Autobiographies, Memoirs & Diaries
Autobiographies, Memoirs & Diaries
Filter products
Téhéran, années 1950. Découvrez les écrits intimes et engagés de Forough Farrokhzâd, poétesse iranienne rebelle, dont les lettres, récits et entretiens révèlent une quête acharnée de liberté et d’égalité.
« Que reste-t-il aujourd'hui d'Arthur Conan Doyle lorsque l'on cesse d'évoquer cette part de son oeuvre qui, jusqu'à la fin des temps, escamotera son nom au profit de celui qui lui survit avec infiniment plus d'aplomb et de caractère ? » Cette phrase, par laquelle François Rivière ouvre la préface à Ma Vie aventureuse, exprime l'incontournable nécessité de découvrir qui était réellement - selon lui, il est vrai... - l'immortel père de Sherlock Holmes et de son biographe, le docteur Watson. Derrière une personnalité hors du commun marquée par la présence indissociable de « ma'am », comme il surnommait sa mère, Arthur Conan Doyle avait choisi de vivre sa vie comme une aventure. Son embarquement sur un baleinier dans l'océan Arctique, ses voyages en Suisse, en Afrique de l'Ouest ou en Égypte, son engagement durant la guerre des Boers en Afrique du Sud, voire son entrée en politique, toutes ses étapes de sa vie, Arthur Conan Doyle les vécut sous le signe de l'Aventure héroïque. Il ne nous reste plus qu'à suivre cette « vie aventureuse » et de glaner, çà et là, les clefs pour comprendre le créateur d'un mythe littéraire immortel et hors du temps.
Il arrive qu'un État franchisse la ligne. Comme un être humain le fait aussi, parfois. Alors une date naît. Les historiens la recueillent avec gravité et lui donnent une place raisonnable dans le cimetière des siècles. Mais, pour l'historien, il est rare qu'une date fasse davantage : qu'elle entre dans sa vie comme un couteau. Août 1968. Avec l'intervention des troupes soviétiques, l'URSS de Brejnev écrase le printemps de Prague. Mars 1969. Désespéré par l'entrée des chars soviétiques à Prague, Alexander Werth, le grand journaliste britannique d'origine russe, engagé dès les années 1930 dans le combat antifasciste, correspondant de guerre de la BBC sur le front russe devenu historien de l'URSS, met fin à ses jours. Février 2022. La Russie de Vladimir Poutine envahit l'Ukraine. Juin 2023. Nicolas Werth, son fils, vacille à son tour. Lui aussi a consacré sa vie à la Russie. Vingt années passées dans sa langue, ses villes, ses illusions et ses ruines : étudiant à Léningrad, enseignant à Minsk puis à Moscou, attaché culturel pendant la Perestroïka, chercheur au CNRS enfin, à partir de 1989, scrutant les mutations d'un pays et d'un système politique à bout de souffle. Des dizaines de livres, des milliers de pages, une vie entière offerte à comprendre la Russie, le père et le fils auront passé près d'un siècle cumulé à observer le même pays impossible. Et pourtant de ce père, Nicolas Werth ne savait presque rien. Alors commença son enquête. Il revenait à lui seul de raconter leur siècle, reprenant les travaux de son père, les tissant avec les siens et les plaçant ainsi sur la longue durée : cette étrange hérédité des historiens. Peu à peu apparaît quelque chose de plus rare encore qu'un témoignage : le récit d'un siècle d'histoire russe raconté par ceux qui l'ont le mieux connu. Deux générations, deux consciences historiques parmi les plus aiguës de leur temps ; leurs expériences, leurs blessures mêmes, sont ici réunies pour composer non pas une histoire officielle de la Russie, mais son histoire vécue, intériorisée et puis pensée. Ce livre d'une honnêteté rare raconte cela : deux vies nouées à une même tragédie historique. Il dit aussi, peut-être, une vérité plus discrète : les historiens n'écrivent jamais seulement l'Histoire. Ils écrivent la part d'eux-mêmes qu'elle a dévorée.
