Françoise Morvan
Françoise Morvan
À la fin du XIXe siècle, âge d'or de la collecte folklorique, le plus éminent folkloriste français, Paul Sébillot (1843-1918) se livre à une enquête sur la littérature orale de l'Auvergne. Lui qui a recueilli des centaines de contes en Haute-Bretagne s'étonne qu'une région encore très isolée, où les veillées réunissent les villageois l'hiver, n'ait fourni jusqu'alors qu'une si maigre collecte. Quelques années plus tard, un tout jeune homme, Henri Pourrat (1887-1959) engage une recherche dont il publie les premières pièces dans La Semaine auvergnate au cours de l'année 1913. La guerre éclate : la publication s'interrompt. Cependant, la collecte de Pourrat donnera lieu au Trésor des contes, un monument du conte français. C'est dans cette publication inaugurale que puise une collecte poursuivie toute une vie durant. Au même moment, en Aubrac, Félix Remize (1865-1941) poursuit dans l'Armanac de Louzero en 1899, une belle collecte de contes en occitan qui nous permet de découvrir, dans une langue populaire simple et drue, le Planpougnet, lou Ratou et ces personnages sentencieux qui font le charme des récits de l'Aubrac, comme du Cantal et du Puy-de-Dôme. À eux trois, ils nous permettent de remonter à la source du conte d'Auvergne en ce qu'il a de plus vrai.
Au cœur du Sud-Ouest, Contes de Gascogne vous transporte dans l’univers enchanteur des récits populaires collectés par Jean-François Bladé.
Encore adolescent, Henry Carnoy (1861-1930) entreprend de recueillir des contes, des chansons, des formulettes et des dictons dans son entourage, à Warloy-Baillon, près d'Amiens. En quelques années, tout en publiant ses recherches en revues depuis l'âge de seize ans, il rassemble la plus belle collecte de contes de Picardie, tant dans le domaine du conte merveilleux que dans le domaine du conte facétieux. Excellent écrivain, fin connaiseur de picard et folkloriste averti, il nous a donné des classiques du genre, comme "Dick-et-Don", "Le violon merveilleux", "Jean à la tige d'haricot", souvent cités et repris sans être replacés dans le contexte d'une collecte méthodique. Nous en offrons ici la première édition complète, revue et corrigée.
L’instrumentalisation de la langue et de la culture bretonnes à des fins politiques est à mettre en relation avec ce qui se passe au Pays basque, en Catalogne, en Écosse, au pays de Galles, en Italie, en Belgique et dans toute l’Europe. Mais comment s'opposer à l’assignation identitaire imposée par un patronat organisé en puissant lobby dès lors que l’ethnorégionalisme promu sous l’habillage du localisme heureux trouve le soutien de la gauche comme de la droite la plus dure ? Le culte des racines accompagne l'instauration d'une République à dimension variable pour le plus grand profit du néolibéralisme.
Tout va de travers, tout est à l'envers. Avoir six ans n'est pas une sinécure : le quotidien qui jusqu'alors semblait si stable prend des allures de décor de théâtre, le père Noël passe aux vieilles lunes, l'entrée à l'école primaire qui pr-mettait un savoir glorieux tourne au désastre et le va-et-vient entre la Bretagne et la banlieue confère à toute chose un caractère d'irréalité. Racontée avec humour sur un rythme allègre, cette succession de désastres donne à percevoir le chaos d'univers disjoints (paysans pauvres de Cornouaille, petits-bourgeois du XVe arrondissement, institutrices et dames catéchistes de banlieue, combattants de la Résistance, collabos revanchards, catholiques intégristes et ouvriers communistes). Et signe pour son autrice, Françoise Morvan, le début de la fin de l'innocence, l'impression désormais d'avoir affaire à ce qu'elle appellera le "monde comme si".