Pierre Musso
Pierre Musso
À Aubervilliers, un lieu unique voit le jour : le Métafort, où artistes, ingénieurs et citoyens repensent ensemble l’usage des technologies.
La notion moderne de réseau a été inventée par Saint-Simon, par la suite les saint-simoniens ont transformé cette notion de réseau en culte des réseaux de communication. Cette dégradation du concept s'est amplifiée actuellement de nos jours, tout est devenu « réseau » chargé d'une symbolique indiquant un futur social meilleur, promettant à tous une société transparente et égalitaire. Inventé pour penser le changement social, ce concept est devenu une prothèse technique d'un changement social à venir.
Nombre d'économistes et d'analystes adhèrent à la perspective tracée par l'OCDE et présentée sous le terme de "knowledge society". En écho les spécialistes du management s'engagent dans le "knowledge management". Cet ouvrage étudie les discours sur le sujet et les pratiques mais aussi les caractéristiques, la place et le rôle des technologies auxquelles s'adossent ces pratiques, ainsi que l'instrumentalisation des capacités, des compétences et du potentiel cognitif des acteurs économiques et sociaux, et particulièrement des salariés, qui deviennent des "knowledge workers".
Le philosophe Henri-Saint-Simon (1760-1825) est un personnage étonnant, voire extravagant, aux multiples facettes, dont la pensée audacieuse a façonné les fondements des idéologies modernes. Figure singulière, libéral, libertin, voire libertaire, Saint-Simon s'érige en « novateur » dans une époque où les révolutions politiques, scientifiques et industrielles se heurtent et se mêlent. Inventeur de concepts, il se positionne en réformateur et en fondateur d'une vision du monde inédite : celle de la « société industrielle ». Son oeuvre, véritable laboratoire d'idées, éclaire encore les débats contemporains sur les enjeux anthropologiques de l'industrialisation. À l'occasion du bicentenaire de sa mort, cette biographie captivante redécouvre un personnage complexe et son héritage de longue portée. Pierre Musso apporte un nouveau regard sur la vie extraordinaire de cet homme et sur la puissance d'une oeuvre qui défie les époques. Pierre Musso, philosophe et politiste, est professeur des universités et spécialiste de Saint-Simon. Il a co-dirigé l'édition critique des OEuvres complètes (PUF, 2013) et il est l'éditeur de sa correspondance (Manucius, 2025). Ses recherches portent sur la philosophie des réseaux, la politique et l'imaginaire industriel. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, notamment chez Fayard, dont Le Temps de l'État-Entreprise et La Religion industrielle.
Dans une époque médiévale, les humains sont terrorisés par des êtres démoniaques capables de se fondre parmi eux. Leur seule chance de survie réside dans les mains des Claymores, des femmes hybrides mi-humaines mi-démons qui possèdent des pouvoirs gigantesques, dépassant même ceux des démons. Habitant d'un petit village, Raki rencontre l'une d'entre elles, envoyée en mission pour trouver et exterminer le démon qui décime les siens. Subjugué par la beauté de la jeune fille, il va aussi découvrir les terribles secrets qui se cachent derrière l'organisation Claymore et le destin tragique qui attend chacun de ses membres
L'industrie a réalisé un imaginaire de la rationalité et du Progrès, construit sur la longue durée. à son tour, l'industrialisation produit depuis le XIXe siècle, des «méta-industries» de l'imaginaire : depuis le luxe, la publicité ou l'audiovisuel, jusqu'aux industries du logiciel et du web. Cet ouvrage décrypte ce puissant imaginaire industriel caractéristique de la vision du monde de l'Occident.
2008 : Les formes de conquête et d'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy en France et par Silvio Berlusconi en Italie suscitent bien des interrogations. Elles présentent des similitudes identifiant un phénomène original : le « sarkoberlusconisme ».Fin 2010 : Leur capital confiance est au plus bas, la crise les a rattrapés et les « affaires » qu'elles soient de moeurs, judiciaires ou d'argent semblent prendre plus d'importance que la politique menée. Est-ce pour autant la fin du « sarkoberlusconisme » ?
L'industrie est au coeur des enjeux et des transformations de nos sociétés. Il s'agit de l'activité créatrice et productrice d'une société entière, et non d'un simple secteur d'activité économique. Dans une période de rupture techno-industrielle et écologique, une nouvelle bifurcation peut s'opérer avec la renaissance de l'industrie. L'actuelle « révolution numérique » est comparable à la rupture de la Renaissance. Elle nécessite de changer de perspective, en portant un regard neuf sur les « nouveaux mondes » artificiels issus de la civilisation. Dans l'histoire, toutes les bifurcations ont été le fruit de dialogues entre artistes, savants, philosophes et industriels. Les conversations entre un grand industriel visionnaire et un philosophe à l'écoute de son temps, tentent d'y contribuer. Bernard Charlès est le vice-président et directeur général de Dassault Systèmes, leader mondial de l'édition de logiciels 3D. Ingénieur, agrégé de l'ENS Cachan, docteur en mécanique, il est entré en 1983 chez Dassault Systèmes qu'il dirige depuis 1995. Pierre Musso, philosophe de formation, docteur d'Etat en science politique, est professeur des universités. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur Saint-Simon, sur les imaginaires techniques et sur la philosophie de l'industrie.
