Thierry Kellner
Thierry Kellner
Étrange pays que cet État chiite qui n'a jamais rompu avec son passé préislamique et qui, malgré son particularisme, a toujours exercé un rayonnement culturel bien au-delà de ses frontières. Curieux destin que celui de ce vieil empire aujourd'hui entouré de jeunes États, objet, pendant le XIXe siècle et le début du XXe, de rivalités entre puissances russe et britannique, et qui est aussi la première nation du Moyen-Orient à s'être dotée d'une Constitution moderne à la suite d'une révolution dès 1906.Précurseur dans la nationalisation de ses ressources pétro-lières, l'Iran est également le premier pays à avoir connu une révolution islamique qui a provoqué un séisme politique à tra-vers le monde musulman et au-delà. Aujourd'hui, les Iraniens et les Iraniennes cherchent la voie pour sortir d'un régime despo-tique et misogyne qui refuse d'entendre leurs revendications. L'histoire contemporaine de l'Iran, laboratoire politique et nation à part, du point de vue identitaire et historique, vaut d'être connue. Le présent ouvrage a pour ambition d'initier le lecteur à cette histoire foisonnante de l'Iran des deux derniers siècles (1796-2023).
Qui sont les Perses ? Pourquoi l'Iran est-il devenu chiite ? Quelles sont les causes de la révolution islamique ? Qui est Ebrahim Raïssi, le nouveau président ? L'Iran souhaite-t-il normaliser ses relations avec les États-Unis ? Des splendeurs de Persépolis au raffinement d'Ispahan, l'Iran fascine depuis trois mille ans par sa tradition ancestrale et son patrimoine culturel. Mais, depuis la Révolution de 1979, le régime mêle étroitement le politique et le religieux, sans apporter le développement économique ni les libertés auxquels aspire le peuple iranien. La victoire des ultraconservateurs aux élections présidentielles inquiète les acteurs régionaux et internationaux. Après avoir subi la campagne de « pression maximale » des États-Unis sortis de l'accord du nucléaire, la ligne du gouvernement est plus que jamais anti-occidentale. Voici 100 clés pour comprendre ce pays incontournable de l'échiquier géopolitique moyen-oriental.
La disparition de l'URSS en 1991 a totalement bouleversé l'environnement régional de la République populaire de Chine, le long de sa frontière du nord-ouest. Cinq nouveaux États, contigus à la région autonome chinoise du Xinjiang, sont en effet apparus du jour au lendemain au coeur de l'Eurasie. Cette transformation complète de l'Asie centrale a ouvert à la Chine des perspectives et des opportunités nouvelles en matière politique et commerciale. Mais parallèlement, elle a aussi engendré des menaces et des défis inédits pour le pouvoir chinois, particulièrement au regard de la sécurité de sa région turcophone et musulmane du Xinjiang. Confronté à ce nouveau contexte, Pékin a rapidement dû adapter sa politique interne mais aussi définir puis mettre en place une politique étrangère originale à destination de ses nouveaux voisins centre-asiatiques. Cet ouvrage s'attache à décrire et à analyser cette politique étrangère, c'est-à-dire à en exposer et à en expliquer les déterminants, les objectifs, le cours et les variations et enfin les réalisations. Les relations politiques, économiques et énergétiques mises en place entre Pékin et les républiques d'Asie centrale entre 1991 et 2001 sont ainsi successivement passées en revue. Malgré la persistance de certaines difficultés, grâce aux choix et aux jalons qu'elle a posés au cours de cette décennie, la République populaire aura réussi au tournant du nouveau millénaire à devenir un acteur international majeur en Asie centrale.
