Europe de l'Est
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De la chute du tsar à celle du dernier président du Soviet suprême, retour sur plus de sept décennies d'une histoire complexe et mouvementée, marquée par les deux guerres mondiales et la guerre froide. Entre léninisme et stalinisme : continuité ou rupture ? Quelles causes à l'effondrement de l'empire soviétique ? À ces questions et à de nombreuses autres, Nicolas Werth apporte des réponses claires et documentées. Une somme de référence, où il dresse l'inventaire d'une certaine idée de l'utopie communiste devenue réalité.
Poutine a fabriqué une fausse histoire russe, définie par une essence métaphysique qui justifierait sa prétention à un leadership mondiale, en imposant à la planète entière ses valeurs profondément réactionnaires, qui gouvernent sa politique intérieure. La réactivation de la vieille dynamique impériale va bien au-delà de l'espace entourant le territoire russe : cela est la nouveauté. Le livre analyse le rapport entre répétabilité de structures anciennes et événements singuliers actuels. La dimension impériale, le patrimonialisme, la personnification du pouvoir et sa légitimité transcendée, le refus des éléments émancipateurs dans le libéralisme politique... autant de strates érodées, mais encore actives de l'histoire russe. L'auteur les expose et les met en rapport avec les propos officiels sur l'Ukraine, la guerre et l'Occident. C'est un livre d'histoire qui éclaire la densité de l'actualité et dévoile les ambitions en jeu dans cette croisade messianique.
Ukraine, printemps 2022. Les carnets de guerre de deux observateurs français. Après avoir notamment couvert la guerre en Libye, Liseron Boudoul et Charles d'Anjou décident, en février 2022, de partir en Ukraine pour témoigner de ce qui se passe dans le Donbass prorusse. C'était deux semaines avant le début de cette guerre fratricide entre l'Ukraine et la Russie, que personne autour d'eux n'imaginait. Témoins privilégiés, seuls Français sur le terrain, les deux observateurs sont restés plusieurs mois au coeur du conflit, interviewant la jeunesse indignée, interpellant les combattants tchétchènes, écoutant les victimes de tous bords. De Donetsk à Marioupol, ils nous entraînent sur les routes éventrées de l'Ukraine, de checkpoint en checkpoint, et de drames en retrouvailles. Au plus près du réel, cernés de snipers et de drones, ils offrent ainsi au lecteur un témoignage rare de ce qui se passe à trois mille kilomètres de Paris, et des rencontres uniques avec les civils ukrainiens comme avec les soldats russes. Après la lecture de ces carnets de guerre, qui complètent magistralement tous les reportages télévisés, plus personne ne pourra dire qu'il ne savait pas.
Pour la première fois, les lecteurs français vont découvrir les récits et poèmes consacrés par quelques-uns des plus grands écrivains hongrois à l'insurrection de 1956, cette grande « révolution antitotalitaire » (Raymond Aron) qui a marqué l'histoire et révélé au monde la résistance des consciences à la tyrannie stalinienne. Sándor Márai, Gyrgy Konrád, Ferenc Karinthy, Tibor Déry, István Örkény et tant d'autres, jusqu'aux générations plus récentes comme Krisztina Tóth ou István Kemény, nous font revivre ces quinze jours de liberté folle et de rêves brisés, dans des textes pour la plupart inédits en français. De cette épopée de tout un pays, leurs écrits nous montrent toute la complexité humaine : le lyrisme et le courage, mais aussi les douleurs, les doutes et la mémoire contrariée.
Cet ouvrage soutient une thèse fondamentale : du point de vue idéologique et législatif, tout en Hongrie était prêt afin que le génocide des juifs de province puisse s'accomplir en quelques semaines, après l'occupation du pays par les Allemands en mars 1944. L'originalité de ce livre réside dans la publication, pour la première fois en France, de discours officiels des présidents du Conseil successifs, exposés de motifs des lois antijuives, prises de position des hauts dignitaires des Églises chrétiennes, illustrant la politique qui a préparé l'opinion à accepter la privation des droits et d'identité personnelle ainsi que le meurtre des juifs.
