Werner Lambersy
Werner Lambersy
Quel étonnant regard croisé, pour ne pas dire paradoxal : dans l'imagerie européenne héritée du XIX. siècle, I homme « kanak », ainsi désigné dans tout le Pacifique, est terrible, laid et méchant (mais est-il même un homme ?). De plus, il a pour vis-à-vis la vahiné exquise, menue, fleurie, accueillante, ravissante, et ravisseuse du blanc égaré sur ses plages... Ce magnifique carnet de voyage dans l'histoire imaginaire des mers du sud et dans la constitution d'une imagerie et de stéréotypes qui nous gouvernent toujours est un régal ethnologique, illustré par un choix de textes et d'illustrations d'hommes (très) blancs !
Alger, 1905 : dans la villa Carmen, des phénomènes étranges défient la raison. Charles Richet, prix Nobel de médecine, y étudie des matérialisations spectaculaires.
Anvers ou les Anges pervers est un livre-kaléïdoscope. L'unique roman émietté d'un poète qui, pour l'occasion, s'arrache à la véracité de la forme poétique et qui entraîne le lecteur dans les méandres de la ville qui l'a vu naître. Un retour aux sources de l'écriture par l'arpentage de la cité portuaire et des sinuosités de la mémoire, entre mythes, mensonges et vérités.
La neige a cessé/Il a conquis le pouvoir d'ouvrir le livre/La page est blanche il fait froid/Il a reçu pouvoir de lire/Dans la blancheur/Pénétré le cercle/Le monde infini des divisions/Le livre blanc. « Copyright Electre »
« Les chats, c'est autre chose : ça dort dans le ventre des gens, quand ils ont envie de faire l'amour. Avec des griffes, qui rentrent, qui sortent ; des coups de pattes qui vous laissent sans souffle, le coeur ouvert, la bouche creuse... » Dans la collection "Poésie sous les ormeaux", deux histoires et 4 poèmes du poète belge Werner Lambersy.
Komboloï ? Chez les Grecs, ce sont de petits chapelets que l'on égrène, non par nécessité religieuse, mais plutôt comme « passe-nerfs », comme pour regagner une sérénité, un équilibre, un ordre sur le point de basculer. Ce titre donne une clé singulièrement explicite au livre de Werner Lambersy, et à son oeuvre tout entière. Chaque poème, en lui-même, n'a pas de pouvoir particulier, pas de « sens » infus : c'est le cérémonial de l'égrènement par la lecture qui organise une perspective, met sous tension les fragments d'écriture vers l'évidence d'une signification inconditionnée. Poésie ritualisée (Lambersy réunit ici les rites et les rythmes de ses trois origines : la Grèce, l'Inde et la langue française) qui invite à un rite de lecture : si l'écriture cherche dans la disposition des mots sur la page, des poèmes dans le livre, un mode d'organisation original, la lecture elle-même, dans une libre investigation, s'architecture dans une dynamique poétique rigoureuse. Rien n'est donné, le poème se conquiert. Le poête exclut toute lecture paresseuse.
Volti subito. Tournez vite, mais en douceur, les pages de l'aube de Werner Lambersy, tout imprégnées encore des traces de la nuit : brûlures exquises et douloureuses de l'âme et du corps possédés par de houleux amants : la mort, l'abîme, le temps, la mer... Laissez-vous prendre à fouiller les flancs, la fourrure à la fois vaine et chaude du poème. Agnès Henrard.