Depuis le début de la décennie 2010, les pays du Moyen-Orient (MO) se trouvent confrontés à une série de crises qui tendent à se régionaliser et s'internationaliser. Lire la suite Pour y faire face, les acteurs locaux cherchent à diversifier, voire à réviser leurs alliances internationales traditionnelles. Coïncidant avec un activisme diplomatique et économique plus affirmé de la part de pays émergents, cette évolution ouvre des opportunités croisées nouvelles. C'est le cas pour la Chine qui a significativement accru sa présence partout au MO depuis près d'une décennie, et singulièrement en Égypte. Si jusque dans les années 1990, le MO ne faisait pas partie des priorités chinoises, Pékin n'en était cependant pas absent. De fait, dès les années 1950, la République populaire de Chine a développé des intérêts et des liens avec certains acteurs, parmi lesquels, un des plus importants, l'Égypte. Initialement fort dépendantes des aléas de la Guerre froide, ces relations ont connu une évolution substantielle à partir de la fin de la décennie 1970 avant de s'intensifier sous la présidence d'Hosni Moubarak. Le « printemps égyptien » de 2011, loin de remettre en cause les rapports établis entre Pékin et Le Caire, a au contraire permis une nouvelle accélération et un approfondissement de leurs relations. Sous la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, alors que Pékin a mis en avant dans sa politique étrangère l'initiative Belt and Road dont l'Égypte est partie prenante, les deux pays ont conclu un « partenariat stratégique complet », lequel ouvre la voie à de nouvelles perspectives tout azimut. Ce rapport offre pour la première fois une analyse détaillée de l'évolution des relations complexes entre la Chine et l'Égypte des années 1950 à aujourd'hui, avec une attention particulière portée sur l'évolution des rapports bilatéraux depuis 2011. Au-delà, l'analyse permet d'appréhender comment cette évolution participe d'une plus grande multi-polarisation de la scène internationale. Elena Aoun est professeure et chercheure en relations internationales à l'Université catholique de Louvain et membre du CECRI et du GERMAC. Titulaire d'un doctorat en Études politiques de Sciences Po Paris (2007), elle est notamment impliquée dans un projet ARC intitulé : « Resistance to international prescriptions and injunctions in Africa and the Middle East today ». Elle collabore également entre autres avec Thierry Kellner sur les stratégies des puissances émergentes à l'égard du Moyen-Orient. Thierry Kellner est Docteur en relations internationales de l'Institut universitaire de hautes études internationales de Genève ; maître de conférence à l'ULB, chercheur associé à plusieurs centres de recherches de l'ULB (REPI, EASt, CECID, OMAM, IEE) ainsi qu'au GRIP. Il est l'auteur de nombreuses études portant entre autres sur la politique étrangère de la Chine, la géopolitique de l'Asie centrale, le golfe Persique, l'histoire et la politique asiatique de l'Iran.
Qui sont les Perses ? Pourquoi la révolution de 1978-1979 est-elle devenue « islamique » ? Quel est le rôle des Gardiens de la révolution ? Pourquoi l'Iran est-il devenu chiite ? Qui est Hassan Rohani ? Le Mouvement vert est-il sans lendemain ? L'homosexualité « existe-t-elle » en Iran ? Comment est-on parvenu à résoudre la question du nucléaire iranien ? Iran-Arabie Saoudite : une nouvelle « guerre froide » ? Depuis trois mille ans, l'Iran rayonne dans tout l'Orient. Des splendeurs de Persépolis au raffinement d'Ispahan, le pays fascine par son histoire, sa tradition ancestrale et son immense patrimoine culturel. Mais, depuis la révolution khomeyniste, le pays inquiète car la République islamique mêle le politique et le religieux sans assouplir les libertés de son peuple ni garantir son développement économique dans une région en plein chaos.En 100 questions concises et didactiques, Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner décryptent les enjeux majeurs d'un géant mal aimé mais plus que jamais incontournable sur l'échiquier géopolitique moyen-oriental.
Avec l'effondrement de l'Union soviétique et l'accession à l'indépendance des cinq républiques situées dans la région, l'Asie centrale a réintégré la scène internationale en tant que catégorie spatiale autonome. Le retour de ce que Mackinder avait naguère baptisé « le pivot géographique de l'histoire » constitue sans doute un des événements majeurs de la vie internationale de la dernière décennie du vingtième siècle. Ce fait a entraîné une transformation géopolitique dont l'importance dépasse largement les limites territoriales des ex-républiques soviétiques. Que ce soit par rapport au Moyen-Orient, au continent asiatique, à l'Eurasie et bien entendu à la Russie elle-même, de nouvelles dynamiques sont apparues dont les conséquences deviendront de plus en plus perceptibles à mesure qu'on avancera dans le nouveau siècle. La première édition de Géopolitique de la nouvelle Asie centrale est parue en mars 2001. Quelques mois plus tard, alors qu'une deuxième édition était sous presse, les attentats du 11 septembre ont eu lieu à New York et Washington. L'intervention américaine en Afghanistan et la chute du régime des talibans ont profondément modifié la donne géopolitique en Asie centrale. En quelques semaines, cette région, qui jusqu'alors suscitait surtout la convoitise pour ses ressources en hydrocarbures, est devenue le premier front de la lutte antiterroriste lancée par les États-Unis. Les auteurs de cet ouvrage ne pouvaient évidemment faire l'impasse sur ces bouleversements.