Dans un essai percutant qui décrypte la rupture historique entre la France et l'Afrique, les regards de Frédéric Lejeal, journaliste spécialiste du continent, et de Peer de Jong, colonel de l'infanterie de marine se croisent pour raconter une séparation prévisible et pourtant jamais acceptée ni anticipée. À partir d'expériences vécues, ils montrent comment erreurs françaises et choix africains ont nourri un désamour profond. Du franc CFA au Rwanda, de la fin de la Coopération aux opérations militaires au Sahel, le livre met en lumière la perte progressive de l'expertise et de l'influence française ainsi que la dégradation des relations. Il revient également sur l'aveuglement stratégique face au retour des puissances concurrentes telles que la Chine, la Russie ou les États-Unis. Mêlant scènes de terrain et coulisses diplomatiques les deux auteurs proposent enfin des pistes de reconstruction du lien dans un monde d'ultra-concurrence. Le colonel (er) Peer de Jong, ancien aide de camp de deux présidents de la République est le co-fondateur de l'Institut Themiis. Frédéric Lejeal est journaliste africaniste et auteur de plusieurs ouvrages dont les Mémoires de Robert Bourgi, figure de la Françafrique (2024).
Dans les années 1910, trois grands poètes russes, Nicolaï Goumiliov, Anna Akhmatova et Ossip Mandelstam, liés d'amitié et réunis par une même conception de la poésie, énoncent les principes de l'acméisme, une nouvelle « école » poétique qui se démarque profondément tant du symbolisme alors dominant, que du futurisme qui va bientôt s'épanouir. Goumiliov, qui fut le mari d'Akhmatova et le père de son fils, est fusillé en 1921. Les deux poètes survivants, Akhmatova et Mandelstam, vont eux aussi connaître des destins tragiques. S'admirant et se soutenant mutuellement dans les épreuves, ils resteront fidèles à cette amitié de jeunesse à laquelle la femme de Mandelstam, Nadejda, est très vite associée. Après 1938, date de la mort de Mandelstam dans un camp, les deux femmes restent seules pour affronter la guerre et de nouvelles persécutions, unies par le souvenir d'un passé commun, et surtout par la mémoire de Mandelstam. Ce livre de souvenirs sur Anna Akhmatova, récemment retrouvé et totalement inédit en français, a été écrit par Nadejda entre les deux tomes des mémoires que nous connaissons, tout de suite après la mort d'Akhmatova en 1966. Nadejda nous livre un portrait de son amie vue à travers le prisme de l'affection. Les anecdotes, les détails, les conversations font surgir devant nous une personne humaine et vivante, une Akhmatova à l'esprit acéré et à l'humour corrosif, avec ses petits travers, mais surtout son courage face aux épreuves, sa noblesse intérieure, et son immense talent. Comme dans le premier tome de Contre tout espoir, la forte personnalité et la remarquable sensibilité poétique de l'auteur sont mises au service du poète à qui elle rend ici hommage. Et les réflexions des deux femmes sur la peur, le courage, la liberté, la poésie ou la société soviétique en évolution, donnent à ce portrait une ampleur et une profondeur qui en font bien davantage qu'un simple essai biographique. Si elle ne l'a finalement pas publié, c'est sans doute qu'elle a souhaité en utiliser partiellement la matière dans le deuxième volet des mémoires, qui brosse un portrait plus général de l'époque dans laquelle avait vécu Mandelstam, et dont la tonalité est moins tendre que dans ces souvenirs plus intimes consacrés exclusivement à Akhmatova.
