Pierre Debassac
Pierre Debassac
« Les colères du père, les larmes de maman, le chien dont il était impossible de voir les yeux parce que c'était un griffon, la vieille maison, les escaliers avec des barreaux de bois tournés, les marches bien cirées et l'étrange machine à musique de la tante Aurèle... » Oui, Anne-Marie se souvenait... Elle était alors une adolescente provinciale, que la vie n'avait pas encore meurtrie... Puis elle avait épousé Émilien Billaud, l'avait suivi à Paris dans un médiocre deux-pièces. Pourquoi Émilien avait-il changé ? Pourquoi, de son côté, n'avait-elle pas accepté son destin auprès d'un mari volage, buveur et violent, mais tendre ? Un soir, froidement, elle l'avait abattu d'une balle de revolver. Mais on lui avait accordé des circonstances atténuantes. Anne-Marie, elle, savait que son crime avait été longuement, soigneusement prémédité. Et le remords était là, à jamais, qui tournait dans sa tête, tournait, tournait, comme jadis l'étrange boîte à musique de la tante Aurèle.
Il était une fois dans Paris, la grand-ville, un lion et une demoiselle. À la vérité, le lion n'était ni très gros ni très redoutable, et la demoiselle était retraitée des Postes, Télégraphes et Téléphones. Il y eut entre ces deux êtres une merveilleuse histoire d'amour, qui devait, comme toutes les histoires d'amour, finir par la mort. Autour d'eux, dans la grand-ville, des femmes et des hommes vivaient bien ou mal, faisaient tour à tour le bien et le mal. Ces hommes, ces femmes ont vécu et vivent encore. Le lecteur mettra peut-être un nom sur certains personnages d'une chronique qui n'est pas si imaginaire que l'on croit. Conte philosophique ? Satire sociale ? Livre à clef ?... Pourquoi enfermer l'auteur dans un genre ? « Le lion et la demoiselle » est en tout cas une oeuvre originale, où l'humour met en pièces, subtilement, certaines de nos institutions. Mais qui se cache donc derrière Pierre Debassac ?