Tatiana Arfel
Tatiana Arfel
Émilienne devrait être à la retraite, mais n'a pas assez cotisé. Alors elle est agente de nettoyage dans les toilettes d'un centre commercial - dame pipi. Au rythme des procédures d'hygiène, Émilienne revoit son existence cabossée et insoumise, guidée par son furieux désir de liberté. En écho à sa voix, celles de toutes les femmes qui viennent trouver ici un refuge hors des injonctions sociales. Par-delà leurs différences, leurs monologues forment un choeur sororal autour d'une même certitude : nous ne sommes pas des poupées ! « Émilienne court plus vite que les garçons, Émilienne danse, Émilienne chante. Émilienne est petite encore et elle défend sa joie. Ses jeunes frères et soeurs sont déjà bien trop calmes. Moroses. Ils suivront la pente des parents. Ils deviendront d'honnêtes gens. » Tatiana Arfel, née en 1979, est psychologue et anime des ateliers d'écriture auprès de publics en difficulté. Elle est cofondatrice du collectif « Penser le travail ». Ses trois premiers romans (éd. José Corti), dont le premier, L'Attente du soir, a obtenu 6 prix littéraires, interrogent la place de l'individu dans la société. La Ronde des poupées est son 4e roman.
Rentrer du travail sans même se souvenir du trajet. Monter revérifier qu'on a fermé la porte à clé. Regarder l'heure, l'après-midi est déjà là, où est donc passé le matin ? Et le week-end dernier, on a fait quoi déjà, rien ? Instants multiples où nous n'étions pas là. Où nous cachions-nous alors, derrière combien de murailles, combien d'écrans, est-ce du temps définitivement perdu, celui qui n'a pas été vécu ? Imaginons donc. Chez Aurélien ces absences s'étendent à toute sa vie. Il n'y est jamais, ne se souvient de rien, sauve quelques faits sur des carnets. Pourtant du dehors, Aurélien a l'air normal. Même trop normal pour être normal, commère-t-on parfois. Normopathe, finalement, rien ne dépasse et des mots blancs. À moins qu'il n'y ait possibilité d'une deuxième vie, une chance cette fois d'y arriver. À naître dans son corps, sentir dans sa peau, à jouir, à goûter. À trouver une langue à soi pour pouvoir raconter. Il faudra quitter son existence ancienne, renoncer au calme film noir et blanc et muet. Risquer de tout perdre, habitudes et tranquillité, pour ne pas expirer avant l'heure. Quitte, ou double.
De l'Antiquité grecque au XXe siècle, ce livre dséormais classique fait se confronter, pour chaque période, les représentations culturelles de la douleur, les théories médicales élaborées pour en élucider les mécanismes et les thérapeutiques mises en oeuvre pour soulager le patient.