Toulouse, usine AZF, vendredi 21 septembre 2001. Le fiancé de Camille, Fred, travaille sur le site, tout près du Hangar 221. 10 h 17. Une immense explosion retentit. Le souffle est intense, avec un séisme de magnitude 3,4. Des bâtiments s'effondrent, on dénombre des centaines de blessés, des traumatisés pour la vie et 21 victimes... dont Fred. Camille n'oubliera jamais ce premier amour bouleversé par cette catastrophe. Ce récit, entre témoignage, autobiographie et roman, raconte l'histoire de Fred et Camille pris dans le terrible compte à rebours avant la catastrophe. C'est l'histoire de leur amour, de moments passés avec leurs amis, épris de jeux de rôles et emplis de rêves d'avenir. C'est une leçon de vie, dure et insouciante, forte et optimiste. C'est enfin une histoire commune. « C'est joliment mené et très authentique. Jamais dans le pesant, jamais dans le larmoyant... On suit avec plaisir ton cheminement de jeune fille puis jeune femme, une vraie héroïne de roman ! » Oriane Lallemand (autrice) « Vous avez un grand talent pour allier à la noblesse de la mémoire la beauté du dépassement. » Maître Thierry Carrère
« Je n'étais rien qu'un homme qui, parmi des millions d'autres hommes, combattait très loin de chez lui dans la guerre la plus horrible que les étoiles aient vue depuis qu'elles existent. Je sentais seulement ma grande responsabilité envers les camarades que le destin m'avait amené à conduire ; je sentais que mon corps était solide, qu'en Italie j'étais aimé et attendu. "Sergent-majou, on l'reverra-t-y, not' chez nous ?" Je devais les garder unis et faire tout mon possible pour les ramener chez eux. » Dans cet ultime livre, Mario Rigoni Stern raconte son expérience de jeune homme pendant la Seconde Guerre mondiale, de son enrôlement dans les troupes alpines à seulement dix-sept ans aux campagnes en Grèce, en Albanie et en Russie. À chaque page, l'autobiographie se confond avec l'histoire collective, pour se disperser ensuite dans le ruisseau d'histoires individuelles - ces épisodes apparemment marginaux qui recèlent un autre sens de l'histoire. C'est ainsi que, par à-coups et par fragments, l'histoire d'un homme et d'une époque nous parvient. Voici un livre « mince en pages mais dense en vie », une distillation précieuse dans laquelle Rigoni Stern concentre un demi-siècle de son écriture d'une manière totalement nouvelle.
Après un demi-siècle d'une carrière hors norme, Gilbert Collard nous révèle les coulisses parfois cocasses, parfois dramatiques, de plusieurs affaires retentissantes dans lesquelles il a joué un rôle crucial. Ainsi, grâce à ses notes et une mémoire précise, il décortique l'affaire Ranucci, la tuerie d'Auriol, le procès du général Aussaresses - l'ancien des services spéciaux qui fut l'un des tous premiers à avouer la torture en Algérie -, ou encore celle de Laïd Moussa, l'assassin assassiné, celle des " bébés échangés " et enfin celle du Grand-Bornand où il défendra le complice du meurtrier de la famille Flactif... Autant de procès " pour l'Histoire ", compilés dans ces Indéfendables mémoires, que Gilbert Collard relate avec la verve et la faconde qu'on lui connaît, à travers les yeux bouleversés de ceux qu'il a dû défendre. Un livre qu'il faut lire absolument pour comprendre une partie de l'histoire judiciaire de ces cinquante dernières années !
Notre foyer était triste, et c'est pourquoi tout petit déjà je préférais vivre dans la rue plutôt que chez moi. Cette tristesse, c'était d'abord la Torah qui en était responsable : elle remplissait le moindre recoin de la maison et pesait lourdement sur l'humeur de tous. C'était plus une maison d'étude qu'un chez-soi : une maison de Dieu, plus qu'une maison d'hommes. D'un monde qui n'est plus évoque avec tendresse et précision les souvenirs d'enfance d'Israël Joshua Singer. Ces Mémoires nous emportent dans l'atmosphère pittoresque du shtetl de Lentshin, non loin de Varsovie, où s'est réfugiée - sous la houlette du père d'Israël Joshua Singer, le rabbin Pinhas Mendel - une communauté de Juifs paysans expulsés de leurs villages par la police russe. À travers le regard de l'enfant, on plonge dans un quotidien pétri de croyances et de rituels où le mauvais oeil attend au coin de la rue. On découvre les secrets de chacun, l'austérité de la vie au shtetl, mais aussi les déchirements identitaires et les discriminations qui bouleversent les communautés juives polonaises en ce début de XXe siècle. D'un monde qui n'est plus, écrit par l'un des grands maîtres de la littérature yiddish, demeure, au delà de sa valeur historique, un témoignage unique.
Traquer la vérité dans les personnages du crime. Le juge Michel, Carpentras, le Temple solaire, le viol de Morgiou .... Après le succès de ses Indéfendables Mémoires, Gilbert Collard poursuit son immersion au coeur des procès qui ont forgé sa légende. Il revient ici avec le second volet tout aussi captivant de ses mémoires et nous livre les coulisses de nouvelles affaires dans lesquelles il a joué un rôle essentiel. Il décrypte avec justesse les dossiers emblématiques que sont l'assassinat du juge Michel, la profanation du cimetière de Carpentras, l'affaire du Temple solaire ou encore celle du viol de Morgiou, et ne se contente pas de raconter les procès. Il reprend chaque cas depuis son origine et mêle les voix des accusés, des témoins et des victimes pour mieux restituer l'atmosphère et les enjeux de l'époque. Les affaires qu'il choisit d'évoquer ont toutes marqué le grand public et les révélations qu'il livre font de ce volume une lecture incontournable pour mieux comprendre l'histoire judiciaire de ces cinquante dernières années !
