Pierre Carlier
Pierre Carlier
Nouvelle histoire de l'Antiquité1. Jean-Claude Poursat, La Grèce préclassique, des origines à la fin du VIe siècle2. Edmond Lévy, La Grèce au Ve siècle, de Clisthène à Socrate3. Pierre Carlier, Le IVe Siècle grec, jusqu'à la mort d'Alexandre4. Pierre Cabanes, Le Monde hellénistique, de la mort d'Alexandre à la paix d'Apamée5. Claude Vial, Les Grecs, de la paix d'Apamée à la bataille d'Actium (188-31 av. J.-C.)6. Agnès Rouveret, Rome avant l'impérialisme (à paraître)7. Jean-Michel David, La République romaine, de la deuxième guerre punique à la bataille d'Actium (218-31 av. J.-C.)8. Patrick Le Roux, Le Haut-Empire romain en Occident, d'Auguste aux Sévères9. Maurice Sartre, Le Haut-Empire romain. Les provinces de Méditerranée occidentale d'Auguste aux Sévères10. Jean-Michel Carrié, Aline Rousselle, L'Empire romain en mutation, des Sévères à Constantin (192-337 apr. J.-C.)Pierre Carlier (1949-2011)Docteur ès lettres, il a été professeur d'histoire grecque à l'université Paris Ouest-Nanterre-La-Défense.
Qui se cache au juste derrière le nom d'Homère ? Les Anciens, qui ne doutaient pas de son existence, lui consacrèrent de nombreuses biographies, selon lesquelles, Homère serait mort de désespoir, n'ayant pas su résoudre une énigme que lui avaient posée des enfants, comme si sa mort symbolisait la vanité de toute science... Pour les historiens d'aujourd'hui, Homère reste largement une énigme. L'époque où furent composés l'Iliade et l'Odyssée est en revanche de mieux en mieux connue grâce aux progrès de l'archéologie. Il est probable que les deux épopées sont dues à deux auteurs différents. S'inspirant de traditions orales remontant à la civilisation mycénienne qui leur avaient été transmises par des générations de bardes, ils les adaptèrent à l'esprit de leur public, sans toujours se souvenir du sens qu'elles avaient à l'origine. Construit à la manière d'une enquête, ce livre retrace la genèse des poèmes homériques et nous invite à les relire en replaçant les grands épisodes dans l'histoire de la Grèce ancienne. Il montre en particulier que la société et la civilisation matérielle décrites dans l'Iliade et dans l'Odyssée sont à peu près les mêmes, alors que la fonction des dieux, l'idéologie royale divergent profondément. A leur façon, les poèmes homériques sont bien des témoignages historiques, même si l'on peut douter des événements qu'ils racontent : il est vain de chercher l'olivier d'Ithaque à l'ombre duquel Ulysse a conversé avec Athéna, mais la familiarité du héros et de la déesse nous apporte un renseignement précieux sur les mentalités. Pierre Carlier est professeur d'histoire grecque à l'université de Paris-X-Nanterre. Ses recherches ont porté sur les sociétés mycéniennes et sur la vie politique des cités grecques. Il est l'auteur, notamment, de Démosthène (Fayard, 1990) et Le IVe siècle grec ("Points", Seuil, 1995).
« DÉMOSTHÈNE : ne prononçait pas de discours sans avoir un galet dans la bouche », écrit Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues. Cet Athénien qui bégayait, bafouillait et avait le souffle court devint pourtant à force d'obstination et d'exercices aussi variés que pittoresques le plus brillant orateur de l'Antiquité. Il exhorta ses concitoyens à tenir leur rang, défendant l'indépendance d'Athènes, la démocratie et la liberté, et se suicida pour échapper aux agents de la Macédoine. Héros, martyr et saint laïc tel que le célèbrent les manuels de la Troisième République ? Ou bien homme d'État corrompu aux moeurs efféminées, lâche, hypocrite ? Démosthène continue à convaincre ou à irriter comme s'il s'agissait d'un homme politique contemporain. Loin d'être un idéaliste naïf, il est l'un des principaux théoriciens des relations internationales. Comme Thucydide, il pense que l'impérialisme est une loi universelle mais pour autant il ne le justifie pas, et face à Philippe de Macédoine il prône le rapprochement d'Athènes avec les Perses et Thèbes. La volonté de puissance expansionniste est, pense-t-il, la conséquence du renoncement à la puissance de certains États : « La sauvegarde des démocraties, ce n'est rien d'autre que la défiance. »