Sylvie Guillaume
Sylvie Guillaume
En 1918, les démocraties libérales européennes, aidées de la démocratie américaine, sortent victorieuses d'un conflit meurtrier contre les Empires centraux. En 1989, la chute du Mur de Berlin, symbole de la guerre froide, élargit l'espace démocratique à l'Europe entière alors que, dès l'après-guerre, il s'était recomposé à travers l'espace de la communauté européenne et que dès 1974, il s'était ouvert à l'Espagne. L'histoire de la démocratie pendant ces soixante-dix années est celle d'une réussite sur le long terme. Elle triomphe non sans mal des totalitarismes nazi et fasciste en 1945, elle lutte efficacement contre la concurrence du modèle soviétique et de ses satellites, les démocraties populaires. L'histoire de la démocratie est aussi celle d'une perpétuelle évolution qui tient compte des revendications sociales et citoyennes ce qui n'exclue pas les explosions sporadiques des terrorismes et des forces antidémocratiques qui la menacent à l'occasion de crises. La démocratie est confrontée à deux crises économiques majeures, dans les années trente et dans les années soixante-dix et quatre-vingt qui la fragilisent et font douter de son efficacité. Enfin l'histoire de la démocratie est multiforme car elle est le reflet de spécificités nationales. Celles-ci découlent du cadre institutionnel et de la culture politique propres à chaque État démocratique.
Qu'est-ce que le chat le plus goulu de la bande dessinée préfère manger ? Des brocolis ? Des épinards ? Des carottes ? Il paraît que ça rend aimable... Non, non, non ! Ne lui présentez rien de tout ça. Quelle horreur ! Ce que Garfield, ce bon gros matou, aime dévorer plus que tout, ce sont les lasagnes et la... pizza ! Un album qui sent bon pour enchanter vos papilles.
Ni révoltés, ni révolutionnaires, les rebelles de De Gaulle à Macron transgressent les normes du système politique sans pour autant vouloir sa destruction. La rébellion, paradoxalement constructive, devient le moteur de grandes réformes comme la légalisation de l'IVG ou l'abolition de la peine de mort. Enfants terribles dans leur famille politique tels Rocard, Séguin, Chevènement, Sarkozy, retardant toute adhésion à un parti tels Pompidou et Barre ou la refusant tels Badinter, Veil ou Macron, ils ont tous un tempérament frondeur qui ne dessert pas leur ambition de rénover le gouvernement. Héritiers de De Gaulle, ils ont « une certaine idée de la France », héritiers de Mendès France, ils savent que « gouverner, c'est choisir ». À la veille des élections présidentielles du printemps 2022, qui du président sortant, le « jupitérien » Emmanuel Macron, ayant fait exploser l'organisation des partis, ou de ses adversaires réuniront une France divisée - entre le rural et l'urbain, entre les nantis diplômés et les Gilets jaunes -, tout ceci sur un fond de crise sanitaire, économique et écologique ?
La crise économique de 2008 a révélé la difficulté de nos élites à gérer de semblables bouleversements et à faire accepter des réformes nécessaires, mais impopulaires. Étudier les réactions des élites face aux crises - prévention, réaction, raidissement, intériorisation et adaptation - interroge leur capacité à percevoir la gravité de la crise, leur rapport à la modernité et, plus globalement, leur aptitude à réformer pour prévenir les explosions sociales et donc à se maintenir au pouvoir. Cet ouvrage, qui fait suite au colloque organisé par le Centre d'études des mondes modernes et contemporain de Bordeaux, réunit vingt-huit chercheurs. Inscrit dans un temps long (de l'époque moderne jusqu'à nos jours) et dans un cadre transnational, leur propos s'appuie sur une double identification : celle des élites - mouvantes et diverses - et celle des crises - un événement brutal et inattendu, un moment de retournement ou un lent processus de dégradation d'une situation donnée. L'étude des sorties de crise, plus ou moins réussies, permet de répondre à la question de la permanence ou du renouvellement des élites. Se dégage alors l'importance du phénomène de l'expertise et des cercles d'influence avec le rôle des ingénieurs, des intellectuels, des hauts fonctionnaires ou encore « des conseillers du prince ».
Comment ce système politique est-il perçu par les contemporains ? Car représentations collectives et imaginaires sociaux s'entremêlent et leur analyse est déterminante pour l'historien aussi bien que pour le politologue. « Copyright Electre »
Pour comprendre un siècle d'évolution des rapports sociaux et des engagements politiques, cet ouvrage analyse les différentes vagues réformistes que la France a connues depuis le début du 20e siècle. Pourquoi certaines réformes rencontrent-elles l'adhésion de la majorité (loi de 1978, "Informatique et libertés", "pacte national pour l'emploi" de 1980), alors que d'autres sont rejetées (depuis 1981, aucune réforme scolaire ne parvient à "passer la rampe") ? Cette synthèse inèdite s'inscrit plus que jamais dans l'actualité !