Franz-Olivier Giesbert
Franz-Olivier Giesbert
Regarder vers la mer, s'évader sur son immensité, y puiser l'inspiration, dompter son énergie, préserver l'univers silencieux qu'elle abrite... La Revue des Deux Mondes met ce mois-ci le cap sur l'infinité des richesses et des potentiels du bleu de notre planète. Avec gouaille et tendresse, Olivier de Kersauson raconte sa longue histoire d'amour avec la mer, fougueuse et insatiable, qui lui a offert « des moments de vraie grâce, en tête-à-tête avec (ton) âme, loin des fracas du monde ». À près de 80 ans, « l'Amiral », qui a jeté l'ancre à Tahiti, demeure « émerveillable, blasé de rien et heureux ». Forte du deuxième espace marin mondial grâce à ses Outre-mer, la France est une puissance maritime, dont les fondations ont été posées par Napoléon III. Infrastructures, développement économique, flotte de commerce, Marine et conquêtes de nouveaux territoires, le legs de notre dernier Empereur est en la matière déterminant. Aujourd'hui, l'économie de la mer figure parmi les rares secteurs excédentaires de notre balance commerciale, en dépit de ports insuffisamment désenclavés et d'une pêche en berne. Créateur d'un genre, Eugène Sue fut le pionnier du roman de la mer français tandis que l'océan irrigue la plume de nos plus illustres poètes et écrivains : Chateaubriand, Baudelaire, Rimbaud...et surtout Victor Hugo, « l'homme-océan ». « J'ai eu deux affaires dans ma vie, Paris et l'Océan », dit-il à la fin de sa vie. Au Moyen-Orient, la sanglante attaque du Hamas le 7 octobre a propulsé le conflit israélo-palestinien au centre des préoccupations géopolitiques. Si sa sauvagerie a logiquement suscité la solidarité des Occidentaux avec Israël, cette agression leur a aussi rappelé que la résolution de la question palestinienne ne pourra indéfiniment être mise sous le tapis, au risque d'un embrasement régional généralisé. Faute d'avoir veillé sur sa flamme, la lumière des accords d'Oslo (1993) a disparu mais il faudra bien un jour la rallumer car les aspirations nationales d'un peuple, elles, ne s'éteignent jamais. La rengaine du « modèle allemand » est-elle passée de mode ? Oui, au regard des prévisions de croissance négative pour l'Allemagne, qui sera en 2023 la seule économie développée à enregistrer une telle contre-performance. En cause : la Chine, jadis cliente vorace, aujourd'hui puissance rivale de Berlin. Passions, espoirs, souffrances...tout le vacarme de l'humanité s'incarnait dans la voix de Maria Callas, née il y a tout juste un siècle. Cantatrice au destin cruel, consumée par le travail et l'abandon, elle siège parmi les déesses éternelles. Bonne lecture !
"Quand le général de Gaulle a pris le pouvoir en 1958, la France était quasiment par terre, à cause, entre autres, de la guerre d'Algérie et de l'effondrement des "élites". Prophétique, machiavélique et prosaïque, il l'a remise debout en à peine un an, sans négliger les plus infimes détails, ni lésiner sur les roueries et les mensonges. Le personnage que je dépeins est bien plus complexe que celui de la légende." F.-O. G. Dans le premier tome de son Histoire intime de la Ve République en trois époques, Franz-Olivier Giesbert revisite les années de Gaulle en y mêlant ses souvenirs personnels, pour dresser un portrait du Général en visionnaire, aussi inspiré que madré.
"Quand le général de Gaulle a pris le pouvoir en 1958, la France était quasiment par terre, à cause, entre autres, de la guerre d'Algérie et de l'effondrement des "élites". Prophétique, machiavélique et prosaïque, il l'a remise debout en à peine un an, sans négliger les plus infimes détails, ni lésiner sur les roueries et les mensonges. Le personnage que je dépeins est bien plus complexe que celui de la légende." F.-O. G. Dans le premier tome de son Histoire intime de la Ve République en trois époques, Franz-Olivier Giesbert revisite les années de Gaulle en y mêlant ses souvenirs personnels, pour dresser un portrait du Général en visionnaire, aussi inspiré que madré.
