Rouchy
Rouchy
L'originalité de cette étude approfondie sur le regard se réfère à la perception, à la diversité de regards rencontrés le plus souvent dans les situations simples. Elle s'est inspirée des travaux de Julian de Ajuriaguerra et développe l'importance qu'il lui donnait dans ses observations bébé-mère : « On regarde pour voir mais le regard aidant, on s'avance au-delà de l'acte de vision pour suivre, chercher et fixer l'objet. C'est l'existence de l'autre. Plus tard, le regard contribue à mesurer la distance entre soi et l'autre. » À partir de faits cliniques, quatre orthophonistes et une psychomotricienne étudient ce que le regard met en jeu chez l'enfant jusqu'à 6 ans. Regard vivant, étonnant qui nous parle, nous sollicite, se refuse, nous transmet mille choses insaisissables et pourtant ressenties. OEil, regard, quels sont leurs modes d'utilisation ? Leurs fonctions ? Qu'est-ce que regarder ? Qu'est-ce que voir ? Toute la réflexion des auteurs est centrée sur la valeur relationnelle du regard dans les situations interactives, avec ses conséquences et sa dynamique. Observations et vignettes cliniques renseignent sur l'enfant qui tout joyeux attire notre attention - « T'as vu ! » -, sur celui pour qui regarder c'est toucher, et pour celui aussi qui refuse de voir parce qu'il en a sans doute assez vu comme ça. Accorder une valeur au regard, comme il est étudié dans cet ouvrage, c'est vouloir saisir des liens nouveaux qui contribuent à affiner la compréhension des échanges entre un enfant et son thérapeute, quelle que soit la technique employée.
Cet ouvrage a été conçu dans un rapport étroit entre le travail clinique sur le terrain et l'élaboration de concepts utiles à l'analyse, en dialogue avec différentes théories de la psychanalyse et des sciences humaines portant sur l'institution et le changement. L'approche que proposent les auteurs est centrée sur la personne, sur ses constructions, sur les difficultés, les conflits, les souffrances éprouvées dans le cadre professionnel. Traiter de l'évolution des structures, de changements individuels et collectifs, concerne le vécu des personnes dans des équipes, des services, des établissements dont elles font partie, mais qui font aussi partie d'elles-mêmes. Pour les auteurs, l'analyse d'institution est un travail d'élaboration au sens psychanalytique du terme, qui demande du temps, un cadre complexe et rigoureux, et concerne à la fois l'évolution des processus psychiques au plan individuel et collectif, et des changements du système d'organisation en rapport à de nouvelles valeurs instituantes. Les exemples cliniques qu'ils développent ici permettent au lecteur d'en comprendre les étapes et d'en mesurer les effets et les implications. Dans les secteurs du soin et du travail social, cette analyse des processus inconscients - actifs dans les rapports individu, groupe, organisation, institution et valeurs sociales - conduit à envisager des changements et la restauration d'un cadre de travail cohérent où circule à nouveau la vie, où la qualité des soins et des prises en charge fait écho à la satisfaction des équipes de réaliser enfin leurs aspirations professionnelles. Jean-Claude Rouchy est psychanalyste, analyste didacticien de groupe, rédacteur en chef de la Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe (érès) et de Connexions (érès). Il est président de la Fédération des associations de psychothérapie psychanalytique de groupe et président de Transition (association européenne d'analyse de groupe et d'institution). Monique Soula-Desroche est analyste didacticienne de groupe et d'institutions, chargée de cours à l'Institut de psychologie de Paris V. Elle a conduit comme ethnosociologue des actions d'économie sociale et de développement en Afrique (EPHE) et auprès de personnes âgées et d'exclus en France. Elle est membre du comité de rédaction de Connexions et membre fondateur de Transition.
L'échec du projet de reconstitution du Bloc des gauches à travers le Cartel sur lequel s'était reconstruit le Parti radical, ouvre, à partir de 1926, la Crise du radicalisme. Au plan de la doctrine, les jeunes générations radicales entreprennent une révision des idées traditionnelles sur la base du réalisme et de l'adaptation à la France du XXe siècle, mais cette remise en cause des références historiques par les Jeunes-Turcs provoque au sein du parti un trouble considérable. Dans le domaine de l'action concrète, les leaders radicaux définissent désormais leur parti comme une formation centriste, même si l'attachement des militants à l'union des gauches conduit à pratiquer aux élections la discipline républicaine. Cette contradiction entre l'appui sur une majorité de gauche et une pratique centriste au pouvoir conduit le Parti radical à n'être plus qu'une force d'appoint des coalitions opposées de l'union nationale qui domine de 1934 à 1936, ou du Front populaire qui triomphe en 1936. En 1938, à la veille de l'effondrement d'un régime avec lequel il se confond, le Parti radical retrouve un rôle de premier plan, mais en tournant le dos aux traditions sur lesquelles il vivait depuis le XIXe siècle.