Le dossier coordonné par Jean-Yves Potel analyse le succès et les mesures du gouvernement du Parti Droit et justice (PiS) en Pologne. Mélangeant mesures sociales et nationalisme, un nouvel autoritarisme récupère un mécontentement général, que l'on peut comprendre comme une demande démocratique. À lire aussi dans ce numéro : les nouveaux cahier de doléance, l'emprise du numérique, l'anniversaire de la révolution iranienne, l'antisémitisme sans fin et le penser écologique.
Entre le début du XVIIe et le XXe siècle, la Russie a connu plusieurs centaines de faux tsars et tsarévitchs dont l'un fut couronné. L'imposture s'est répandue dans toutes les sphères de la vie politique, sociale et culturelle du pays : fausse législation, faux dignitaires de la cour et de l'Église, faux révolutionnaires, faux fils de Staline, faux Lénines... Dans la plupart des cas, l'accueil de la population leur fut favorable, et trois grandes insurrections généralisées à l'échelle de l'Empire se déroulèrent sous la bannière d'un faux tsar. L'imposture russe étonne par sa démesure, car les faits ici racontés tantôt arrachent un sourire franc, tantôt laissent un goût amer ; dans tous les cas, ils surprennent.Ce livre reconstitue pour la première fois toute l'histoire de ce phénomène, sous la Russie autocratique puis communiste, avant d'identifier les composantes anciennes qui pèsent lourdement sur le présent. Parce qu'il montre que l'imposture a été sa norme politique pendant quatre siècles, ce livre offre une histoire nouvelle de la Russie, soulignant ce qu'elle a en commun avec l'histoire européenne, mais aussi, en élucidant la spécificité de son histoire politique, ce par quoi elle est depuis toujours radicalement différente de nous.
Depuis la chute de l'URSS en 1991, la Russie a su reprendre sa place sur la scène internationale et réaffirmer ses intérêts nationaux. Cela conduit à des conflits politiques et militaires avec ses voisins (crises géorgiennes, conflit en Ukraine) et interroge ainsi la volonté du pouvoir russe de reconstruire l'empire. Face à ces nombreuses crises, cet ouvrage interroge la responsabilité des pays occidentaux dans la situation actuelle.
Maltraitée par l'Histoire, la Pologne fut partagée trois fois entre la Russie, la Prusse et l'Autriche. Aujourd'hui en première ligne d'une Europe qui bascule vers l'Est, sa nouvelle dynamique suscite l'admiration. Il est temps de mieux comprendre les ressorts de ce grand pays avec lequel il faut désormais compter. Nul n'incarne mieux que le peuple polonais la lutte d'une nation pour sa liberté. Écrasé par des régimes tyranniques et oppresseurs durant sa longue disparition en tant qu'État entre 1795 et 1918, il fut victime d'un sort tragique pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de subir le joug soviétique pendant près d'un demi-siècle. Pleinement intégrée dans l'ensemble européen et transatlantique, la Pologne est désormais prospère et souveraine, pivot d'une Europe centrale longtemps traitée à l'Ouest comme une simple périphérie. Méfiante vis-à-vis de la Russie par expérience, elle est depuis février 2022 l'avant-poste du combat européen contre l'expansionnisme de Poutine. En fin connaisseur, Pierre Buhler plonge dans l'histoire de ce pays ambitieux et analyse les lignes de force du « moment polonais » : l'ancrage profond du catholicisme, la défense farouche de sa liberté et le rempart qu'il constitue à l'Est. Alors que l'Europe se trouve face à son défi le plus existentiel depuis la fin de la guerre froide, cet acteur majeur bouscule le rapport des forces.