"C'était le bon temps. Les films de Sautet, les chansons de Dalida, Nino Ferrer, Alain Bashung. Sous le signe de Pompidou, Giscard, Mitterrand, Sartre et Mao, les années 1970 furent à la fois insouciantes, bourgeoises et révolutionnaires. Pendant cette décennie, la France connaît une croissance économique incroyable, c'est la Belle Époque de la Ve. Mais après avoir été frappée par deux chocs pétroliers, elle a peiné à relever les défis qui se posaient : l'urgence écologique, le début de la désindustrialisation et du chômage, l'immigration, la perte de l'autorité, des repères... Pour écrire cette trilogie, j'ai épluché plus de cinquante ans d'archives personnelles. Ce qui m'a permis de confronter mes regards d'hier et d'aujourd'hui, ceux des acteurs de l'époque aussi, avec mes propres souvenirs comme avec les grands évènements historiques." F.-O. G.
"C'était le bon temps. Les films de Sautet, les chansons de Dalida, Nino Ferrer, Alain Bashung. Sous le signe de Pompidou, Giscard, Mitterrand, Sartre et Mao, les années 1970 furent à la fois insouciantes, bourgeoises et révolutionnaires. Pendant cette décennie, la France connaît une croissance économique incroyable, c'est la Belle Époque de la Ve. Mais après avoir été frappée par deux chocs pétroliers, elle a peiné à relever les défis qui se posaient : l'urgence écologique, le début de la désindustrialisation et du chômage, l'immigration, la perte de l'autorité, des repères... Pour écrire cette trilogie, j'ai épluché plus de cinquante ans d'archives personnelles. Ce qui m'a permis de confronter mes regards d'hier et d'aujourd'hui, ceux des acteurs de l'époque aussi, avec mes propres souvenirs comme avec les grands évènements historiques." F.-O. G.
Mitterrand prétendait "changer la vie" en 1981. La présidence Chirac s'est enrayée sitôt commencée. Le repli s'est poursuivi, bon an mal an, sous leurs successeurs qui n'ont pas toujours démérité. La France n'a certes pas encore touché le fond, mais elle s'est laissée aller. Ce qui n'empêche ni les plaisirs, ni les joies, ni les chansons qui égaient notre vie, ni la nostalgie de ceux qui nous ont quittés - Aragon, Barbara, Johnny Hallyday, Belmondo... J'ai voulu raconter comme je l'avais vécu ce temps de faux espoirs et de vraies ruptures, dans un va-et-vient entre nos perceptions d'alors et notre regard d'aujourd'hui. Avec la conviction qu'il n'y a jamais de fatalité en histoire. F.-O. G.
Mitterrand prétendait "changer la vie" en 1981. La présidence Chirac s'est enrayée sitôt commencée. Le repli s'est poursuivi, bon an mal an, sous leurs successeurs qui n'ont pas toujours démérité. La France n'a certes pas encore touché le fond, mais elle s'est laissée aller. Ce qui n'empêche ni les plaisirs, ni les joies, ni les chansons qui égaient notre vie, ni la nostalgie de ceux qui nous ont quittés - Aragon, Barbara, Johnny Hallyday, Belmondo... J'ai voulu raconter comme je l'avais vécu ce temps de faux espoirs et de vraies ruptures, dans un va-et-vient entre nos perceptions d'alors et notre regard d'aujourd'hui. Avec la conviction qu'il n'y a jamais de fatalité en histoire. F.-O. G.
"À ma façon, je suis un immigré et un fils d'immigré. Mon père américain, l'un des soldats du débarquement allié du 6 juin 1944, avait fini par prendre racine en Normandie, où j'ai été élevé après ma naissance aux États-Unis. C'est sans doute pourquoi je suis un amoureux de tout ce qui fait la France - la grâce de la langue, le charme ordonné des paysages, l'esprit critique, les prodiges de la gastronomie, la civilité, la gauloiserie, la nostalgie des gloires passées. Alors que notre pays est entré dans une époque de grandes turbulences, j'ai cherché, pour clore mon Histoire intime de la Ve République, à connaître d'où nous venons afin de comprendre ce qui nous est arrivé. Tout est lié : nos passions idéologiques, nos haines recuites et la tentation de l'abîme qui nous ont menés là où nous sommes. Autant de singularités qui, avec une certaine indolence, ne datent pas d'hier. C'est pourquoi je vous invite à un voyage dans la France d'avant, celle du XXe siècle, que j'ai vécue en partie aux premières loges comme journaliste, celle du redressement industriel et du triomphe de la variété française qui faisait chanter la planète avec Dalida ou Bécaud. Je vous emmènerai aussi dans l'histoire plus ancienne, de la Révolution de 1789 à la Commune de 1871, où se lisent déjà les traits distinctifs de notre caractère national et dont les graines continuent de germer. Avec toujours la même question lancinante : mais qu'attend donc ce pays merveilleux pour se réveiller ?" F.-O. G.