Personnages ayant surgi comme par effraction à la présidence de leur pays, perçus comme des « politiques » improbables, Berlusconi, Trump et Macron ont été bien rapidement étiquetés « populistes », « élitistes », « néo-libéraux ». Si ces trois figures, pourtant en phase avec l'époque, restent incompréhensibles, c'est qu'ils méritent que l'on formule d'autres hypothèses d'interprétation du phénomène qu'ils représentent. Berlusconi, Trump et Macron, antipolitiques en politique, sont des figures pionnières de l'État-Entreprise. Cette institution double se manifeste et apparaît aujourd'hui, tandis que l'État est plus affaibli que jamais, et à sa suite la politique et le système de la représentation. L'Entreprise, en premier lieu la grande Entreprise (big corporation), triomphe. Elle est à l'apogée de sa puissance. Ce livre met en perspective, sur la longue durée, la mutation profonde du politique en Occident et donne à voir ce qui se joue à l'arrière-plan, entre l'État (institution de la religion du politique) et l'Entreprise (institution de la religion industrielle) : un lent processus de neutralisation de l'État qui s'accélère depuis la fin du xxe siècle et semble tendre à son démantèlement, au profit de l'Entreprise... À tout le moins assistons-nous à un transfert d'hégémonie. Le temps de l'État-Entreprise advient, temps de la mutation du pouvoir et du rapport de force entre les deux institutions désormais hybridées. Pierre Musso, philosophe de formation, docteur d'État en science politique, est professeur des universités, conseiller à l'Institut d'Études avancées de Nantes. Spécialiste de Saint-Simon, il a co-dirigé l'édition critique des OEuvres complètes d'Henri Saint-Simon (PUF, 2013). Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages sur la philosophie des réseaux, la politique et l'imaginaire industriel, dont le dernier paru est La Religion industrielle (Fayard-IEA, 2017).
L'industrie est une vision du monde et pas seulement un phénomène historique. Avant d'être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles. Cet ouvrage porte un regard anthropologique et philosophique de l'Occident sur lui-même. Cet Occidental selfie met au jour sa puissante religion industrielle, jamais vue comme telle. L'industrie absorbe tout. Elle fait tenir l'architecture culturelle de l'Occident. Car l'Occident a bien une religion. Il ne s'est produit aucune « sécularisation ». La religion ne peut disparaître : elle se métamorphose. Avec la « Révolution industrielle », un « nouveau christianisme » technoscientifique a été formulé. Cet ouvrage donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne, d'une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle. L'esprit industriel s'est emparé du plus grand mystère de l'Occident chrétien, celui de l'Incarnation, et l'a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l'Humanité et de l'Ordinateur. Pierre Musso explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (xie-xiiie siècles), la manufacture (xviie-xviiie) puis l'usine (xixe), avant de constituer l'entreprise (xxe-xxie). Son élaboration s'est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.
« Comment ? Vous ne connaissez pas la « Montachole », ce sommet, dominant les ruines d'un temple au bord d'un lac immense, et pour la possession duquel eurent lieu tant de combats acharnés ? Mais vous êtes excusables, car ce ne sont là qu'images inventées à l'âge où les yeux s'ouvrent sur tant de rêves. Il s'agit tout simplement du petit tertre situé près du cloître du jardin Massey »... Un souvenir, parmi tant d'autres, brossés au fil des pages par Charles Grosholts, tarbais de coeur, amoureux des Pyrénées. Personne ne restera insensible à ces images du vieux Tarbes, pleines de poésie et saupoudrées d'un peu de mélancolie.
Modéliser l'imaginaire semble être un oxymore. En fait, c'est une invite à l'audace de la création et de l'exploration. Pour innover dans l'industrie, il faut combiner l'imaginaire, et même l'imagination, avec la formalisation, et nouer les savoir-faire et les sciences, l'industrie et la recherche, la mémoire et l'oubli, l'interdisciplinarité et la spécialisation, l'imitation et la créativité. Cet ouvrage relève ce défi grâce aux regards croisés de chercheurs et d'industriels collaborant dans la Chaire «Modélisations des Imaginaires, Innovation et Création». Les auteurs : Anne Asensio, Alexandra Borsari, Tamy Boubekeur, Virgile Charton, Wilfried Coussieu, Pascal Daloz, Jean-Louis Dessalles, Pascal Feillard, Laurent Gille, Hélène Jeannin, Frédérique Legrand, Jean-François Lucas, Rémi Maniak, Brigitte Munier, Pierre Musso, Catherine Pelachaud, Pascal Plantard, Jean-Marc Raibaud, Rossella Rega, Laetitia Ricci, Mathilde Sarre-Charrier, Gaël Seydoux, Candace L. Sidner, Jean-Jacques Wunenburger.