Voici par Golda Meir (1898-1978) l'émouvant récit de sa vie. Pour la première fois, nous comprenons comment il se fait que cette femme extraordinaire, née en Russie et élevée aux États-Unis, est devenue Premier ministre d'Israël et l'un des géants politiques de son temps, sans jamais perdre rien de la chaleur ni de la simplicité qu'on se plaît à lui reconnaître. Dans cette autobiographie, elle évoque les terreurs qui ont assombri son enfance, son adolescence tumultueuse, son mariage et son émigration vers la Palestine dans les années 1920, et la façon dont, sioniste et socialiste convaincue, elle s'est lancée dans la fantastique aventure qui devait aboutir à la création de l'État d'Israël. Elle décrit comment elle a mené sa carrière politique comme ministre du Travail (1949-1956), ministre des Affaires étrangères (1956-1966) et enfin Premier ministre d'Israël (1969-1974), tout en continuant à tenir son rôle d'épouse et de mère. Cette autobiographie reflète aussi, bien sûr, l'histoire d'Israël même - et de sa lutte pour survivre - tout cela aboutissant à ce qui fut, pour Golda Meir, la période la plus désespérée : les jours terribles de la guerre du Kippour de 1973. Golda Meir apporte d'innombrables révélations, non seulement sur ceux de ses compatriotes avec qui elle a étroitement collaboré, comme Ben Gourion, Moshe Dayan, mais aussi sur les grands chefs d'État qu'elle a connus : Kennedy, Nixon, Kissinger, de Gaulle et Willy Brandt. Proclamant le droit d'Israël à l'existence, elle n'esquive aucun problème : elle évoque aussi bien l'histoire du mandat britannique que les relations avec les pays arabes ou la question palestinienne. Elle parle droit et clair avec l'autorité de quelqu'un qui a assumé les responsabilités majeures. Les mémoires de Golda Meir sont aussi vibrants de sensibilité, de franchise et de chaleur humaine que l'a été toute son existence.
C'est l'un des derniers compagnons de la Libération qui témoigne dans cet ouvrage. « Je vais avoir besoin de vous », dit simplement le général de Gaulle au jeune Hubert Germain lorsque celui-ci arrive en Angleterre en juin 1940, parmi les premiers Français libres. Hubert Germain a 19 ans, sera chevalier de la Légion d'Honneur à 21, Compagnon de la Libération deux ans plus tard : « Quand vous êtes reçu comme Compagnon, c'est comme si la foudre vous tombait dessus » résume-t-il. Légionnaire de la mythique 13e DBLE, Hubert Germain combat à Bir Hakeim, El Alamein, en Italie où il est blessé, puis durant toute la campagne de libération de la France. Il sera aussi maire, député puis ministre de Georges Pompidou. « Vous m'emmerdez avec Germain ! », rétorque le général de Gaulle alors qu'on le presse, vingt ans plus tard, d'écouter celui qu'on a envoyé rencontrer les émissaires des généraux putschistes d'Alger. Hubert Germain pardonne tout à celui qu'il considère comme son deuxième père. À cent ans, Hubert Germain n'a jamais cessé de résister. « Quand le dernier d'entre nous sera mort, la flamme s'éteindra. Mais il restera toujours des braises. Et il faut aujourd'hui en France des braises ardentes ! » C'est le message que veut laisser Hubert Germain dans ce témoignage inédit, recueilli par Marc Leroy. Le siècle y défile, de l'inacceptable défaite de 1940 pour ce fils d'officier supérieur, à la mort du général de Gaulle - « l'enterrement d'un grand prince médiéval d'occident » - jusqu'aux épreuves vécues par la France aujourd'hui.
Découvrez les carnets intimes de Somerset Maugham, où l’écrivain dépeint sans fard la société post-victorienne et ses propres contradictions.