"À ma façon, je suis un immigré et un fils d'immigré. Mon père américain, l'un des soldats du débarquement allié du 6 juin 1944, avait fini par prendre racine en Normandie, où j'ai été élevé après ma naissance aux États-Unis. C'est sans doute pourquoi je suis un amoureux de tout ce qui fait la France - la grâce de la langue, le charme ordonné des paysages, l'esprit critique, les prodiges de la gastronomie, la civilité, la gauloiserie, la nostalgie des gloires passées. Alors que notre pays est entré dans une époque de grandes turbulences, j'ai cherché, pour clore mon Histoire intime de la Ve République, à connaître d'où nous venons afin de comprendre ce qui nous est arrivé. Tout est lié : nos passions idéologiques, nos haines recuites et la tentation de l'abîme qui nous ont menés là où nous sommes. Autant de singularités qui, avec une certaine indolence, ne datent pas d'hier. C'est pourquoi je vous invite à un voyage dans la France d'avant, celle du XXe siècle, que j'ai vécue en partie aux premières loges comme journaliste, celle du redressement industriel et du triomphe de la variété française qui faisait chanter la planète avec Dalida ou Bécaud. Je vous emmènerai aussi dans l'histoire plus ancienne, de la Révolution de 1789 à la Commune de 1871, où se lisent déjà les traits distinctifs de notre caractère national et dont les graines continuent de germer. Avec toujours la même question lancinante : mais qu'attend donc ce pays merveilleux pour se réveiller ?" F.-O. G.
Un essai libéral, insolent et personnel
Ceci est l'épopée drolatique d'une cuisinière qui n'a jamais eu peur de rien. Personnage loufoque et truculent, Rose a survécu aux abjections de cet affreux XXe siècle qu'elle a traversé sans rien perdre de sa sensualité ni de sa joie de vivre. Entre deux amours, elle a tout subi : le génocide arménien, les horreurs du nazisme, les délires du maoïsme. Mais, chaque fois, elle a ressuscité pour repartir de l'avant. Grinçant et picaresque, ce livre raconte les aventures extraordinaires d'une centenaire scandaleuse qui a un credo : "Si l'Enfer, c'est l'Histoire, le Paradis, c'est la vie."
Plongez dans l'épopée drolatique et truculente de La cuisinière d'Himmler, où Rose, centenaire au caractère bien trempé, traverse les pires horreurs du XXe siècle sans jamais perdre sa joie de vivre.
Au plus fort de la guerre, Harald Gottsahl, un officier nazi, abrite Lila, une jeune Juive dont il est amoureux. Mais ils perdent contact lorsqu'elle est contrainte de fuir. Des années plus tard, Lila le retrouve sous sa véritable identité : Élie Weinberger. Que cache l'histoire de ce juif, travesti en officier nazi pour survivre ? Remontant le temps, ce roman nous raconte l'étrange lien qui unit les familles Weinberger et Gottsahl. Deux familles issues de la bourgeoisie allemande éclairée, l'une juive, l'autre catholique. Deux familles au destin différent et indissociable des pires horreurs de la première moitié du XXe siècle.
Au plus fort de la guerre, Harald Gottsahl, un officier nazi, abrite Lila, une jeune Juive dont il est amoureux. Mais ils perdent contact lorsqu'elle est contrainte de fuir. Des années plus tard, Lila le retrouve sous sa véritable identité : Élie Weinberger. Que cache l'histoire de ce juif, travesti en officier nazi pour survivre ? Remontant le temps, ce roman nous raconte l'étrange lien qui unit les familles Weinberger et Gottsahl. Deux familles issues de la bourgeoisie allemande éclairée, l'une juive, l'autre catholique. Deux familles au destin différent et indissociable des pires horreurs de la première moitié du XXe siècle.
