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La Tunisie, à l'origine de ce qui a été désigné comme les « printemps arabes », a inventé un type de révolution sans équivalent dans l'histoire. Qu'est-ce, en effet, que cette révolution qui n'est ni idéologique ni partisane ? Pourquoi rappeler l'ancienne garde pour assurer la relève ? Dans ce livre, Yadh Ben Achour - alors à la tête de la Haute Instance pour la transition démocratique - fait le bilan théorique et pratique du moment révolutionnaire. Les différentes étapes, le contexte sociologique, culturel, les acteurs impliqués, les retours en arrière : l'auteur suit pas à pas et sans concession l'histoire en train de s'écrire. Il démontre la portée de ce soulèvement, et l'importance du droit face à toutes les idéologies.
La période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique ». La Parenthèse de la Constituante évoque, à travers ses termes, le caractère exceptionnel de cette période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique » après les élections de 2014, où l'euphorie de la Révolution semble bien loin faute d'avoir vu ses promesses tenues, malgré l'adoption d'une Constitution dont peu de progressistes pouvaient rêver en 2011. Ce tome 2, De la fracture au compromis, s'ouvre sur le drame de l'assassinat du martyr Mohamed Brahmi et le tournant que fut la décision des députés de l'opposition de quitter l'ANC pour lancer le sit-in du Bardo. La rupture, qui couvait depuis le départ entre islamistes et démocrates, était là. Puis, le compromis se fit entrevoir à travers le Dialogue national pour aboutir à la Constitution du 27 janvier 2014. Saluée de par le monde pour la protection des droits de l'Homme et des libertés qu'elle garantit, elle fut surtout le fruit de concessions mutuelles des deux camps, forcées par les événements, faisant que tout ne pouvait y être parfait, même si le spectre d'une constitution islamiste a été écarté et là est l'essentiel. C'est ce cheminement que l'auteur retrace à travers les luttes du camp démocrate, rassemblant député(e)s, militant(e)s et citoyen(ne)s, dans les coulisses de la Place du Bardo et de l'ANC avec leurs doutes, leurs craintes, mais surtout leur unité dans la force de ce en quoi ils croyaient. Découvrez ce second tome, dans lequel l'auteur retrace le cheminement et les luttes du camp démocrate, dans les coulisses de la place du Bardo et de l'ANC, décrivant les doutes, les crainte et l'unité dans la force de ses membres. EXTRAIT A la reprise, il n'y avait que 153 députés au premier comptage des présences, ce qui était peu et ne garantissait aucunement le passage des articles, en ôtant pratiquement toute chance aux amendements d'être adoptés. Et, là, l'ambiance fut d'entrée électrique, Mahmoud Baroudi, d'At'tahaluf, accusant Ennahdha de vouloir « bloquer l'adoption de la Constitution ». Mais, les députés Ennahdha ne furent pas les seuls à réagir à ces paroles, puisqu'ils reçurent le renfort « musclé » de... Brahim Gassas qui hurlera à Baroudi devant la caméra que « la Constitution ne passerait pas » et qu'il était « prêt à venir lui casser la gueule », en éructant que c'était comme si « c'était les femmes allaient nous diriger maintenant ! ». Sans commentaires. La vice-présidente du groupe Démocrate, Salma Baccar, demanda alors la parole et exigea des excuses de la part de Gassas. Et celui-ci de se lever de son siège et de hurler en levant les bras : « Moi, je suis un homme ! »... Sans plus de commentaires. A PROPOS DEL'AUTEUR Sélim Ben Abdesselem, né le 10 octobre 1970 à Tunis est juriste de formation. Il a été assistant parlementaire, avocat et a travaillé en ONG à Paris, puis en Tunisie après la fin de son mandat à l'Assemblée nationale constituante (ANC). Élu le 23 octobre 2011 avec Ettakatol, parti social-démocrate qu'il quittera un an plus tard pour rejoindre l'opposition, il siégera dans les commissions de la Justice, de la Législation et des Consensus. Cet ouvrage en deux volumes retrace les moments-clés de la période dont il a été un témoin privilégié, donnant aux personnes autant de place qu'aux faits et « humanisant » ainsi ce récit. Après l'assassinat de Mohamed Brahmi, il participera au sit-in du Bardo et rejoindra Nida Tounès qu'il finira aussi par quitter, expliquant à chaque fois les raisons de ses choix.