Ce livre est une histoire de l'Ukraine, du territoire et des hommes qui l'habitent, depuis Hérodote jusqu'à Zelensky. Racontée avec brio à travers une suite d'événements et de portraits des protagonistes insérée dans l'histoire politique, économique et militaire de l'Europe et dans celle de la chrétienté ; les deux présentées dans leurs grandes lignes mais sans simplifications excessives. La moitié du livre traite de la période antérieure à la Première Guerre mondiale, ce qui laisse assez de place pour une histoire plus détaillée de l'époque contemporaine. L'ambition de l'auteur vise toutefois un objectif plus difficile à atteindre que celui de simplement raconter à ses lecteurs l'histoire d'un pays souvent mal connu. Il essaie de leur faire comprendre toute la complexité de la situation de l'Ukraine en dévoilant ses racines historiques. Il y réussit pleinement en montrant comment un ensemble humain traversé par des frontières écologiques, religieuses, linguistiques, politiques, et dont les composantes ont vécu des passés fort différents, construit une identité commune, devient une nation et se donne un État. Serhii Plokhy évite toute apologie, ne cache pas les faces sombres du mouvement national ukrainien et les énormes difficultés d'apprentissage de l'indépendance face à un voisin, la Russie, puissant et hostile. Cette histoire de l'Ukraine est aussi celle de la Russie, l'une n'étant pas intelligible sans l'autre. À ce titre, elle est une excellente introduction à la compréhension du conflit actuel.
Ce livre est une histoire de l'Ukraine, du territoire et des hommes qui l'habitent, depuis Hérodote jusqu'à Zelensky. Racontée avec brio à travers une suite d'événements et de portraits des protagonistes insérée dans l'histoire politique, économique et militaire de l'Europe et dans celle de la chrétienté ; les deux présentées dans leurs grandes lignes mais sans simplifications excessives. La moitié du livre traite de la période antérieure à la Première Guerre mondiale, ce qui laisse assez de place pour une histoire plus détaillée de l'époque contemporaine. L'ambition de l'auteur vise toutefois un objectif plus difficile à atteindre que celui de simplement raconter à ses lecteurs l'histoire d'un pays souvent mal connu. Il essaie de leur faire comprendre toute la complexité de la situation de l'Ukraine en dévoilant ses racines historiques. Il y réussit pleinement en montrant comment un ensemble humain traversé par des frontières écologiques, religieuses, linguistiques, politiques, et dont les composantes ont vécu des passés fort différents, construit une identité commune, devient une nation et se donne un État. Serhii Plokhy évite toute apologie, ne cache pas les faces sombres du mouvement national ukrainien et les énormes difficultés d'apprentissage de l'indépendance face à un voisin, la Russie, puissant et hostile. Cette histoire de l'Ukraine est aussi celle de la Russie, l'une n'étant pas intelligible sans l'autre. À ce titre, elle est une excellente introduction à la compréhension du conflit actuel.
"Au début, nous ne comprenions pas ce que c'était que la guerre." Alors que les forces russes envahissent l'Ukraine et que la guerre devient une réalité dévastatrice, en février 2022, Andreï Kourkov tient une chronique au jour le jour. À la fois journal personnel et commentaire politique et historique, ce texte explore les relations entre l'histoire ukrainienne et l'histoire russe, mais aussi entre les deux langues du pays. En décrivant comment une société pacifique fait face à l'occupation, l'auteur nous montre une culture qui, contrairement aux affirmations de Poutine, est singulière et démocratique, libérale et diverse - une culture qui "résistera jusqu'à la fin". Avec son regard aiguisé sur les événements et son amour des gens, Kourkov dresse le portrait d'un peuple uni dans la lutte contre sa disparition. Le pain est cuit et partagé dans les ruines. Un homme amputé trouve une place dans un train d'évacuation, des grand-mères fuient les villes occupées avec leurs coqs sous le bras... Et malgré tout, l'espoir reste le plus fort : des enfants naissent dans les caves, les fermiers cultivent leurs champs malgré les mines et les bombardements. Dans son journal, Kourkov entrelace son histoire personnelle avec celle des autres Ukrainiens déplacés, et des communautés qui leur viennent en aide avec une générosité extraordinaire. Ensemble, ils attendent le moment où il sera possible de rentrer chez eux en sécurité.