Après le premier tome De mémoire sur « Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse », années de formation au métier de militant encore dominé par l'insouciance ; le deuxième sur « Le deuil de l'innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone », maqué par la traque mortelle de la Guardia Civil du temps du MIL sous la dictature de Franco ; ce dernier volume de la trilogie de Jean-Marc Rouillan ferme la période qui donnera naissance à ses Dix ans d'Action directe. Un témoignage, 1977-1987. Dans ce troisième volume, Jean-Marc Rouillan revient sur le quotidien du groupe toulousain des GARI (Groupes d'action révolutionnaire internationalistes) en lutte contre la dictature de Franco. Au-delà d'un récit d'aventures picaresques qui s'étendent sur tout le territoire européen, on voit se dessiner le point de non-retour vers l'engagement dans la lutte armée. Paru pour la première fois en 2009, ce texte a été écrit par de Jean-Marc Rouillan en prison, comme presque toute son oeuvre, qu'on peut lire comme la poursuite de la politique par d'autres moyens, empruntés par un auteur libéré de toute peine liée à son engagement dans la lutte armée. On expérimentait de nouvelles formes de lutte. Mais on ne partait pas de rien : nos racines venaient du vieux "guérillerisme" ibérique. On diffusait l'expérience acquise à Barcelone dans la lutte du MIL. Et en France, pour la première fois depuis la guerre d'Algérie, des militants révolutionnaires entraient dans la clandestinité les armes à la main. Le temps des théories sans pratiques était fini. La guérilla devenait l'arme de la lutte quotidienne. Faction incessante du sabotage et de la subversion. Sans aucun regret, on avait coupé les ponts avec la connivence et les bienséances bourgeoises. Né en 1952 à Auch, Jean-Marc Rouillan a été incarcéré de 1987 à 2011 pour ses activités au sein du groupe Action directe. Auteur de près de vingt livres, il vit aujourd'hui dans le Sud-Ouest de la France.
Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats de son temps. De 1912 à sa mort, il a consigné les événements, petits et grands, dont il était le témoin ou l'acteur. Il vient de prêter serment quand il commence ce journal, loin d'imaginer qu'il va devenir monumental. Il s'agit, dit-il, de « simples notes » au fil de la plume, jamais retouchées. Petites scènes, portraits, encore un peu scolaires. Et bien vite, il trouve son style, celui d'un exceptionnel observateur. Les premiers temps sont rudes, bouleversés par la Grande Guerre. Réformé, il souffre d'être considéré comme un planqué mais, devant les conseils de guerre, il apprend le métier. Et quand il ne travaille pas, il décrit l'atmosphère qui s'alourdit. Jusqu'à l'armistice qu'il « couvre » comme un reporter. Il en a l'oeil et se débrouille pour être partout où il se passe quelque chose, comme plus tard, au Bourget, à l'arrivée de Charles Lindbergh. Familier des estaminets du Quartier latin, il rencontre des artistes, des auteurs qu'il se fera une spécialité de défendre. Et les clients affluent, l'obligeant parfois à négliger son journal. Entre plaidoiries de routine et intérêts de Coco Chanel, il parvient à courir les premières et, plus inattendu, à satisfaire sa curiosité pour le paranormal. Les scandales des années 1930 lui donnent matière à réflexion, penché sur un dossier proche de l'affaire Stavisky. Son mépris de la corruption des confrères députés, présidents du Conseil passés et futurs, s'épanche, sans parler de ses colères à l'encontre des magistrats. Maurice Garçon mord mais n'est pas lui-même à l'abri des préjugés racistes et antisémites. Il ouvre les yeux à Berlin, peu après la Nuit de Cristal, alors qu'il va représenter la famille du diplomate assassiné par Herschel Grynszpan. La guerre, à nouveau, sera bientôt là.
Parcours d'un ouvrier dans l'engrenage d'une des plus importantes entreprises mondiales ! Derrière lui, les murs de poussière se referment après plus de quatre décennies passées à l'usine, bleu de travail et poids des années sur les épaules. De ses premiers pas de coursier, à l'âge de 17 ans, aux différents emplois dans les ateliers clermontois de la manufacture Michelin, Jean-Michel Frixon nous entraîne au gré de ses rencontres, de ses émotions mais aussi de ses plus profondes déchirures. Une vie d'usine où le temps peut paraître une éternité, où l'avenir ne s'écrit jamais sans crainte. De ces odeurs entêtantes de gomme mêlées au bruit continu des presses, des visages brisés de fatigue jusqu'aux éclats de voix déchirant ces innombrables nuits sans sommeil, le tout juste retraité explore quelques-uns de ses souvenirs les plus marquants. Bruts parfois, tendres souvent. Des moments suspendus à des rencontres inattendues où l'ouvrier retrouve, le temps d'un instant, une considération trop souvent oubliée. De ces bulles d'espoir, souvent éphémères, naissent parfois des histoires d'hommes et de femmes aux horizons multicolores.