L'imaginaire, complément du rationnel et du réel, est une matière première pour l'innovation. Celle-ci se produit quand l'alliage des imaginaires et des connaissances arrive à maturité. Par le dialogue et la collaboration entre scientifiques, artistes et industriels, la Chaire de recherche « Modélisations des imaginaires, innovation et création » défriche ce nouveau chantier théorique et expérimental. Cet ouvrage présente les concepts et les méthodes construits et mis en oeuvre dans cette démarche exploratoire.
Partout la figure du réseau s'impose pour « réenchanter » la vie quotidienne et réinterpréter le monde contemporain. Le réseau a remplacé l'arbre. Celui-ci symbolisait l'enracinement, la hiérarchie et la verticalité religieuse reliant terre et ciel, le réseau est l'objet fétiche pour le culte contemporain du mouvement, du passage et de l'horizontalité reliant présent et avenir. Le parcours dans « l'invention du réseau » auquel ce livre invite, permet de suivre un travail de formalisation du réseau considéré comme une forme artificielle, celle du filet et du tissu, avant d'envahir toutes les représentations au siècle des Lumières et de devenir aujourd'hui un mode de représentation de l'ensemble de la société. Parallèlement l'invention du réseau est aussi un trajet dans l'incarnation symbolique des structures réticulées dans le corps humain, notamment le cerveau, puis dans la nature avant d'envelopper la planète entière. A travers l'histoire, trois objets sont saisis et étudiés dans les mailles du réseau, le corps, la nature et la société.
Saint-Simon fait partie de ces grandes figures théoriques fascinantes de notre civilisation, avec Marx il est l'un des seuls grands penseurs dont on a transformé le nom en un courant, le saint-simonisme. Il est l'un des premiers théoriciens de la société industrielle et sa philosophie politique a été reprise par quatre grandes vagues d'actualisation mêlant approches théoriques et exigences politiques. Cet ouvrage s'inscrit dans la « quatrième vague » de retour à Saint-Simon, à l'occasion d'une interrogation sur la crise du capitalisme post-industriel et de la représentation politique, accompagnée d'un nouvel intérêt pour les pensées utopiques du millénaire. Il reprend en partie les communications faites au cours d'un Colloque de Cerisy
Si l'importance de la rupture artistique apportée par Yves Klein (1928-1962) avec sa «révolution bleue», est largement reconnue, les interprétations de sa démarche se multiplient et se perdent bien souvent dans les méandres de la psychologie, de la religion, voire de l'obscurantisme. Alors que le projet de l'artiste s'éclaire si on veut bien analyser son oeuvre fulgurante et ses écrits multiples, et les inscrire dans leurs rapports à l'histoire de l'art. Cet ouvrage défend une thèse forte, à savoir que l'oeuvre de Yves Klein achève la déconstruction du dispositif de la représentation et de la perspective héritée du Quattrocento, déconstruction commencée avec l'impressionnisme. Yves Klein clôture cette critique en immatérialisant le tableau, cette «geôle» des couleurs et cette prison de la sensibilité. Du même coup, il abandonne la structure ternaire (modèle/toile/regard) qui soutient tout le dispositif de la représentation, au profit d'une structure binaire, celle du Vide et de la Vie ou de la Nature et du Sujet. En mettant fin de façon radicale à la représentation, Klein inaugure l'ère de l'a-représentation, de la post-représentation. Il invite à la construction d'une nouvelle forme symbolique en art, voire au-delà, et en explore les multiples potentialités avec le théâtre du Vide, l'immatériel ou l'architecture de l'air et du feu.
Sous le Second Empire, dans le Périgord, une "demoiselle de compagnie" fait l'apprentissage de la vie 1857. Angéline, fille d'un forgeron républicain, est engagée par les Gardiency, "bourgeois éclairés" et bonapartistes prudents. Élevée dans la tradition républicaine qui vénère le savoir comme arme de l'indépendance, Angéline a le goût des romans et de la réflexion, la curiosité du monde et un bon sens solidement étayé par la volonté. Cependant, rien n'est plus dépaysant que cet univers où la plonge son emploi: dans une maison confortable et d'apparence sage, elle découvre les eaux troubles des secrets de famille, des haines anciennes, des rivalités politiques et des amours.Son arrivée chez les Gardiency déclenche, bien malgré elle, des jalousies et des passions jusqu'alors enfouies dans les silences de la bienséance bourgeoise. Robert Gardiency, le maître de maison, se veut un homme "moderne". Mais ses rapports avec sa mère et son épouse ne résistent pas à l'attirance qui le pousse vers Angéline. Alors qu'il se fait de nombreux ennemis parmi les habitants du Périgord qu'il veut convaincre de son idéal de progrès et d'hygiène, c'est à l'intérieur même de sa maison que le drame se noue. Angéline, amoureuse de lui autant qu'elle ose l'être, met sa vie entière à sa disposition.Dans un roman où fourmillent les détails réalistes sur une époque agitée et les personnages secondaires forts, Michel Jeury parvient à donner toute son ampleur humaine à la vérité d'un lieu autant que d'une période où se construisait la "France moderne".