Appelée « démocratie illibérale » par son Premier ministre, Viktor Orbán, la Hongrie échappe aux grilles de lecture des pays occidentaux. Au cours de leur histoire, les Hongrois n'ont cessé de questionner leur identité, d'ériger leur souveraineté en dogme. Héritiers d'un royaume fondé en l'an mil, ils ont été privés de leur indépendance tour à tour par l'Empire ottoman, les Habsbourg et, au xxe siècle, par l'occupation nazie puis le régime communiste. Cultivant leur spécificité culturelle, l'originalité de leur langue et de leur histoire, les Hongrois n'ont finalement jamais retrouvé les frontières du royaume fondé par saint Étienne. Ils ont construit un récit victimaire, rythmé par des épisodes de révolte que la politique mémorielle exalte encore de nos jours. Catherine Horel montre combien l'idée de nation en Hongrie a toujours été particulièrement sensible. En nous éclairant sur l'histoire longue du territoire, des héros, des mythes et des lieux de mémoire, elle nous en donne des clés de compréhension indispensables aujourd'hui.
Régulièrement présente dans les médias depuis une dizaine d'années, l'Ukraine est au coeur de l'actualité internationale depuis l'invasion russe du 24 février 2022 qui a transformé en guerre chaude un conflit qui semblait gelé à l'est depuis 2014. Les nombreuses analyses et débats consécutifs à cette invasion furent l'occasion de mesurer combien notre connaissance de ce pays était lacunaire, se limitant souvent aux clichés d'une Ukraine berceau de la Russie, terre des cosaques, grenier à blé de l'URSS et d'une succession de gouvernements entachés par une corruption massive. Partant de ces idées reçues, auxquelles s'ajoutent désormais celles directement liées à la guerre, Alexandra Goujon dresse un portrait précis et documenté de cette Ukraine qui nous est désormais plus familière. Nouvelle édition revue et augmentée
L'Ukraine est au centre de la nouvelle guerre froide qui s'est installée entre les pays occidentaux et la Russie. En 2013, les Ukrainiens ont conduit une révolution pour se rapprocher de l'Europe. Ils l'ont vite payé par l'annexion de la Crimée, puis par un conflit armé alimenté par la Russie, à l'est de leur territoire. Depuis, malgré la guerre qui se prolonge, l'Ukraine tente de se construire un nouveau destin. Quelles sont ses chances d'y arriver ? D'où est venue cette aspiration à s'émanciper ? Comment ce pays s'est-il transformé depuis la révolution du Maïdan ? Entre enquête et reportage, ce récit revient sur les événements clés de la crise ukrainienne, dont l'auteur a été le témoin. Il dessine le visage d'une nation en train de se réinventer et permet de comprendre ce qui se joue, aujourd'hui, dans ce pays nouveau sur la carte de l'Europe mais dont l'histoire vient de loin.
La Russie d'hier, d'aujourd'hui et de toujours racontée à travers sa ville emblématique.Peu de villes ont autant souffert que Smolensk, incendiée lors de sa conquête par les troupes napoléoniennes, martyrisée par les nazis. Le nom de cette " Ville héros ", l'une des plus vieilles cités de Russie qui commande la route des grandes invasions venues de l'Ouest, résonne sans cesse dans l'histoire du pays. Stendhal y écrivit ses plus belles pages sur la " déplorable catastrophe " que fut l'invasion de la Russie par la Grande Armée. Patrie de Mikhaïl Glinka et de Youri Gagarine, Smolensk fut également l'un des laboratoires du bolchevisme et de la répression stalinienne. Les victimes de ses tueries de masse sont ensevelies à quelques kilomètres, dans la forêt de Katyń où les bourreaux du NKVD, la police politique soviétique, massacrèrent 4 400 officiers polonais au printemps 1940. Soixante-dix ans plus tard, en 2010, l'avion présidentiel polonais avec la délégation venue leur rendre hommage se crashait non loin de son aéroport là où, en 1943, Hitler aurait dû mourir si la bombe placée dans son avion avait explosé. Toujours immortelle derrière sa ceinture de remparts, parsemée des clochers baroques de ses nombreuses églises, Smolensk illustre aussi l'obsession des Russes pour la " Grande Guerre patriotique ", portée à son paroxysme par Vladimir Poutine. Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale et de ses 27 millions de morts est devenu la matrice de celle qu'il a déclenchée en Ukraine. Conjuguant avec maestria récit historique et grand reportage, passé et présent, François Malye entraîne le lecteur par ce texte enlevé, nerveux, riche en anecdotes qui croise l'héritage des grands mémorialistes du Premier Empire avec un récit personnel qui n'est pas sans évoquer la prose de Jean-Paul Kauffmann.