La période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique ». La Parenthèse de la Constituante évoque, à travers ses termes, le caractère exceptionnel de cette période historique entre la chute de la dictature de Ben Ali et l'entrée de la Tunisie dans une certaine « normalité démocratique » après les élections de 2014, où l'euphorie de la Révolution semble bien loin faute d'avoir vu ses promesses tenues, malgré l'adoption d'une Constitution dont peu de progressistes pouvaient rêver en 2011. Ce tome 1, Du rêve au cauchemar, commence le 14 janvier 2011 et s'achève à la veille de l'assassinat de Mohamed Brahmi. Le rêve est évidemment la Révolution et les espoirs qu'elle a portés. Quant au cauchemar, tel que vu par l'auteur, il commence avec l'affirmation d'un islamisme politique et d'un salafisme jihadiste conquérants, suivi de la victoire d'Ennahdha aux élections de 2011 et des reniements des partis séculiers ayant rejoint la troïka, avant la vague d'attentats terroristes visant militaires et policiers et les assassinats politiques de Lotfi Nagdh et Chokri Bélaïd. Des moments où le pire a été redouté pour la Tunisie, tel un scénario algérien des années 90 et une islamisation du pays par la force qui aurait définitivement tué l'héritage du Président Bourguiba... L'auteur y décrit ce que lui et ses compagnons et compagnes de lutte ont vu, ressenti, redouté et accompli, avant d'enchaîner sur le tome 2, intitulé De la fracture au compromis, qui s'ouvre sur le drame et le tournant historique que fut l'assassinat du martyr Mohamed Brahmi. Dans ce premier tome, l'auteur décrit ce que lui et ses compagnons et compagnes de lutte ont vu, ressenti, redouté et accompli face à l'affirmation d'un islamisme politique et d'un salafisme jihadiste conquérants. EXTRAIT Avant le démarrage des travaux des commissions constituantes, une question s'est posée avec acuité : celle de la méthodologie. En effet, devait-on partir d'un texte précis afin de disposer d'un fil conducteur destiné à être enrichi et modifié au cours de la réflexion, mais dans ce cas, lequel ? Ou de plusieurs textes sélectionnés parmi les projets de constitution élaborés par les partis politiques, les constitutionnalistes, les organisations de la société civile ou des citoyens, et, dans ce cas, devait-on en choisir certains et en écarter d'autres et sur quels critères, ou devait-on les prendre tous en compte afin d'éviter toute distorsion de traitement ? Ou, enfin, était-il préférable de partir tout simplement d'une feuille blanche, afin d'éviter le trop plein de textes, ou d'avoir à choisir parmi ces textes au risque d'en privilégier certains sur d'autres ? A PROPOS DE L'AUTEUR Sélim Ben Abdesselem, né le 10 octobre 1970 à Tunis est juriste de formation. Il a été assistant parlementaire, avocat et a travaillé en ONG à Paris, puis en Tunisie après la fin de son mandat à l'Assemblée nationale constituante (ANC). Élu le 23 octobre 2011 avec Ettakatol, parti social-démocrate qu'il quittera un an plus tard pour rejoindre l'opposition, il siégera dans les commissions de la Justice, de la Législation et des Consensus. Cet ouvrage en deux volumes retrace les moments-clés de la période dont il a été un témoin privilégié, donnant aux personnes autant de place qu'aux faits et « humanisant » ainsi ce récit. Après l'assassinat de Mohamed Brahmi, il participera au sit-in du Bardo et rejoindra Nida Tounès qu'il finira aussi par quitter, expliquant à chaque fois les raisons de ses choix.
Voici un éclairage inédit sur ce qui se joue actuellement dans ce pays du Monde de l'Afrique, seul rescapé du "printemps arabe" de 2011. La réussite tunisienne n'est pas le fruit du hasard. Depuis l'indépendance en 1956, les compromis entre deux projets de société "moderniste" et "conservateur" (ou islamsite), qu'ils soient imposés ou négociés, se ressentent comme des sorties de crise qui s'accompagnent de changements des référents identitaires au service de nouvelles légitimités politiques.
