psychanalyse. Le fil conducteur de l'ensemble de ces essais, issu de l'expérience de la psychanalyse, est une mise à l'épreuve de ces savoirs dits « psy », au regard d'une visée éthique fondée sur l'ouverture que la reconnaissance de l'inconscient exige de maintenir dans tout savoir, y compris celui de la psychanalyse.