Officier de gendarmerie devenu hypnotiseur des stars et des polytechniciens, Alban de Jong révèle dans Une vie hypnotique ses multiples vies, entre enquêtes criminelles, préparation mentale de champions et explorations des mystères de l’esprit.
Plongez dans les souvenirs de Jean Failler au coeur de la Bretagne... Avec ces mémoires, d'un intérêt patrimonial certain, Jean Failler nous livre un formidable témoignage plein d'émotion de la vie en Cornouaille entre 1940 et 1960, de Quimper (sa ville) à Douarnenez (son port) en passant par Plonéour-Lanvern (sa campagne). On se délecte de ses récits épiques, de ses souvenirs attendris, qui rappellent sans nul doute ceux de Marcel Pagnol ou de Pêr-Jakez Helias... Une autobiographie touchante et captivante ! À PROPOS DE L'AUTEUR Auteur de pièces de théâtre, de romans historiques, de romans policiers. Jean Failler vit et écrit à l'île-Tudy (Finistère).
« Les nouvelles frontières ne sont pas géographiques, ni naturelles. Elles sont économiques, politiques et culturelles. Elles isolent ceux qui oeuvrent au bon fonctionnement du système et ceux qui sont conscients de la nécessité de sa transformation radicale. Si cette conscience se transforme en actes de sécession, mêmes modestes, alors d'autres frontières sont activées. C'est le bannissement, la disparition dans la solitude, le désoeuvrement, la faim, le froid, la maladie, une forme ou une autre de mort sociale, qui est l'existence des surnuméraires de la société de consommation - peu importe, du moment que la non-vie, comme la mort, est discrète. » Avec ce livre, JMarc Rouillan accomplit sa « conjugaison des temporalités pour obtenir une symbiose entre le quotidien pénitentiaire et le passé qui resurgit en imposant des présences viscérales au milieu de l'absence radicale ». C'est ainsi qu'il emprunte et relie presque tous les thèmes et les genres qu'il a déjà explorés : récits (plus ou moins théâtralisés) de l'univers carcéral, mémoires du militant tissés d'icônes révolutionnaire, souvenirs d'enfance, soliloques et analyses politiques. Infinitif présent est paru pour la première fois en 2010 dans une version tronquée. Cette nouvelle édition, révisée, en donne le texte intégral. Né en 1952 à Auch, Jean-Marc Rouillan a été incarcéré de 1987 à 2011 pour ses activités au sein du groupe Action directe. Auteur de près de vingt livres, il vit aujourd'hui dans le Sud-Ouest de la France.
Isabelle Demongeot, ex-numéro 2 française de tennis, brise trente ans de silence sur les violences subies dès 13 ans par son entraîneur. Son récit, enrichi en 2025, raconte son combat judiciaire, la condamnation de son agresseur et sa réhabilitation.
Fabuleuse destinée que celle de Benvenuto Cellini (1500-1571), orfèvre et sculpteur de la Renaissance, dont la renommée a dépassé les frontières de l'Italie. Pour les grands du monde qui forment alors sa clientèle - papes, ducs, ou roi comme François Ier -, il cisèle, martèle, fond l'or, l'argent ou le bronze avec une virtuosité sans pareille, tout en restant jaloux de sa liberté et de ses choix d'artiste. Mais c'est le récit de sa vie qui le rendra célèbre. Publiée pour la première fois en 1728, traduite par Goethe, l'autobiographie de Benvenuto Cellini a connu en effet un extraordinaire succès au XIXe siècle, inspirant notamment Lamartine ou encore Berlioz, qui en fit un opéra. Dans ces Mémoires, véritable roman de cape et d'épée, le héros vit mille aventures : passant d'une ville à l'autre, poursuivi pour assassinat, emprisonné par le pape, accusé de vol et de sodomie, il se révèle jouisseur et sans scrupules, violent et hâbleur, tout en se donnant toujours le beau rôle. Mais qu'importe l'absence d'objectivité tant l'auteur nous emporte dans sa fièvre et ses éclats, peignant une époque nourrie de rivalités et de complots, mais d'où ont surgi des artistes incomparables comme Titien ou Michel-Ange, qui fut pour Cellini le modèle absolu. Cette nouvelle édition est pour la première fois accompagnée d'illustrations qui donnent vie aux personnages de ce récit et présentent les oeuvres de Cellini citées par l'artiste lui-même.