Le 23 octobre 1956, le sang coule à Budapest. Un peuple de 10 millions d'habitants en défie un autre de 220 millions qui possède la plus forte armée du monde : l'URSS, le pays aux cent divisions. Armés de «cocktails Molotov», étudiants, ouvriers, femmes et tout jeunes enfants, affrontent les chars de l'Armée rouge. Au prix d'un héroïsme inouï, qui bouleverse les correspondants de presse du monde entier, ils en détruisent plusieurs centaines.La révolution hongroise qui s'est poursuivie en résistance passive aux conséquences inhumaines pour la population, a fait des milliers de morts et de blessés et poussé 200 000 Hongrois à l'exode. Elle a aussi provoqué en Occident une crise de conscience qui a ouvert les yeux à plus d'un admirateur de la «grande lueur à l'Est». Cette autre révolution d'Octobre, fondée sur le retour de la nation, ruinait l'aura de la « mère des révolutions » porteuse du rêve policier et sanglant de l'internationalisme prolétarien.À cette insurrection, il n'aura manqué ni la trahison la plus vile (qui a laissé une tache sur l'honneur de la légendaire armée rouge), ni l'obscure manoeuvre des États-Unis d'Amérique qui, derrière le paravent de l'indignation, ont délibérément instrumentalisé cette tragédie, via l'ONU, pour en faire le test de leur volonté de coexistence pacifique.Fondé sur les archives soviétiques et américaines et les recherches les plus récentes, cet ouvrage dévoile les multiples aspects de cette «Révolution antitotalitaire», qui sonnait en réalité le glas de l'empire soviétique et du communisme. Il y a des défaites plus prometteuses que des victoires. Henri-Christian Giraud est journaliste. Ancien directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine, il est l'auteur de De Gaulle et les communistes (Albin Michel, 1988 et 1989), t. 1 : L'Alliance (juin 1941-mai 1943), t.2 : Le Piège (mai 1943-janvier 1946), et de Terres de Mafia, (J.-C. Lattès, 1993). Il a dirigé l'ouvrage collectif Réplique à l'amiral de Gaulle (Le Rocher, 2004).
Pour les habitants de l'Europe occidentale, les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale furent des années de deuil, mais aussi de paix et de prospérité retrouvée. Mais pour peu que l'on déplace le regard à l'est du continent, c'est un tout autre paysage qui se dévoile. Sur les terres des empires vaincus, jusqu'en 1923, ce furent des années de cauchemar sans fin. Robert Gerwarth reconsidère l'héritage de la Grande Guerre. Pour une large part, ce n'est pas l'hécatombe des tranchées qui s'est révélée la plus dangereuse pour l'avenir de l'Europe, mais ce qui s'est joué dans les années qui ont suivi : révolutions, pogroms, expulsions de masse, guerres civiles et crimes d'une dimension génocidaire. Des millions de civils y trouvèrent la mort. Partout, des peuples pleins de ressentiment, avides de revanche, attendaient leur heure pour se venger d'ennemis réels et imaginaires. La violence extrême qui a déferlé sur l'Europe de l'après-Première Guerre mondiale a pavé la voie des conflits génocidaires qui ont suivi : c'est la thèse centrale de ce livre novateur. " Intense et frappant. Un rappel actuel du fait que les racines de la violence de longue durée du XXe siècle remontent au cataclysme de la Grande Guerre." Richard Overy Élu meilleur livre de l'année par le Times Literary Supplement, The Financial Times et BBC History Magazine Robert Gerwarth est professeur d'histoire contemporaine à University College Dublin, où il dirige le Centre for War Studies. Il est notamment l'auteur d'une biographie de Reinhard Heydrich. Il a enseigné aux États-Unis, en Allemagne et en France et a dirigé un programme de recherche européen sur la séquence 1917-1923. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Aurélien Blanchard