Rachel Leclerc
Rachel Leclerc
C'est le territoire de la Gaspésie où la poète vit qui unifie les trois parties de cet ambitieux recueil de poésie. Comment ne pas rendre hommage à ce paysage qui, au fil d'une vie, et même dans l'absence, a illuminé tous les chemins qu'elle a choisis? La chambre des saisons a été écrit devant la mer, sur une pointe de terre où ne passent que les chevreuils, les oiseaux migrateurs et les amis. Procédant à une longue descente en soi, le recueil s'ouvre dans le secret d'une chambre où seule une fenêtre étroite témoigne de la fuite du temps. Puis apparaissent les visages ahuris d'une lointaine époque où la famine sévissait dans la population. Enfin, comme un retour sur ses travaux antérieurs, Rachel Leclerc prête sa voix aux fantômes de sa famille, en particulier à celui de la mère disparue trop tôt.
Richard Levasseur, le narrateur de La Patience des fantômes, roman paru en 2011, nous revient dans ce nouveau livre de Rachel Leclerc. Diminué par un accident vasculaire cérébral, il croit encore user de son libre arbitre quand il sort de sa maison un soir d'automne pour assister à la migration des oies sauvages, dont les cris ne cessent de l'appeler. Prisonnier du dehors, il passera une nuit envoûtante et initiatique avec le fantôme de son grand-père, Joachim Levasseur, figure emblématique de la famille. Pour ce petit-fils venu à sa rencontre, Joachim deviendra lui-même le narrateur d'une autre histoire, celle de Georges, son enfant adultérin et inconnu de tous, dont le destin ne doit pas tomber dans l'oubli. Au fil des pages, on retrouve Bianca, l'amoureuse de Richard, ainsi que Joseph, leur fils adoptif. Surtout, on s'attache à
Dans le Montréal des marginaux, un père et sa fille tentent de se libérer d’un passé qui les étouffe. Ruelle Océan explore, avec une écriture poétique et sans concession, la quête de sens et la fragilité des liens familiaux.
Quatre voix majeures de la poésie québécoise contemporaine se répondent dans ce recueil collectif. Si tu allais quelque part, Du haut de mon arbre, La marathonienne et L’ourse y dessinent un paysage littéraire à la fois intime et universel.
C'est dans une misère en bardeaux gris, du côté nord de la péninsule gaspésienne, que Joachim Levasseur est né à la fin du XIXe siècle. Au milieu du siècle suivant, il est mort au Ritz-Carlton, où il n'était ni plongeur, ni chasseur, ni même chef concierge, mais un client qui profitait comme d'autres de ce que lui avaient rapporté son ambition et son audace. Si Émilie, son arrière-petite-fille, fait partie des serviteurs de ce monde, c'est parce qu'évidemment quelque chose n'a pas fonctionné après la mort de Joachim. Il y a pour elle, comme pour chacun des descendants de Joachim, un temps normal et parfois un autre temps, qui est anormal au point de ressembler à un châtiment - d'où, peut-être, sa croyance en un mauvais sort jeté sur la famille. Rachel Leclerc nous donne ici beaucoup plus qu'une grande saga familiale sur cinq générations. Elle nous propose une lumineuse méditation sur la tragédie qui se cache au milieu de toute vie.
Baie des Chaleurs, 1835. Gabriel Foucault va mourir dans sa belle demeure anglo-normande. Il dévoile à son fils, Victor, sa jeunesse dans ce village de pêcheurs où la dette envers les maîtres se transmet d'une génération à l'autre. Mais il y a surtout le souvenir de Catherine, la fille de Richard Thomas, le riche marchand dont l'esprit et la loi règnent sur le village. Venue là pour un été, elle a lié son destin au jeune Gabriel, le plus insoumis des garçons de la place. « L'écrivain a su, dès son premier roman, faire naître et vivre un monde issu de sa vision singulière de la condition humaine. Les «noces de sable'' sont celles qui unissent les humains et la mort. Elles ont leur terrible beauté. » Réginald Martel, La Presse « Excellente, l'histoire ; riches, les personnages et le rythme narratif : envoûtant. » Jacques Allard, Le Devoir