"La vie, disait-il, est une tartine de merde dont il faut avaler chaque jour une bouchée. Pour faire passer, il suffit de se gaver de confitures ! - C'est quoi, les confitures ? - L'amour, le ciel, la terre, la nature." Où va le monde ? Sommes-nous devenus fous ? Sur fond de canicule, de bains de mer, de tyrannie de la "vertu" et de tensions en tout genre, Dernier été est une histoire d'amour, mais aussi une satire drôle, féroce, de notre temps et de celui qui vient. Avec un parti pris : celui d'en rire.
"La vie, disait-il, est une tartine de merde dont il faut avaler chaque jour une bouchée. Pour faire passer, il suffit de se gaver de confitures ! - C'est quoi, les confitures ? - L'amour, le ciel, la terre, la nature." Où va le monde ? Sommes-nous devenus fous ? Sur fond de canicule, de bains de mer, de tyrannie de la "vertu" et de tensions en tout genre, Dernier été est une histoire d'amour, mais aussi une satire drôle, féroce, de notre temps et de celui qui vient. Avec un parti pris : celui d'en rire.
"Autant vous prévenir tout de suite : ceci n'est pas un ouvrage de théologie. Si c'est ce que vous attendez, débarrassez-vous-en sans tarder. J'ai un grand respect pour elle mais, à haute dose, il me semble qu'elle peut tuer la foi. Or, mon sujet, c'est précisément la foi. La foi du charbonnier, celle qui vous donne un sourire stupide du lever au coucher, celle qui vous porte vers les autres, les fleurs, les enfants, les bêtes, celle qui ne s'apprend pas dans les livres. L'existence de Dieu ne se prouve pas, elle ne se prouvera jamais. Elle se sent."
"Autant vous prévenir tout de suite : ceci n'est pas un ouvrage de théologie. Si c'est ce que vous attendez, débarrassez-vous-en sans tarder. J'ai un grand respect pour elle mais, à haute dose, il me semble qu'elle peut tuer la foi. Or, mon sujet, c'est précisément la foi. La foi du charbonnier, celle qui vous donne un sourire stupide du lever au coucher, celle qui vous porte vers les autres, les fleurs, les enfants, les bêtes, celle qui ne s'apprend pas dans les livres. L'existence de Dieu ne se prouve pas, elle ne se prouvera jamais. Elle se sent."
"Tiphanie s'esclaffe en interprétant une chanson de troubadour et je me demande comment elle peut rire après tout ce qu'elle a vécu, les croisades, le froid, les défaites, la prison." Experte en amour et en pâtisseries, Tiphanie dite Belle d'amour a été l'une des suivantes de Saint Louis. Mais sa vie n'a rien d'un conte de fées. Jetée très jeune sur les chemins du royaume après la condamnation à mort de ses parents, elle est réduite en esclavage à Paris d'où elle s'échappe pour trouver refuge dans les bras d'Enguerrand, un bourreau. Ensemble, ils répondent à l'appel des croisés et s'embarquent vers la Terre sainte. Une épopée dans un Moyen Âge qui rappelle beaucoup notre époque : politique et religion s'y entremêlent pendant que l'Orient et l'Occident se font la guerre au nom de Dieu.
"Tiphanie s'esclaffe en interprétant une chanson de troubadour et je me demande comment elle peut rire après tout ce qu'elle a vécu, les croisades, le froid, les défaites, la prison." Experte en amour et en pâtisseries, Tiphanie dite Belle d'amour a été l'une des suivantes de Saint Louis. Mais sa vie n'a rien d'un conte de fées. Jetée très jeune sur les chemins du royaume après la condamnation à mort de ses parents, elle est réduite en esclavage à Paris d'où elle s'échappe pour trouver refuge dans les bras d'Enguerrand, un bourreau. Ensemble, ils répondent à l'appel des croisés et s'embarquent vers la Terre sainte. Une épopée dans un Moyen Âge qui rappelle beaucoup notre époque : politique et religion s'y entremêlent pendant que l'Orient et l'Occident se font la guerre au nom de Dieu.
