Pascal Petit
Pascal Petit
Le discours sur les nouvelles technologies a, depuis vingt ans, acquis tous les traits d'une litanie. Le messianisme initial a cédé la place à un pragmatisme qui cache mal un réel embarras. Doit-on imputer à l'informatisation une diminution du nombre des emplois ou, au contraire, doit-on miser sur elle pour relancer la croissance ? Est-elle responsable de la crise des organisations ou peut-on en attendre une nouvelle rationalisation ? Quel rapport enfin entre nouvelles technologies et travail ? Sont-elles déqualifiantes, disqualifiantes ou permettent-elles, au contraire, de rompre avec la logique taylorienne et d'enrichir les tâches ? La culture scientifique, quoi qu'on en dise, n'existe pas : elle ne saurait être assimilée à une simple information sur les résultats de la recherche. C'est aux chercheurs eux-mêmes à la mettre en forme, de telle sorte qu'elle puisse s'intégrer à la culture générale. Cette collection donne une voix à cette élaboration aujourd'hui nécessaire. Les meilleurs spécialistes internationaux y mènent une réflexion commune sur les incidences intellectuelles et sociales des bouleversements techniques provoqués par le développement actuel de la science. Chaque volume, conçu comme un ouvrage de référence, regroupe les points de vue actuellement les plus significatifs sur une question donnée.
L'ampleur que va prendre cette crise en 2020 tient beaucoup à la façon très imparfaite dont nous sommes sortis de la crise financière globale de 2008. Partir de l'idée que la crise du coronavirus est un choc exogène nous fait courir le risque de mal en préparer la sortie. Cela est d'autant plus inquiétant que ce choc « insidieux » va entraîner des interventions de l'État à des niveaux dépassant ceux de la crise financière globale de 2008, voire de la crise de 1929 qui auront des conséquences durables. Selon l'hypothèse la plus communément admise, l'origine de la crise sanitaire du Covid-19 est liée aux dégâts provoqués par une déforestation et une urbanisation croissante, multipliant les contacts entre souches de virus et milieux humains. La mobilité accrue des personnes et des biens dans le contexte actuel de mondialisation facilite la diffusion de la contamination avec une rapidité qui rend illusoire toute tentative d'isolement