Dans la France des années 1960, des jeunes filles et des femmes débarquent par centaines des Antilles pour être placées comme domestiques dans les demeures de familles bourgeoises et blanches. Françoise Ega, arrivée à Marseille au milieu des années 1950 depuis la Martinique, s'emploie comme femme de ménage pour témoigner de cette exploitation crasse. Elle consigne cette expérience dans un journal de résistance quotidienne, émouvant et saisissant de réalisme, qui remonte à l'histoire impériale française et aux origines de la division sexuelle et raciale du travail. Tout à la fois chronique du refus de l'aliénation, enquête sociale, histoire intime et manifeste politique, ce texte est une contribution essentielle aux réflexions actuelles sur les rapports de classe, de genre et de race.
1870, Bornéo. Une jeune Anglaise de vingt ans, sans expérience ni titre, devient reine du Sarawak et affronte les mystères d’une terre sauvage.
1891-1898 : sept années où Pierre de Nolhac, conservateur de Versailles, confiait à son journal ses doutes, ses combats et sa passion pour le château. Ce témoignage inédit révèle l’homme derrière le mythe, entre mélancolie et ambition.
Entre Paris, la Vendômois et les chemins du monde, L'éternité, montre en main brise les codes du journal intime. Patrick Tudoret y mêle humour, mélancolie et fulgurances, offrant une méditation libre sur le temps, l'amitié et la quête de sens.
En 1944, le célèbre photographe de mode et portraitiste Cecil Beaton est envoyé à Paris par le Ministère de l'Information, à l'occasion d'une exposition de photographies de guerre montrant les ravages du « blitz ». Pendant son séjour parisien, il renoue avec Picasso et fréquente tout un cercle de personnalités du monde de l'art comme André Gide, Jean Cocteau et Gertrude Stein. La guerre terminée, Beaton devient designer et travaille pour le cinéma. En 1946, il s'envole pour New York où il croise une femme qu'il avait rencontrée une seule fois, dix ans auparavant. Cette femme n'est autre que Greta Garbo et Beaton tombe éperdument amoureux. Sous la forme d'un journal intime, voici le roman vécu d'un amour exceptionnel, puisque l'héroïne, vedette de cinéma internationale, accepte de se livrer sans mystère à son photographe d'adorateur. Outre Garbo, dont l'auteur nous révèle avec passion le visage, quantité de personnalités défilent dans les carnets de Cecil Beaton : de Gaulle, Churchill, Colette, Charlie Chaplin, etc. La vie de ce dandy anglais qui connut toutes les réussites a ceci de fascinant qu'elle mêle les artistes les plus cotés de l'époque aux figures politiques, aux mondains et aux stars de cinéma, avec un sens parfait de la prise de vue : on se laisse entraîner avec enthousiasme par ce ballet de portraits mouvants.
Le plus extraordinaire des récits de Hans Christian Andersen est sans doute celui qu'il a intitulé Le Conte de ma vie : son autobiographie. Né à Odense, au Danemark, dans une famille d'une grande pauvreté, il part à Copenhague où il va vivre dans le quartier des prostituées. Il s'essaie au chant, à la danse, à l'art dramatique, mais c'est dans la littérature qu'il va trouver son salut. Romans, poèmes, pièces de théâtre se succèdent avant qu'il ne révèle son génie dans les merveilleux contes qui vont faire sa réputation. Il devient célèbre, il est fêté dans toute l'Europe, on le traduit dans le monde entier ! C'est avec une certaine forme d'ingénuité qu'il fera en 1847, après de nombreux voyages, le récit de sa vie : une sorte d'épopée où l'on croise notamment Dickens, Balzac, Lamartine ou encore Alexandre Dumas qui tous l'ont admiré.