"Que les historiens veuillent bien prendre note : c'est moi, Lucile Bradsock, qui ai tué le boucher des Black Hills. Je l'ai fait avec fierté et préméditation, je le jure sur la tête de mon fils unique qui est fâché avec moi." Sous le plancher de sa maison, un professeur découvre les Mémoires de Lucile Bradsock, une des premières femmes dentistes pendant la Révolution française, qui prétend avoir tué le général Custer lors de la bataille de Little Big Horn. Sa vie claque comme une épopée. Infatigable séductrice, Lucile professe un goût immodéré de l'amour et des hommes. Grâce à ses talents de praticienne, elle rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou encore Napoléon, cherchant toujours à infléchir le cours de l'Histoire, redressant les torts et faisant justice elle-même.
"Que les historiens veuillent bien prendre note : c'est moi, Lucile Bradsock, qui ai tué le boucher des Black Hills. Je l'ai fait avec fierté et préméditation, je le jure sur la tête de mon fils unique qui est fâché avec moi." Sous le plancher de sa maison, un professeur découvre les Mémoires de Lucile Bradsock, une des premières femmes dentistes pendant la Révolution française, qui prétend avoir tué le général Custer lors de la bataille de Little Big Horn. Sa vie claque comme une épopée. Infatigable séductrice, Lucile professe un goût immodéré de l'amour et des hommes. Grâce à ses talents de praticienne, elle rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou encore Napoléon, cherchant toujours à infléchir le cours de l'Histoire, redressant les torts et faisant justice elle-même.
"On l'appelait l'Américain. Après le Débarquement, il avait rencontré ma mère lors d'un bal donné à Rouen, en l'honneur des libérateurs. Et il s'était fixé en Normandie. Il me battait beaucoup. Il battait, surtout, beaucoup maman. C'est pourquoi j'ai passé mon enfance à vouloir le tuer. Ma haine contre lui ravagea tout en moi, ma lucidité et mon humanité. Jusqu'à sa mort. Mais jamais je n'oublierai le sourire souffrant qu'il traînait partout et qui, aujourd'hui encore, me fend le coeur." Franz-Olivier Giesbert.
"On l'appelait l'Américain. Après le Débarquement, il avait rencontré ma mère lors d'un bal donné à Rouen, en l'honneur des libérateurs. Et il s'était fixé en Normandie. Il me battait beaucoup. Il battait, surtout, beaucoup maman. C'est pourquoi j'ai passé mon enfance à vouloir le tuer. Ma haine contre lui ravagea tout en moi, ma lucidité et mon humanité. Jusqu'à sa mort. Mais jamais je n'oublierai le sourire souffrant qu'il traînait partout et qui, aujourd'hui encore, me fend le coeur." Franz-Olivier Giesbert.
Mari de la belle Aure et homme à tout faire du roi Zoris, Amros le Celte est un esprit curieux et un guerrier puissant. La destruction du royaume des Chênes noirs par d'autres barbares puis sa capture par des Grecs vont lui ouvrir le monde, à une époque où, le fait est peu connu, sept sages, philosophes ou prophètes, surgissent sur différents continents, en disant à peu près les mêmes choses : Pythagore, Zarathoustra, Confucius, Lao-tseu, Bouddha, Zacharie, Héraclite. C'est auprès d'eux, parfois contre eux, ou malgré eux, qu'au terme d'une odyssée picaresque autant qu'intellectuelle Amros, nouveau Candide, finira par comprendre qui est le huitième prophète.
Mari de la belle Aure et homme à tout faire du roi Zoris, Amros le Celte est un esprit curieux et un guerrier puissant. La destruction du royaume des Chênes noirs par d'autres barbares puis sa capture par des Grecs vont lui ouvrir le monde, à une époque où, le fait est peu connu, sept sages, philosophes ou prophètes, surgissent sur différents continents, en disant à peu près les mêmes choses : Pythagore, Zarathoustra, Confucius, Lao-tseu, Bouddha, Zacharie, Héraclite. C'est auprès d'eux, parfois contre eux, ou malgré eux, qu'au terme d'une odyssée picaresque autant qu'intellectuelle Amros, nouveau Candide, finira par comprendre qui est le huitième prophète.