Les Tunisiens la résument ainsi : " Un petit pays qui a tout d'un grand ! " Concentré de civilisations et livre d'histoire à ciel ouvert, à l'avant-garde de la culture arabe, la Tunisie nous ici contée par l'une de ses filles, Fawzia Zouari. L'exiguïté territoriale de la Tunisie ne l'a pas empêché de donner jadis son nom – Ifriqiya – au continent tout entier, l'Afrique, et de dérouler dans sa chronique nombre d'épisodes fondateurs et de courants de la pensée. À elle seule, la mosaïque tunisienne raconte, non seulement la chronique du Maghreb et de l'Europe, mais le reste de l'histoire de la planète, de l'Occident à l'Orient. C'est ici, à Carthage, que le monde connut sa première constitution. C'est ici que vécut la première femme fondatrice d'empire de l'histoire, la reine Didon, dite Elyssa. C'est ici que Hannibal conçut et planifia la conquête de Rome. Ici fut aboli l'esclavage avant la plupart des pays d'Europe. D'ici partit l'étincelle du fameux Printemps arabe. En enfant de ce pays, sa fille, et ce n'est pas peu d'être la fille d'un pays qui parmi les premiers a rompu avec l'oppression et le mépris des femmes, je suis allée à la recherche de l'âme de cette terre, de ce peuple à la fois soumis et rebelle, qui plie mais se relève chaque fois que l'étau de la dictature se resserre sur lui. Car il y a bien quelque chose qui échappe au tragique en Tunisie et négocie sans cesse avec la vie. Qui aime rire et chanter, fut-ce au cœur de la misère et l'oppression. Ce n'est pas un hasard si les islamistes et les rigides de tous poils ont toujours eu horreur de cette modernité innée et ce désir de l'autre inscrit dans les gênes du Tunisien. Voilà peut-être un début de définition : un pays porté sur la vie et tourné vers l'Autre ; ouvert aux souffles de l'Occident et de l'Orient. Méditerranéen et africain.
Des années Bourguiba (1956-1987) au révolutions arabes, en passant par la présidence Ben Ali (1987-2011), retour sur l'histoire contemporaine, sociale et politique, de ce petit pays ouvert sur l'Occident et la modernité qui aborde, depuis la révolution de Jasmin, un nouveau cycle politique.
Située au coeur de la Méditerranée, regardant vers l'Europe et vers l'Orient, la Tunisie s'est nourrie des influences des civilisations qui l'ont tour à tour habitée pour rayonner bien au-delà de son petit territoire. Sophie Bessis nous plonge dans l'histoire de ce pays trois fois millénaire pour en saisir la richesse et la singularité. De la fière Carthage, qui a su tenir tête à Rome, à la bouillonnante Ifriqiya médiévale, de la conquête arabe à l'instauration du Protectorat français, du « despotisme éclairé » de Bourguiba aux espoirs nés de la Révolution de 2011, l'auteure interroge la nature de l'« exception tunisienne » et nous éclaire sur la façon dont s'est construite la « tunisianité ». État longtemps qualifié d'exemplaire pour sa sécularisation et les droits accordés aux femmes, initiatrice des « Printemps arabes », la Tunisie reste le symbole d'une démocratie possible en pays arabe. Mais celle-ci est menacée par la proximité d'un environnement régional troublé et par l'implantation sur son territoire de foyers de radicalisme religieux. La Tunisie doit aussi composer avec la fracture millénaire entre un littoral anciennement urbanisé et économiquement privilégié et un intérieur qui se sent délaissé, fragilisant l'unité d'un peuple écartelé entre des héritages contradictoires. En revisitant chaque étape de ce riche passé dans cette synthèse érudite et réfléchie, Sophie Bessis interroge l'avenir d'une nation entrée depuis 2011 dans une nouvelle séquence de son histoire.
Depuis le e siècle, juifs et musulmans vivent côte à côte en Tunisie, parfois en paix, parfois en confl it. Au e siècle, seules subsistent quelques traces de la présence juive en Tunisie. Pourquoi cette cohabitation entre les deux peuples a-t-elle duré si longtemps ? Pourquoi s'est-elle achevée brutalement ? Des débuts de la conquête musulmane à l'Empire ottoman, du protectorat français à la Seconde Guerre mondiale, la cohabitation entre juifs et musulmans en Tunisie alterne entre tolérance et exclusion, concorde et confl its. À cela s'ajoutent les dissensions internes entre juifs portugais et juifs tunisiens qui s'exacerbèrent à la fi n du e siècle. Spécialiste du judaïsme maghrébin, Abdelkrim Allagui retrace sans parti pris l'histoire des juifs de Tunisie. À travers l'étude des pratiques sociales, économiques et culturelles qui ont fondé les conditions d'une coexistence millénaire, il interroge les raisons du divorce qui a conduit les juifs à quitter peu à peu la Tunisie musulmane.