Martine Maizieres
Martine Maizieres
L’amitié, ce lien unique qui transforme chaque jour en aventure : voici ce que vous propose Histoires de tous les jours.
Stephan ne se séparait pas souvent de son violon, c'était une partie de lui-même. Il lui arrivait de partir au hasard, quand il n'avait rien à faire, de chercher un coin qui l'inspirât, et de jouer pour lui tout seul, simplement parce qu'il avait besoin de musique. Ce jour-là, il était parti du côté de la ferme de la Joux. Il s'installa pour jouer à quelques pas de la maison d'habitation, près des poulaillers. Un garçon de la Joux l'aperçut. Il pensa : « les Gitans ça vole les poules ». Il cria : « le petit de la roulotte charme les poules pour les voler !... » Et ce fut le drame - la bande, ainsi appelée à la rescousse, battit le garçon, brisa le violon. Ce violon qui allait devenir le point de départ d'une longue, belle, triste et poétique histoire, qui serait dominée par Marie-Anne au menton volontaire, qui règne sur la tribu turbulente de ses frères. Marie-Anne, qui gifle avec désinvolture les garçons qui essayent de lui prendre un baiser, même si leurs intentions sont pures, et si, par la suite, elle doit se laisser attendrir. Marie-Anne, pour laquelle le fils d'un impresario célèbre qui, lui, se passionne pour la terre, et non pour la musique, à la suite de Stephan le Gitan, parcourra inlassablement des kilomètres.
Dans la petite ville morte qui s'ennuyait, l'idée était née soudain d'acheter quelques chevaux et d'organiser une Société d'Équitation. Et la chose avait surgi de ce jaillissement net, joyeux, convaincant des réalisations qui rencontrent l'enthousiasme de l'unanimité. Pour un groupe de jeunes gens, monter à cheval devint vite une véritable passion. Hélène, élégante, riche, orgueilleuse, régnait sur ce groupe jusqu'au jour où vint un grand garçon sauvage et agile qui arborait fièrement des vêtements rapiécés. Ils se heurtèrent dès leur première rencontre. Hélène humilia Henri qui pensa d'abord ne jamais le lui pardonner. Mais s'ils étaient violents et vaniteux, ils étaient aussi généreux et droits. Ce récit est leur histoire et celle de leurs amis, tous réunis dans le même amour du cheval.
« Sans lui » tire à boulets rouges sur l'éternelle imbécillité des prudents et des lâches, de ceux qui confondent l'amour avec la possession : un homme quitte une femme sous la pression de ses parents, mais on n'est jamais sûr qu'il la quitte vraiment. C'est féroce, et tellement plein d'amour : un mélange de cruauté et de bonté très rare. Il y a aussi, sans doute, dans ce théâtre d'écorchée qui met à nu notre système sanguin, quelque chose d'autobiographique, mais des vérités personnelles distordues jusqu'à l'amusement le plus libre, le plus libéré et le plus libératoire. (Extrait de la préface de Gilles Costaz)