Avec l'exceptionnelle puissance d'évocation qui le caractérise, Chaïm Potok reconstitue pour nous - à l'aide de cette grammaire du souvenir qui régit l'ensemble de son oeuvre - les difficiles débuts de David Lurie. Fils d'immigrants juifs polonais, enfant malade à la sensibilité exacerbée, celui-ci ne connaîtra que quelques années d'enfance paisible avant la crise de 1929, où il fera l'apprentissage d'un monde en plein désarroi, avant de prendre conscience de l'horreur de la guerre et de la barbarie nazie. Le petit garçon fragile deviendra un grand théologien au prix d'une rupture avec une tradition religieuse dont les enseignements ne lui paraissent pas assez approfondis. Il devra aussi s'exposer à perdre ce qui lui est le plus cher : l'affection et la compréhension des siens, l'approbation de ses maîtres et de ses propres certitudes. À travers le New York de la Dépression, Chaïm Potok évoque ici avec une minutieuse tendresse les joies et les peines d'une famille juive. Cette vaste fresque se termine par un déchirant pèlerinage de David à Bergen-Belsen, l'un des camps où se mêlent à tout jamais les racines et les cendres du peuple juif.
Paris, 1928. Une jeune femme juive polonaise, Maria Abramowicz, invente une nouvelle identité pour conquérir le monde artistique.
Voilà qu'en ce soir de ma vie je me surprends encore à m'interroger par l'écriture sur le sens qui a été ma flèche, puisque je dois aujourd'hui me rendre à l'évidence qu'elle a toujours volé sans autre but que de ne pas en avoir.
Le vrai est là, dans le flou, comme en clignant les yeux.
" Les écrivains ont aimé Lagrasse. Là-bas, ils ont trouvé des amis, des conseillers, des guides, des hommes simples surtout. Personne n'était là pour convaincre l'autre. Mais le pari n'était pas gagné d'avance ", écrit Nicolas Diat dans sa préface.Que s'est-il passé dans cette abbaye des Corbières, entre Carcassonne et Narbonne ? À l'ombre de bâtiments immenses dont la fondation remonte au VIIIe siècle, quarante-deux jeunes chanoines mènent une vie de prière placée sous l'égide de la Règle de saint Augustin. Pendant trois jours et trois nuits, quinze écrivains les ont rejoints pour partager leur quotidien. Office, étude, travail manuel, promenade, repas, ils ont eu le privilège d'être sans cesse avec eux.Voici les beaux récits de ces expériences inoubliables, pleines de péripéties et de surprises... " Les frères étaient bons avec moi. Ils venaient me parler. On s'asseyait dans les fauteuils et ils m'apprenaient des choses sur la pensée augustinienne que j'avais attendu quarante-neuf ans pour découvrir car - faisons des confessions - j'avais peu lu Augustin. En outre, longtemps je m'étais promené du côté de la Mongolie extérieure où l'on disait autrement ces choses-là (et par surcroît, dans une langue impossible). "Sylvain Tesson " Après avoir passé trois jours et trois nuits à Notre-Dame de Lagrasse où j'ai vécu, prié, mangé ou lavé la vaisselle avec les chanoines, je ne pouvais m'empêcher, au moment de partir, de faire le parallèle, aussi scabreux fût-il, entre eux et leur saint dont les écrits sont d'actualité comme jamais. Depuis son évêché d'Hippone, actuelle Annaba, au nord-est de l'Algérie, Augustin a vécu avec sérénité la chute de l'Empire romain en proie aux invasions barbares, symbolisée par le premier sac de Rome, oeuvre des Wisigoths en 410, avant ceux des Ostrogoths et des Vandales. "Franz-Olivier Giesbert" Je descends aux vêpres en pantalon et polo Lacoste blanc, par solidarité avec le look virginal des brothers. À ma connaissance, le dress code blanc est le seul et unique point commun entre Sainte-Marie de Lagrasse et le Nikki Beach de Saint-Tropez. Le chantre qui joue de l'orgue ressemble au Christ voilé de San Martino à Naples. Il a les yeux verts et interprète Bach comme Jimi Hendrix brûlait sa guitare électrique. "Frédéric BeigbederLes auteurs de ce livre reversent leurs droits aux chanoines de Lagrasse pour la restauration de leur abbaye.