Doris BONNET
Doris BONNET
La drépanocytose, maladie génétique grave, liée à une mutation de l'hémoglobine, est malheureusement très fréquente en France et dans le monde. La naissance d'un enfant atteint fait dévier les familles vers un chemin chaotique, dangereux et bien mal tracé. Même avec les progrès continuels des soins, une grande incertitude pronostique persiste qui tient pour une bonne part aux conditions d'accès réel aux soins optimisés. Ainsi il est aujourd'hui impératif de donner la parole aux familles confrontées à cette maladie et à ses complications.
Selon l'ONU, environ 15 % de l'humanité va migrer au XXIe siècle, soit près d'un milliard de personnes. On estime ainsi que, depuis 20 ans, près de 180 millions d'humains ont quitté leur territoire de naissance ou de vie. Mais contrairement aux idées reçues, un très faible pourcentage de ces migrants rejoint les pays occidentaux.Les personnes qui arrivent en France peuvent parfois cumuler des fragilités médicales, sociales et psychiques. Ainsi, la question de leur prise en charge médicale constitue-t-elle un élément majeur dès leur arrivée. Mais dans un contexte où le système de santé est lui-même en crise, essayer d'y répondre, c'est s'interroger plus globalement sur l'accès aux soins des plus fragiles, quels qu'ils soient.Des pratiques innovantes montrent qu'une communication active entre soignants - parfois eux-mêmes issus de l'immigration - et soignés permet de mettre à profit les compétences thérapeutiques et l'expertise de certains migrants pour mieux faciliter cette prise en charge. C'est là un des enseignements de cet ouvrage riche de témoignages et de rencontres.Ce livre s'est construit sur la base d'enquêtes, d'observations et d'entretiens menés par un groupe d'universitaires, de chercheuses et de chercheurs issus de champs disciplinaires les plus variés. Chaque texte met ainsi en valeur la parole de nombreux témoins intervenant dans le système de soins. Tous livrent des réflexions passionnantes sur leur expérience, reflétant des démarches novatrices et humanisées.Les réponses apportées permettent de proposer en miroir un regard neuf et de repenser les modes de prise en charge pour (ré)humaniser les soins dans leur globalité, au profit de toute la population.
Des anthropologues, des psychologues et des historiens de la petite enfance présentent un ensemble de techniques corporelles entourant la naissance et la prime enfance dans les sociétés de l'ailleurs ou du passé : techniques de toilette, massage, emmaillotage, modelage, façonnage du corps, ainsi que des rituels qui mettent en scène la socialisation de l'enfant. Ces techniques et rituels sont associés à une représentation de l'enfant qui entretient une relation particulière avec le monde invisible. Ils montrent ainsi que le soin ne relève pas uniquement du médical. Il est quelquefois associé à des pratiques religieuses et rituelles, ainsi qu'aux conditions sociales et environnementales de la naissance. Accompagné de films qui mettent les soins postnataux en images, cet ouvrage ouvre à d'autres façons de penser la naissance, le développement, la socialisation de l'enfant et la parentalité. Il constitue un support de formation pour les professionnels de l'enfance et de la santé en vue de mieux appréhender l'évolution des pratiques de maternage. Les films présentés dans cet ouvrage, accessibles grâce à un QR code, autorisent une analyse visuelle des données ainsi qu'un comparatif direct entre les différentes sociétés sur la manière dont le corps de l'enfant peut être contraint, sur les toilettes d'enfants dans différentes sociétés, sur les rites de passage, sur les jeux (mais s'agit-il bien de jeux ?) ou sur les cultes spécifiques aux enfants ou encore celui rendu aux enfants morts.
L'étude des positions sociales dans les recherches en Afrique et sur les migrations subsahariennes est relativement concentrée sur les deux extrêmes que sont, d'un côté les populations précaires, de l'autre les élites. Peu d'attention est portée à la multi-référentialité des positions sociales alors que nombre de migrant·e·s se situent à l'intersection de deux espaces de classement et restent attaché·e·s à leur position dans l'espace de départ par des liens et des responsabilités familiales. Ainsi, la position sociale se situe au croisement de plusieurs systèmes de hiérarchies sociales qui s'additionnent à la classe, comme la catégorie statutaire, le lignage, l'âge, le genre ou la race. Certaines variables vont prendre une place de premier plan dans la définition de cette position en migration tel que le statut administratif. Les textes réunis ici proposent une approche dynamique, relationnelle et localisée des positions sociales afin d'appréhender les mobilités sociales des familles africaines avec la migration.