"Un thriller pour trembler mais aussi rire, et surtout réfléchir" Le Point « Nous les défenseurs de la cause animale, nous devrions frapper un grand coup pour que leurs yeux s'ouvrent enfin. Je n'aurais jamais dû dire ça. C'est sans doute ce "grand coup" qui m'a mené là où je me trouve en ce moment, pour mon malheur, alors que j'écris ces lignes et que les souvenirs tombent sur moi en rafales : une vieille porcherie de La Motte-du-Caire, où je vis dans le noir comme un porc à l'engrais, avec une auge pour seul horizon. » Pour dénoncer le sort fait aux bêtes, un homme s'engage à subir celui d'un cochon voué à l'abattage. Suspense, conte satirique et plaidoyer rageur, Rien qu'une bête est un roman saisissant qui pourrait changer définitivement votre regard sur les animaux... et les hommes. "Un roman bien senti et engagé " Lire-Le Magazine Littéraire
Je n'ai jamais eu à chercher Dieu : je vis avec lui. Avant même que je sois extrait par des spatules du ventre de ma mère où je serais bien resté, si on m'avait demandé mon avis, il était en moi comme je suis en lui. Il m'accompagne tout le temps. Même quand je dors. C'est ma mère qui m'a inoculé Dieu. Une caricature de sainte mystique qu'un rien exaltait, des pivoines en fleur aussi bien qu'une crotte de son dernier-né, au fond du pot. Je suis sûr qu'elle avait de l'eau bénite en guise de liquide amniotique. Elle exsudait la foi.
Je n'ai jamais eu à chercher Dieu : je vis avec lui. Avant même que je sois extrait par des spatules du ventre de ma mère où je serais bien resté, si on m'avait demandé mon avis, il était en moi comme je suis en lui. Il m'accompagne tout le temps. Même quand je dors. C'est ma mère qui m'a inoculé Dieu. Une caricature de sainte mystique qu'un rien exaltait, des pivoines en fleur aussi bien qu'une crotte de son dernier-né, au fond du pot. Je suis sûr qu'elle avait de l'eau bénite en guise de liquide amniotique. Elle exsudait la foi.
Sur son lit de souffrances, quelques semaines avant de mourir, maman m'avait mis en garde : Qu'est-ce que c'est bête, un homme. - Je ne comprends pas. - C'est bête, égoïste et pas fiable. Antoine, promets-moi de ne jamais te comporter comme un homme. Je me souviens que j'avais hoché la tête. Encore une promesse que je n'ai pas tenue. Je suis toujours resté à l'affût. Même quand j'étais heureux en ménage, ce qui fut souvent le cas, je continuais à rechercher le très grand amour, celui qui, selon Spinoza, constitue un accroissement de nous-même. C'est exactement la sensation que j'éprouvais en observant la jeune fille aux cheveux d'or. Je m'accroissais. Je m'élevais aussi.
Sur son lit de souffrances, quelques semaines avant de mourir, maman m'avait mis en garde : Qu'est-ce que c'est bête, un homme. - Je ne comprends pas. - C'est bête, égoïste et pas fiable. Antoine, promets-moi de ne jamais te comporter comme un homme. Je me souviens que j'avais hoché la tête. Encore une promesse que je n'ai pas tenue. Je suis toujours resté à l'affût. Même quand j'étais heureux en ménage, ce qui fut souvent le cas, je continuais à rechercher le très grand amour, celui qui, selon Spinoza, constitue un accroissement de nous-même. C'est exactement la sensation que j'éprouvais en observant la jeune fille aux cheveux d'or. Je m'accroissais. Je m'élevais aussi.
Ce livre est certes un roman avec une histoire, des personnages, mais c'est aussi un conte philosophique qui dénonce avec humour et férocité l'évolution de notre société. L'action se déroule dans une dizaine d'années, par un été de canicule, et commence à Marseille, au Cercle des Nageurs, avec la rencontre entre Diane, la narratrice, et Antoine Bradsock, le héros d'un « Très Grand amour », un écrivain octogénaire, atteint d'un cancer très grave, qui rêve de finir en « beauté ».Au fil de cet amour qui va durer trente-trois jours, le lecteur découvre un monde martyrisé par un soleil pesant, l'action de sectes de toutes sortes, des réglementations qui limitent toujours plus la liberté d'expression, pendant que, dans les rues, les esprits s'échauffent et les manifestations se multiplient. S'il y a une morale dans ce livre, c'est celle de la citation de Boileau qui se trouve en exergue : « Il faut rire avant d'être heureux, de peur de mourir avant d'avoir ri ».