Olivia Tapiero
Olivia Tapiero
Quatre autrices relèvent un défi audacieux : réinventer la théorie féministe à l’ère post-pandémie. À travers une correspondance intime et engagée, La théorie un autre jour interroge notre capacité à penser ensemble.
«Je veux écrire à marée basse.» Rien du tout, c'est l'espace où tout s'effondre, la forme, le genre, l'être. S'ouvre le trou noir, auquel il faut revenir pour naître. Ces fragments frôlent l'extinction, débordent, fuient, rejoignent la chute, les limites. Se mêlent et se contaminent générations, itinéraires, désirs. Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. L'écrit revendique sa survie, irrécupérable, jusqu'à la fin.
Renoncer. Sauter les barrières. Brûler les horizons. Résonnent les cris de trois anarchistes. Théo, Zev et Narr résistent. Ombre et lumière, musique et silence s'enlacent d'un même mouvement dans ces villes abîmées où l'homme qui tombe continue de tomber. Un roman troublant qui met le feu aux certitudes, au confort des complaisances.
Le dernier homme sur Terre ignorait qu'il était le dernier. Et il s'en serait fichu s'il l'avait su. Il n'avait rencontré que de rares humains au cours de sa vie, aucun depuis que sa femme avait cessé de tousser pour se taire à jamais. Quand était-ce arrivé, cela aussi il l'ignorait. Il ne tenait pas le compte des années, ni de quoi que ce soit d'autre. Elle n'était plus pour lui qu'un souvenir flou, mais il en allait de même de tout ce qui datait un peu. La survie au jour le jour mobilisait toute sa ruse et toute sa force, du moins ce qu'il en restait. [...] Le dernier homme était né dans une ville qui s'appelait jadis Atlanta. Il l'avait fuie lorsqu'une bande de cannibales s'y était établie, rôdant dans ses rues et ses couloirs en quête de viande fraîche. Ils étaient fort communs quelques générations plus tôt, mais leur gibier se faisait rare désormais. Ceux-là périrent bientôt de diverses façons... Poul Anderson In Memoriam