Abdellali Hajjat
Abdellali Hajjat
Pourquoi la transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale a tant de mal à s'effectuer ? Quels sont les obstacles qui se posent à elle ? A travers des entretiens réalisés auprès de lycéens des Minguettes à Vénissieux (Rhône), une plongée dans l'intimité des relations familiales permet de saisir les effets de l'injonction à l'intégration : l'ambivalence des héritages de l'immigration, et les ruptures familiales et spatiales. Ce sont ces conséquences qui permettent de comprendre la difficile transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale.
Alors que l'hostilité à l'encontre des musulmans se traduit quotidiennement par des discours stigmatisants, des pratiques discriminatoires et des agressions physiques, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font ici oeuvre salutaire : ils expliquent comment l'islam a peu à peu été construit comme un " problème " et comment l'islamophobie est devenue l'arme favorite d'un racisme qui ne dit pas son nom.Faisant le point sur les débats autour du concept d'islamophobie, ce livre offre une description rigoureuse des discours et actes islamophobes, en les inscrivant dans l'histoire longue du racisme colonial et dans leur articulation avec l'antisémitisme. En insistant sur l'importance des stratégies des acteurs, les auteurs décortiquent le processus d'altérisation des " musulmans " qui, expliquant la réalité sociale par le facteur religieux, se diffuse dans les médias et ailleurs. Ils analysent enfin la réception du discours islamophobe par les musulmans et les formes de contestation de l'islamophobie par l'action collective et la mobilisation du droit antidiscrimination.
Pourquoi les racismes persistent-ils dans des sociétés qui se proclament égalitaires ? Comment comprendre leur diversité historique et géographique ? Et que recouvrent exactement les mobilisations qualifiées d'antiracistes ? Cet ouvrage propose une synthèse inédite de la recherche en sciences sociales sur les racismes et les antiracismes. Dans une perspective intersectionnelle, il analyse la pluralité des formes que peut prendre ce phénomène : antisémitisme, islamophobie, racisme anti-noir, anti-arabe, anti-asiatique, anti-tsigane... Autant de formes qui possèdent des trajectoires propres, irréductibles les unes aux autres, qu'il convient de situer dans leur contexte historique, politique et culturel. Le livre s'attache à définir précisément des concepts-clés comme race, racisme, racialisation, tout en présentant les grandes approches théoriques issues de la sociologie, de la science politique, de l'histoire ou de l'anthropologie. Il analyse la construction historique de la différence raciale à travers l'esclavage, la colonisation, la formation des États-nations, le capitalisme racial ou le racisme scientifique, et examine comment certaines caractéristiques (couleur de peau, culture, religion, origine) ont été essentialisées pour justifier la hiérarchisation de groupes humains. Au-delà du constat, l'ouvrage s'intéresse également aux manifestations et aux traitements variables des inégalités raciales - expériences individuelles, mobilisations collectives et politiques publiques. De l'affirmative action aux lois antidiscriminatoires en passant par les politiques de réparation, autant de luttes antiracistes pour penser, de manière critique et informée, les recompositions actuelles des rapports sociaux de race.